Affichage des articles dont le libellé est jeunesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jeunesse. Afficher tous les articles

"Peut-être certaines ont-elles disparu avant même d'être découvertes."

jeudi 3 août 2017

Je vous avais présenté il y a deux ans de cela les très chouettes éditions des éléphants et parmi les livres cités dans mon article, il y avait le Microbscopique de Nicola Davies et Emily Sutton. Les deux autrices ont récidivé et voici le merveilleux Tous.

Il y a tant et tant d’espèces sur Terre que l’on n’est pas encore parvenu à toutes les compter. Des plus grandes comme l’éléphant aux plus petites comme les microbes, dans les déserts les plus arides ou dans les mers les plus froides, cachées ou se dévoilant de toute leur beauté, chacune a sa place dans ce monde grand, beau et sauvage. Mais ce bel équilibre est menacé…

Nous revoilà devant une petite merveille d'intelligence et de vulgarisation. Dans cet album, Nicola Davies relève le défi d'expliquer de façon accessible la biodiversité, portée par les illustrations colorées et grouillantes de détails d'Emily Sutton.

Ce livre, entre album et documentaire, nous propose de suivre une petite fille curieuse et passionnée au fil des pages, à comprendre la complexité des relations qui lient la nature, les plantes et les animaux, la fragilité d'un équilibre sans cesse mis à rude épreuve et surtout, l'impact destructeur des activités humaines sur ces chaînes délicates.

"Ce genre de caprice était mignon quand tu avais trois ans."

vendredi 24 mars 2017

Il y a des sujets qu'il faut aborder, même avec les plus jeunes, et passer par un livre est souvent plus facile, tant pour l'adulte que pour l'enfant. Alors quand j'ai entendu parler de George, d'Alex Gino, l'histoire d'une petite fille de huit ans malencontreusement née dans un corps de garçon, je me suis dit qu'on faisait un pas en avant. Je vous livre mon avis en demie-teinte sur ce roman paru cette année à L'école des loisirs.

Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, elle pense qu'il deviendra "un jeune homme très bien". Scott aime beaucoup son "frérot". Et Kelly le tient pour son "meilleur ami". Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car George en a la certitude, elle est une fille. Alors quand sa maîtresse propose de jouer une pièce de théâtre à l'école, George veut plus que tout interpréter le personnage de Charlotte. Elle sera parfaite, et les gens comprendront enfin qui elle est. Comment leur faire comprendre que c'est le rôle de sa vie ?

La question de la transsexualité reste trop anecdotique en littérature, et quasiment absente de la littérature jeunesse. Les quelques titres qui s'y frottent sont majoritairement destinés aux adolescents, aussi, voir naître un roman destinés aux 8-12 ans est un vrai progrès en soi. Et rien que pour ça, ce roman est nécessaire, car il reste unique en son genre. On y suit George dans ses dilemmes intérieurs, sa difficulté à trouver sa place, cette certitude qu'il est une fille qui le taraude et qu'il ne sait comment faire découvrir aux autres... La petite fille en lui souffre de ne pouvoir porter de jolies robes et de devoir fréquenter les toilettes pour garçons. Ce roman permet de s'identifier, de faire preuve d'empathie et de comprendre.

Mais il n'a malheureusement pour moi qu'une portée pédagogique : le style est pauvre, voire absent, on n'est pas transcendé par de jolies phrases, on n'a pas les larmes aux yeux, on ne sent pas son cœur battre un peu plus fort. C'est loin d'être un chef d'oeuvre en version française (et je doute que la v.o. soit bien meilleure).  Bon, encore une fois, c'est le message qui compte, n'est-ce pas? On a lu bien pire en littérature de jeunesse!

J'ai pourtant été dévastée par le chapelet de réflexions très sexistes qui parsèment le romans. Les filles sont délicates, douces, artistes et détestent les jeux vidéos violents, elles rêvent de bikinis, de maquillage et de robes qui tournent. Les garçons sont des bourrins insensibles qui usent plus facilement de leurs poings que de leurs cœurs, ils sont sales (mention spéciale au grand frère de George, un spécimen d'ado particulièrement cradingue), ils sont bêtes, ils préfèrent plus que tout mater les culottes des filles, quand ils ne sont pas simplement lâches et absents (comme le papa de George). 

Alors je m'interroge, j'essaie de comprendre. Peut-être que l'univers immédiat de George est ainsi pour que comprendre sa démarche soit plus facile, mais présenter sous un jour si négatif les clichés liés aux genres peut également avoir un effet dévastateur sur les enfants lecteurs. Peut-être que c'est si tranché parce qu'à huit ans, on est en plein dans l'âge pré-adolescent où l'on se définit par rapport à l'autre, on comprend les différences physiologiques entre filles et garçons, et que ce sont ces aspects-là qui sautent aux yeux du personnage principal. Et ces repères sont peut-être les seules ancres auxquelles peut se rattacher la jeune George pour se définir et se construire.

Quoiqu'il en soit, George a pour lui le mérite d'exister et j'espère que ce roman ouvrira la voie à toute une ribambelle de textes traitant de la transidentité pour les plus jeunes. Parce que la tolérance ne peut venir que de la connaissance et de l'empathie, c'est aux enfants qu'il faut d'abord s'adresser pour espérer changer l'avenir. Mais il reste pour moi une lecture en demie-teinte, avec le style trop pauvre et les raccourcis trop faciles. L'avez-vous lu? Qu'en avez-vous pensé?

Je vous mets le lien vers la chronique de Lupiot du blog Allez vous faire lire, qui a grandement inspiré la mienne et qui m'a aidée à mettre des mots sur mes ressentis de lecture!


Vous avez aimé cette chronique? Vous aimerez sans doute:

  

"Tous les hommes meurent libres et égaux en droit!"

lundi 20 mars 2017

"Les Pépix c'est la vie", "Sarbacane c'est de la balle", ça va, je vous serine suffisamment avec cette maison d'édition pour que vous sachiez que je l'adore. J'ai eu le plaisir de lire Rufus le fantôme de Chrysostome Gourio, paru dans la collection Pépix en février dernier. Un pur délice et pourtant.. J'y allais un peu à reculons!

Rufus est un fantôme. A l'école où il va, il y a des zombies, des vampires et des loups-garous. Si le papa de Rufus lui a dessiné un avenir tout tracé, notre fantôme, lui, à d'autres ambitions : il veut devenir LA MORT.
Oui, la faucheuse, en chair et en os (surtout en os). Un métier passionnant et plein d'avenir, mais pas toujours facile à exercer, ainsi que Rufus va l'apprendre : conditions stressantes, horaires à rallonge...
Et si tout ça devait mener à une grande GREVE DE LA MORT ?

J'avoue tout, quand j'ai commencé les premières pages de Rufus le fantôme, je me suis demandé à qui j'allais bien pouvoir vanter les mérites d'une histoire où un jeune fantôme et son ami zombie rêvent de tuer des gens.

Oui, oui, vous avez bien lu : Rufus et Octave sont deux créatures de la nuit qui vivent dans un cimetière et ils sont supers copains. Bon, Rufus, du haut de ses 536 ans, commence un peu sa crise d'ado et troque volontiers son linceul blanc pour une robe noire piquée de clous, et avec Octave qui a malencontreusement avalé sa propre langue, ils rencontrent la faucheuse locale, un mec sympathique et passionné par son métier, Melchior. En vrai artisan de la mort, il prend un soin particulier à mettre en scène la mort de ses victimes, à les accompagner dans cette étape cruciale de leurs vies et à remplir son quota de morts quotidiennes. Seulement voilà le problème : les grands patrons du siège de la mort, en Transylvanie, désirent un meilleur rendement et augmenter la productivité, quitte à multiplier les catastrophes naturelles et accidents de transports en commun. C'en est trop pour Melchior qui refuse cette déshumanisation de la mort et qui propose à ses collègues de se mettre en grève.

Et c'est là que la mayonnaise a commencé à monter : ce roman burlesque et fendard est un concentré de références au monde de la grève, des syndicats et de la lutte des travailleurs. A travers le prisme du fantastique et de l'horreur, l'auteur fait une critique acide des multinationales pour qui les travailleurs sont des chiffres, les produits des bénéfices à faire et le temps de l'argent. A coup de tracts, banderoles et slogans, Rufus et Octave s'attellent à soutenir le mouvement, car devenir la mort, c'est leur rêve, mais pas dans ces conditions. 

Et au-delà des références aux revendications ouvrières, on lit également des passages très engagés, défendant des valeurs d'écologie, de solidarité et d'ouverture d'esprit. Les petits "entre-chapitres", qui parsèment le roman de recettes de cuisine, bricolages et blagounettes, sont d'ailleurs de jolis morceaux de rigolade! C'est également un très chouette livre sur les conflits de génération qui opposent parents et enfants, et la difficulté de se comprendre quand on n'écoute pas assez attentivement.

Le style est truculent, plein de jeux de mots et d'humour noir, et voici un petit florilège de slogans pour vous mettre l'eau à la bouche (promis, je ne vous dévoile pas les meilleurs):

LA MORT N'EST PAS DE TOUT REPOS
SOUS LA PIERRE TOMBALE, LA PLAGE!
NE GAGNONS PAS NOTRE MORT AU SUAIRE DE NOTRE FRONT

Le texte est accompagné des illustration d'Églantine Ceulemans, dont la patte claire et pétillante correspond tout à fait à ce roman bizarre et rafraîchissant. Une jolie découverte, je suivrai son travail avec attention! 

Un super roman grâce auquel je me suis bidonnée toute seule dans mon canapé. Et je terminerai cette chronique par en citant ce cher zombie d'Octave:

"Hhééémaaagnnuttteuuuhhignaaa, groupooongnouhéégneummiiin..."


Vous avez aimé cette chronique? Vous aimerez sans doute:

 


"Ils accepteront ta liberté de femme, si ta liberté porte les habits de la folie."

vendredi 10 mars 2017

Je n'avais pas tari d'éloges sur La langue des bêtes de Stéphane Servant, une découverte et un énorme coup de foudre qui a eu lieu fin 2016 et dont j'ai toujours du mal à me remettre. Alors forcément, j'ai voulu lire son roman précédent, Le cœur des louves, paru en 2013 aux éditions du Rouergue. Alors, suspense! Ai-je retrouvé les choses qui m'avaient fait palpiter derrière mes pages?

Célia est arrivée seule, à la fin de l'été. Livrée à elle-même dans la vieille maison, elle attend sa mère. Le village est toujours pareil, perdu au fond de la vallée, avec ses montagnes couvertes de forêts et son lac Noir.
Leur retour réveille de vieilles histoires.
Celles d'une grand-mère à la réputation sulfureuse. Car ici, tout le monde se connaît depuis toujours. On s'aime trop ou on se hait et ce sont les hommes qui font la loi, par la force s'il le faut.
Pour découvrir ce qui se cache sous la surface des choses, elle devra se tailler un chemin, entre mensonges et superstitions.
Et se faire louve pour ne pas être proie.

Je ne peux pas me retenir plus longtemps. J'ai adoré. Ce roman ne fait que confirmer ce que je savais en fait déjà : Stéphane Servant, je crois qu'il écrit pour moi. Si si. Enfin, quoiqu'il en soit, ses thèmes, ses personnages, ses décors et ses récits sont en totale adéquation avec ce que je cherche chaque fois que j'ouvre un livre. 

Dans Le cœur des louves, on retrouve des thèmes chers à l'auteur : la proximité d'une forêt, lieu de magie, de découverte, d'introspection et de terreurs ; les non-dits qui, dans un effet boule de neige terrible, se transmettent de génération en génération en faisant de sacrés dégâts ; la frontière invisible entre la sanité d'esprit (oui, oui, c'est comme ça qu'on dit) et la folie, qu'il est si facile de franchir ; le regard de l'autre, celui qui ne vit pas comme toi et que tu as tant de mal à comprendre ; le pouvoir des histoires et des mots, qui peuvent à la fois être sauveurs ou bourreaux.

Ici, le récit se pare également d'une réflexion assez poussée sur la condition féminine, au travers de quatre personnages complexes et très profonds. Il y a d'abord Célia, la jeune héroïne, qui face à un père démissionnaire et une mère absente, se sent invisible, ignorée, inconséquente et mal-aimée. La colère bouillonne en elle, ça brûle, ça déborde. Face à elle, sa mère, Catherine, écrivaine en panne d'inspiration qui passe ses nuits sur des manuscrits qu'elle ne rend jamais. Effacée, enfermée dans sa bulle et inaccessible, elle est une énigme pour le lecteur, qui la voit enchaîner les flirts et les périodes de déprime avec la même incompréhension que sa fille. Une génération au-dessus encore, il y avait Tina, une grand-mère secrète, solitaire, un peu sorcière, dont ses descendantes ne savent rien, à part que le village entier la méprisait et la craignait. Et enfin, Alice, une jeune fille de l'âge de Célia, au père violent et à la vie dissolue, qui reprend vie avec l'arrivée de Célia au village et par qui les nœuds du destin vont commencer à se dénouer pour faire sens.

Ces quatre femmes vivent hors du monde pour pouvoir devenir elles-mêmes, telles les louves qui battent la forêt la nuit, exprimant leur être le plus profond, le plus simple, le plus évident, en se débarrassant des carcans de la vie sociale et du regard d'une société normée. Ce roman crie la difficulté d'être en groupe comme on aimerait être avec soi-même, surtout pour les femmes dans des milieux encore trop patriarcaux ; ici, dans le village où se déroule le roman, ce sont toujours des hommes qui font la loi, qui décident, qui prennent sans donner, qui détruisent sans reconstruire. La femme, recluse et secrète, n'a que la magie de son ventre fertile pour exister, pour faire peur et obtenir un certain respect. Heureusement, le personnage d'Andréas, jeune homme rêveur et solitaire qui fabrique du papier, éclaire tout cela d'une lueur d'espoir.

Ce roman, c'est un retour à ce qu'il y a de plus primitif dans les sociétés humaines. On va y fouiller à mains nues dans le charnier complexe laissé derrière elle par une humanité qui veut comprendre et maîtriser, pour en retirer le petit diamant précieux, celui de l'amour et de la solidarité. La parole, le propre de l'homme, est ici un symbole fort : le silence blesse et détruit, les mots apaisent et reconstruisent. 

Et vu que j'aimerais toujours les histoires qui défendent le pouvoir magique des mots, je crois que ce roman rejoint les quelques autres que je relirai précieusement toute ma vie.


Vous avez aimé cette chronique? Vous aimerez sans doute:

  

"Mais combien serons-nous à voir la fin du cauchemar ?"

lundi 27 février 2017

Pour la première fois cette année, je me suis donné le challenge de lire en entier l'une des sélections du prix des Incos. Quoi, vous ne connaissez pas les Incos? Cliquez ici tout de suite! Ce prix, remis par des centaines de jeunes lecteurs et dont les titres sont sélectionnés avec soin par des dizaines de professionnels, est une institution de la littérature jeunesse. Cette année, j'ai voulu lire la sélection troisième/lycée! Et je vous parle aujourd'hui de Lever de rideau sur Terezin, publié chez Bayard et écrit par Christophe Lambert.

Novembre 1943. Après des mois à se terrer à Paris, dans une chambre de bonne, le célèbre dramaturge juif Victor Steiner est arrêté et déporté. Étant donné sa notoriété, on lui a promis « un traitement spécial » : on l’envoie en Tchécoslovaquie, à Terezín, un camp qui ressemble à une petite ville. À première vue. Car il y règne tout autant de violence que dans les autres camps nazis. Mais Steiner a la surprise de s’y découvrir un fan : un officier SS qui lui commande une pièce. Elle devra être jouée lors d’une visite de contrôle de la Croix-Rouge internationale, dans le grand théâtre de Prague. Écrire pour les nazis ? Steiner s’y refuse. Mais il n’a pas le choix, et la Résistance interne au camp finit de le décider : ce spectacle pourrait être l’occasion de faire évader des prisonniers…
Un hommage à l’art, la liberté et l’amitié.

Je vais vous avouer quelque chose... C'était le roman qui m'attirait le moins dans la sélection. Du coup, je l'ai lu en dernier... Et j'ai été agréablement surprise! En littérature de jeunesse, il est difficile de se renouveler sur le thème de la Seconde Guerre Mondiale, sujet mille fois traité pour coller au programme scolaire et parfois clairement téléguidé. 

Mais ici, non. On suit Steiner dans un camp un peu différent des autres (même si l'horreur s'y complaît à merveille) car c'est un camp qui accueillait les prisonniers "célèbres". Contraint à écrire pour jouer une mascarade lors d'une visite de la Croix Rouge, on le suit dans le dédale de l'écriture, et ce qui s'apparentait à un énième roman sur la Shoah devient une ode à l'inspiration, la liberté, l'écriture et la poésie. Le théâtre, souffle qui maintient le héros en vie, éclaire le roman d'une lumière d'espoir. On se surprend à vouloir relire des classiques de Molière où des pièces de Beckett, de revisiter les textes mille fois étudiés en classe et qui s'ornent soudain d'une aura salvatrice et nouvelle.

Et puis c'est aussi un très beau livre sur l'amitié, les liens qui se tissent dans l'adversité, la difficulté de faire confiance aveuglément et la délicate réalisation que le monde n'est ni tout blanc, ni tout noir. Une belle surprise!

Pour aller plus loin, vous pouvez nous rejoindre sur le groupe facebook dédié où Audrey et Nathan organisent des lectures communes et des activités autour des livres de cette sélection!


Vous avez aimé cette chronique?
Vous aimerez ces trois livres sur l'amitié, l'altruisme et la tolérance:
  

Préparez-vous pour Avril en Albums 2017 + Concours!

vendredi 24 février 2017


Pour la troisième année consécutive, j'ai le plaisir d'organiser une nouvelle édition du rendez-vous Avril en Albums que j'ai lancé en 2015! Le principe est très simple : il s'agit, pendant tout le mois d'avril, de mettre à l'honneur les albums jeunesse sur la blogosphère! Ce genre riche, innovant, poétique et sans cesse renouvelé est rarement évoqué sur les blogs, aussi j'espère que vous serez cette année encore plus nombreux à vouloir faire découvrir de jolies pépites!

Vous pouvez vous inscrire en cliquant ici et en laissant un commentaire. Vous pouvez aussi nous rejoindre sur le topic dédié sur Livraddict. J'organise également un mini-swap autour des albums sur le forum, cliquez ici si ça vous intéresse!

J'ai d'ores et déjà prévu tout un tas de petites chroniques, de vidéos et de surprises, mais histoire de vous mettre l'eau à la bouche, je vous propose un petit concours!

Comme chaque année, votre défi, est de me donner les noms des 9 illustrateurs dont j'ai utilisé les images pour bâtir le logo de cette année! Cette fois-ci, je vous ai grandement simplifié la tâche : il s'agit soit de très grands noms de l'album, soit d'artistes que j'ai déjà chroniqués sur ce blog ;)

Pour participer, c'est très simple : envoyez-moi la liste la plus complète possible à pilalire@gmail.com (pas en commentaire pour éviter la triche!) accompagné d'un thème, d'un sujet de livre qui vous tient à cœur. Vous pouvez participer jusqu'au 12 mars 2017 minuit. Le concours est ouvert à l'international!

Les lots? Les 3 participants avec le plus de noms corrects dans leur liste remporteront chacun un album que je choisirai spécialement pour eux en fonction du thème choisi dans leur mail de participation! (de vrais albums grand format cartonné, pas des versions de poche ;) )

Si d'aventure je recevais douze millions de mails avec les listes complètes, je procéderai à un tirage au sort parmi ceux-ci!

Je suis super excitée et j'ai déjà une liste d'albums longue comme le bras à vous proposer... Vivement avril! J'espère que vous serez nombreux à participer, d'ici là je vous fais de grosses bises!

"Ils arrivent tous avec une histoire. Et nous sommes là pour les accompagner, et les aider à écrire cette histoire."

jeudi 26 janvier 2017

Un roman de la collection Exprim' est toujours lumineux, mais celui-ci l'est peut-être un peu plus que les autres. Venez avec moi, quittez la grisaille et le froid de cette fin janvier et passez quelques minutes en été avec Vasco et Djib.

Vasco et Djib, deux banlieusards inséparables, sont envoyés pour un été en pension au coeur de la Nièvre... Un choc des cultures, des personnages flamboyants : la vie belle, les belles vies.

C'est tout ce que nous dit la quatrième de couverture, accompagnant cette photographie qui sent le soleil, l'air de la campagne et la crème solaire. On plonge dans le récit de l'été de Djib et Vasco, deux banlieusards parisiens qui accumulent connerie sur stupidité et qu'on envoie, le temps d'un été, dans une famille d'accueil en espérant que ça leur remette les idées en place. Ce ne sont pas de mauvais gamins, ils n'ont rien de grands délinquants, mais les parents espèrent qu'un été loin de leur cité les aidera à prendre du recul. Ils se retrouvent chez Tonton et Tata, un couple qui a passé sa vie à en redonner une à des gamins paumés, et où se trouve déjà une ribambelle de jeunes gens. A coup de balades en vélo, de fêtes foraines et de baignades dans le lac, Djib et Vasco vont redécouvrir ce qui donne le sel à la vie, tomber amoureux, s'expliquer, se pardonner et grandir aussi un peu.

C'est un texte terriblement optimiste, qui fout la patate et donne des envies de pique-nique en plein champ. On s'attache à tous ces enfants perdus et pour ma part, j'ai presque été déçue de voir que le roman se terminait si vite. Quelques pages et pouf! Tout un été de passé. Comme dans la réalité, où le présent se transforme vite en souvenirs.

Un sans fautes pour Benoît Minville pour ce roman de vacances où il ne manque pas grand chose pour en faire un coup de cœur, mais où il met en scène la vraie vie avec de vrais mots, sans fioritures, simple et compliquée en même temps. Un régal!

Vous avez aimé cette chronique? Vous aimerez peut-être:

  

"Mais cette maison, chez qui est-ce?"

vendredi 28 octobre 2016


J'ai une fascination terrible pour les maison étranges, grandioses, rigolotes, bizarres. Peut-être autant que pour les réécritures de contes. Et vu qu'on est en octobre, que c'est le mois de l'arrivée du froid, des plaids en laine et des moments cocooning devant de jolies bougies parfumées, je voulais vous parler d'un très bel album, Chez nous, de Carson Ellis, paru en 2015 chez Actes Sud.

Dans cet album en forme de catalogue, aux couleurs sobres et mélancoliques, Carson Ellis nous fait voyager de maison en maison. Il y en a pour tous les goûts : des maisons en haut d'une falaise, au fond de l'océan, des maisons aux allures de dés ou d'autres en forme de chaussure, des maisons classiques et d'autres construites sur la lune, des rangées, des désordonnées, des grandes, des petites... Un vrai festival!

On se surprend à scruter les petits détails, à comparer des habitations complètement différentes, à chercher celle qui ressemble le plus à la nôtre... Le foisonnement de détails drôles, incongrus et poétiques fait de cet album un puits sans fond de moments délicieux à analyser les maisons, créer des histoires et imaginer les drôles de personnes qui peuvent vivre à l'intérieur.

Cliquez pour voir en plus grand!

Evidemment, le but de cet album, c'est avant tout de célébrer la diversité et l'imagination. On vit tellement le nez collé à notre nombril qu'on finit par oublier que pour des milliers d'autres personnes, le foyer, la maison, la bulle de confort et de bien-être, c'est quelque chose de très différent de ce qu'on connaît. C'est un album aussi qui fait réfléchir à la maison idéale, le foyer le plus chaleureux qu'on puisse rêver avoir. C'est enfin un album qui invite à l'imaginaire et à l'ouverture d'esprit. Fabuleux, non?

En faisant se confronter des habitats diamétralement opposés, Carson Ellis met en évidence la richesse de notre monde et la nécessité de se glisser dans la peau des autres pour mieux les comprendre. Un travail délicat, délicieux et merveilleux que je conseille à tous!



Vous avez aimé cette chronique? Vous aimerez sans doute:
  

"La pluie c'est gris, froid et sombre."

mercredi 26 octobre 2016



Encore un album, un de ceux qui remontent le moral et mettent un peu de sucre dans la vie! Je vous présente Rose à petits pois, d'Amélie Callot et Geneviève Godbout, paru cette année chez La Pastèque. 

Quand il fait beau, Adèle sourit, elle sifflote, elle chante à tue-tête, elle ouvre les fenêtres et laisse la porte ouverte. Mais dès qu'il pleut, Adèle reste enfermée. Elle n'y peut rien, elle perd son entrain. La pluie, c'est gris, froid et sombre. Vous aurez alors beau dire tout ce que vous voulez, argumenter tant que vous pourrez, ça n'est pas la peine de discuter, Adèle ne mettra pas une mèche de cheveux dehors..

Cet album très épais (80 pages) nous raconte l'histoire d'Adèle, la jeune tenancière d'un café de village. Elle est très fière de son café, qui rassemble les gens. Et les gens, elle adore ça, Adèle! Elle met un point d'honneur à ce que chacun se sente comme chez soi dans son petit établissement. Lieu de rencontre et de vie, elle déteste par-dessus tout la pluie, qui fait rester ses habitués chez eux, qui est grise, froide et sombre. Rien de tel que le soleil et la couleur!


Et puis, un jour, elle retrouve dans le vestiaire déserté une paire de bottes en caoutchouc rose, pile à sa taille... Un peu plus tard, un imperméable... Et plus tard encore, un parapluie! Qui est l’énergumène qui s'amuse à lui abandonner ces cadeaux? Adèle mène l'enquête, et finit par découvrir que la pluie aussi apporte ses joies, ses surprises et ses douceurs...

Cette petite histoire tendre et sucrée est avant tout un récit qui prône la sociabilité, la solidarité et l'ouverture à l'autre. Il donne envie de sourire à tout le monde, oui, même à la vieille bavarde du rez-de-chaussée qui vous assaille de ses réflexions d'un autre temps chaque fois que vous avez le malheur de la croiser (comment ça ça sent le vécu?). On a envie
d'inviter ses amis à boire un café, d'appeler cette copine à qui on n'a pas parlé depuis longtemps, d'acheter des bouquets de fleurs sans raison et d'aller sauter dans les flaques d'eau. Les illustrations délicieusement vintage de Geneviève Godbout ajoutent un charme intemporel à cette bulle de douceur qui finit de charmer tout à fait.


En bref, une jolie découverte pour tous les âges!


Vous avez aimé cette chronique? Vous aimerez sans doute:

"Celui qui sait lire peut comprendre le monde. Celui qui écrit peut le changer."

vendredi 21 octobre 2016


Il était une fois un vieux chapiteau de cirque à l'orée d'une forêt sombre et profonde : c'est là que vit la Petite avec sa famille, une ancienne troupe de saltimbanques. Depuis très longtemps ils ne donnent plus de spectacle, mais ils tissent autour de la gamine un cocon protecteur d'histoires et de légendes.

Un jour, un chantier gigantesque vient tout bouleverser: le campement va être rasé et la Petite est envoyée à l'école du village. Elle va alors faire appel aux forces obscures de la forêt pour tenter de sauver les siens.


La langue des bêtes de Stéphane Servant est paru en 2015 aux éditions du Rouergue. Outre une couverture superbe qui me paraissait pleine de promesses, je voulais absolument découvrir la plume de l'auteur du Cœur des louves. Rien de mieux que l'automne, les premières grandes pluies et les soupes aux champignons pour plonger dans ce récit enchanteur.

Nous nous retrouvons dans un cirque oublié entre une forêt et une décharge automobile. Là vivent une poignée de personnages improbables, rêveurs et ermites qui vivent des histoires qu'ils ont tissées pour tenir debout, tous ensemble. Petite, la jeune héroïne de notre roman, est un feu follet vêtu de robes à paillettes et de bottes en caoutchouc, qui traque les renards avec son ogre de père et tente d'attraper le regard fuyant de sa funambule de mère. Elle se nourrit littéralement de livres et de papier, ne sait pas forcément démêler le rêve de la réalité, vit de mysticisme, de contes et de croyances presque païennes. Les derniers habitants du cirque, un lion édenté, un marionnettiste désenchanté, un clown triste et un nain cynique constituent son unique et étrange famille. 

L'automne arrive, et avec lui, l'annonce de la fin du rêve. Petite, bien malgré elle, grandit. Le présent devient peu à peu le passé au fur et à mesure que les hommes en orange construisent une autoroute pour connecter le Village et la Ville. L'ogre redevient un homme, la mère un fantôme, les histoires des fadaises et la vie un mensonge. Nous accompagnons Petite sur un chemin initiatique où elle devra décider de ce qu'elle croit. Les histoires sont-elles vraies? Ont-elles un pouvoir? Quel est le devoir de celui qui raconte? Comment rallumer les cœurs éteints? Et puis, dans l'ombre de la forêt, rôde la Bête, créature de Frankenstein à laquelle Petite, sans le vouloir, a donné une vie triste et mélancolique.

Dans un récit emprunt sans cesse d'une poésie qui sert le cœur et fait mouiller les yeux, Stéphane Servant nous interroge sur le rôle de la fiction au sein de nos vies. Dans un monde où tout va plus vite, où être, c'est avoir, et où plus personne ne croit aux magiciens et aux funambules, que faire de nos rêves et de nos histoires? Le conte est présenté ici non seulement comme un lien entre les hommes, mais aussi comme un bien précieux et nécessaire dont on sous-estime le pouvoir. Il nous questionne également sur ce qui fait que l'on considère quelqu'un de fou : il est souvent plus facile de rejeter la différence et l'originalité pour ne pas remettre en question notre propre point de vue, n'est-ce pas?

Un énorme, gigantesque coup de coeur pour ce roman mélancolique et doux que je relirai encore, et encore, tant que les mots auront des pouvoirs magiques.


Vous avez aimé cette chronique? Vous aimerez sans doute:

 


"Difficile de croire que ça pourra être mieux..."

mercredi 22 juin 2016



Hey les gars, c'est bientôt les vacances! Et j'ai dans mes cartons de très chouettes bouquins à picorer dans le train, sur la plage ou en attendant le fameux marbré de grand-mère. En premier lieu, je tiens à vous faire découvrir une super saga parue aux éditions bulles de savon. Il s'agit des aventures de Hisse et Ho, écrites par Anne Loyer, et les deux premiers titres s'intitulent Le Phare Mystérieux et La Plume Noire.

Hélios (Ho) et Athénaïs (Hisse) sont jumeaux et ont l'incroyable chance, en plus d'avoir un père cuisinier  exceptionnel et une mère prof de grec ancien qui connaît plein d'histoires, de partir faire le tour du monde sur leur voilier, l'Olympe. Le frère et la sœur, âgés de douze ans, sont aussi complémentaires que chamailleurs, et nous suivons leurs aventures d'escale en escale.

Cette série pourrait avoir l'apparence, le style et le fond de n'importe quelle série d'aventures pour la jeunesse, avec les même morales et les mêmes rebondissements vus et revus. Mais ici, il n'en est rien. Amis des aventures hautes en couleurs, vous allez être conquis par celles de la famille Escampette!

Nous alternons les points de vue entre celui de Hisse et celui de Ho, ce qui permet parfois de créer du suspense et des quiproquo délicieux. Comme tous frères et sœurs qui se respectent, il ne se supportent pas et s'adorent tout autant. L'aventure démarre en même temps que leur voyage, et chaque tome de la série se propose de relater l'une de leurs escales. Le Phare Mystérieux se déroule sur l'île aux fleurs, en Bretagne, et le second tome, La Plume Noire, a lieu dans la superbe ville de Sintra, au Portugal. 

Tout est fait pour séduire le lecteur, et à tout âge : l'humour véhiculé par la relation houleuse entre les deux frangins, le dépaysement amené par les destinations méconnues et romanesques qu'Anne Loyer a choisies pour donner vie à son récit, les intrigues originales et pourtant parfois très proches des jeux d'enfants, les rencontres avec d'autres enfants hauts en couleurs de tous les horizons, cette impression d'urgence liée au cours laps de temps passé à chaque nouvelle escale, la mélancolie des départs... Mais ce qui m'a conquise par-dessus tout, c'est la plume inventive, bondissante et savante que l'auteur manie avec précision et simplicité, truffée de références mythologiques, littéraires ou historiques. C'est un texte qui, en plus de divertir et d'amuser, donne envie d'en lire plein d'autres. Et ça, c'est un sacré tour de force, vous ne croyez pas?

En plus, devinez quoi? Le troisième tome vient de sortir! Je ne l'ai pas encore lu, donc je ne peux pas vous en parler, mais je peux vous dire qu'il s'intitule Le Centaure Sauvage et que l'action se déroule cette fois-ci en Andalousie. Cliquez sur la couverture pour en apprendre plus!


Vous avez aimé cette chronique? Vous devriez aimer:

  

"Dans la nuit, leur cœur à chacun a pensé aux trois autres."

mercredi 15 juin 2016


Si les thèmes de la timidité, de l'ouverture aux autres et du pouvoir magique de la nourriture ont été mille fois traités en littérature jeunesse, il est un album, paru en janvier dernier, qui a su beaucoup me toucher et que je garde désormais dans ma bibliothèque tel un petit trésor. Il s'agit du joli Le festin de Citronnette, écrit par Angélique Villeneuve et illustré par Delphine Renon, et c'est paru (quelle surprise!) aux merveilleuses éditions Sarbacane. 

Citronnette, timide et proprette, quitte rarement sa cuisine pour s'aventurer dans son jardin sauvage. Mais ce matin, elle a vu des ombres... S'approchant à petits pas, elle distingue un grand chapeau noir qui avance par bonds, un long nez pointu caché derrière un arbre, un rocher gris râpeux qui grogne et qui marmonne... Vite, Citronnette se réfugie dans sa cuisine ! Et si elle les amadouait avec des mets chauds et savoureux, elle qui aime tant cuisiner ? Elle prépare alors un véritable festin... qui va lui changer la vie !

Nous suivons une héroïne timide et discrète qui préfère faire des tartes aux prunes plutôt que partir à l'aventure. Citronnette, d'abord inquiète en découvrant les nouveaux venus qui ont débarqué au fond de son jardin sauvage, décide d'aller jeter un œil, bravant sa peur. Et au lieu de tout faire pour que ces drôles d'énergumènes déguerpissent rapidement de sa propriété, elle choisit le partage et l'amitié.


C'est joli, c'est tendre, c'est beau, c'est sucré comme le miel et doux comme une madeleine. L'album se réchauffe en même temps que les cœurs des personnages, on tombe les manteaux et on libère les cheveux, le petit citronnier sur le chapeau de Citronnette grandit et donne des fruits. L'épanouissement et le bonheur fonctionnent ici comme des engrais pour des images plus foisonnantes et colorées au fur et à mesure que l'on tourne les pages. Les illustrations de Delphine Renon, tout au crayon de couleur, sont pétillantes, acidulées, et regorgent de détails qui font sens. 

Cet album illustre parfaitement l'adage anglophone: "When life gives you lemon, make lemonade!", un appel pour transformer les surprises acides et désagréables en douceurs et friandises. Voilà un petit livre qui ne paie pas de mine, comme ça, mais qui est une invitation à voir chaque nouveauté dans nos vies comme une occasion de l'enrichir et de nous faire de beaux souvenirs. 


Cet article vous a plu? Vous aimerez sans doute:

  

 
FREE BLOGGER TEMPLATE BY DESIGNER BLOGS