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samedi 9 août 2014

"What's a life, anyway? We're born, we live a little while, we die."

Charlotte's web, E.B.White
Disponible en français sous le titre Le Petit Monde de Charlotte ou La Toile de Charlotte

Résumé: 
Le livre raconte l'été heureux de la petite Fern, de son cochon Wilbur et de la meilleure amie de Wilbur, la magnifique araignée grise, Charlotte. Wilbur et Charlotte habitent la belle vieille grange de l'oncle Homère. Fern passe des journées entières dans la grange, assise tranquillement sur son tabouret. Les animaux la traitent en égale et parlent librement devant elle. Un jour, Fern entend la brebis apprendre à Wilbur que les hommes l'engraissent pour en faire du jambon et du saucisson. Wilbur en est bouleversé. Que faire pour échapper à ce sinistre destin? Charlotte le console et comme elle est très intelligente, elle conçoit un plan pour sauver la vie à Wilbur. Même Templeton, le vieux rat qui pourtant ne fait jamais rien sans contrepartie, est mis à contribution. Patiemment, Charlotte tisse sa toile captant les insectes dont elle a besoin pour vivre, et les hommes dont dépend la vie de Wilbur.
Il y a des livres dont l'apparente simplicité vous rebute un peu et dont la lecture finit pourtant par vous troubler. Charlotte's Web est l'un de ceux-là. On pense ouvrir un petit livre pour enfants vaguement drôle et passablement intéressant, et on se retrouve bouleversée.

Il y a des animaux qui parlent, la douceur de vivre dans une ferme à la campagne, des jeux de mots, de l'humour et un soupçon d'aventure : tout ce qu'il faut dans un livre pour enfants pour que la recette fonctionne. Mais il y a bien plus. Sous les dialogues simplissimes et rapides se cache une réflexion extrêmement riche sur la mort, sur la vie et sur ce qui compte vraiment.

J'ai été abasourdie par la profondeur d'un texte mettant en scène un cochon un peu naïf qui apprend brutalement que son existence n'est vouée qu'à devenir un bon gros jambon. La mort est omni-présente dans le texte : dans les pensées angoissées de Wilbur le cochon, dans les moqueries des autres animaux de la ferme, dans le cynisme du rat Templeton et dans la sagesse de l'araignée Charlotte. 

Mais rien n'est morbide. Il y a également toute une explosion de vie. L'oie pond de magnifiques oeufs qui deviennent de jolis petits poussins ; Charlotte met au monde des centaines de petites araignées ; le cycle des saisons se renouvelle et fait pousser les fleurs après le froid de l'hiver. 

Et puis, quelle délicatesse dans l'écriture, quel humour dans les réflexions du narrateur, quelles idées lumineuses sur l'existence! Ces pensées se résument à ceci : à partir du moment où l'on vit pour aimer, on ne vit pas pour rien.

Qui a dit que les livres pour enfants étaient débiles?

Comme quoi, le prochain qui me dit que la littérature jeunesse manque de réflexion et de profondeur, j'aurai de quoi le faire changer d'avis. Cette lecture m'a fait penser à celle de Winnie the Pooh, empreinte de la même sagesse implicite qui apaise l'âme et fait bourdonner l'esprit. Je conseille. Genre, vivement. Là, tout de suite. Allez.

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