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"Peut-être certaines ont-elles disparu avant même d'être découvertes."

jeudi 3 août 2017

Je vous avais présenté il y a deux ans de cela les très chouettes éditions des éléphants et parmi les livres cités dans mon article, il y avait le Microbscopique de Nicola Davies et Emily Sutton. Les deux autrices ont récidivé et voici le merveilleux Tous.

Il y a tant et tant d’espèces sur Terre que l’on n’est pas encore parvenu à toutes les compter. Des plus grandes comme l’éléphant aux plus petites comme les microbes, dans les déserts les plus arides ou dans les mers les plus froides, cachées ou se dévoilant de toute leur beauté, chacune a sa place dans ce monde grand, beau et sauvage. Mais ce bel équilibre est menacé…

Nous revoilà devant une petite merveille d'intelligence et de vulgarisation. Dans cet album, Nicola Davies relève le défi d'expliquer de façon accessible la biodiversité, portée par les illustrations colorées et grouillantes de détails d'Emily Sutton.

Ce livre, entre album et documentaire, nous propose de suivre une petite fille curieuse et passionnée au fil des pages, à comprendre la complexité des relations qui lient la nature, les plantes et les animaux, la fragilité d'un équilibre sans cesse mis à rude épreuve et surtout, l'impact destructeur des activités humaines sur ces chaînes délicates.

"Poot unk plonk?"

lundi 19 juin 2017

Allez zou on reprend les bonnes habitudes! Cela fait des mois que je voulais vous parler de ce merveilleux album : je profite d'un lundi de congé ensoleillé pour enfin essayer de lui rendre justice! Après le très bel album Chez nous dont je vous avais fait l'éloge en octobre dernier, je vous parle aujourd'hui de Koi ke bzzz? de Carson Ellis paru en France aux éditions Hélium.


Une petite pousse verte apparaît. Koi ke bzzz? se demandent deux demoiselles intriguées. La plante grandit encore, des petites bêtes se précipitent. La campagne bruit en langage insecte. Et si on construisait une cabane imprenable, tout en haut?

Koi ke bzzz? est un album où page après page nous retrouvons la même scène : une bûche, une bande d'ocre signifiant le sol, une petite pousse qui grandit au fil du récit. Mais le temps passe : la végétation sort de terre, les insectes sortent de leurs cachettes, la vie s’organise, une cabane se construit, un danger survient, et mille petits détails surprennent l’œil aguerri à chaque lecture.


Cet album d'une richesse inouïe explore donc d'abord plusieurs thématiques liées au temps qui passe: le cycle des saisons, la chaîne alimentaire, la patience, le jour et la nuit, les différentes vitesses auxquelles voyagent la coccinelle et la limace, la vie et la mort. Dans ce tableau permanent que nous proposent les doubles pages, on assiste à mille petites surprises : la sérénade mélancolique de la sauterelle, la naissance étrange du champignon, la petite maison nichée dans une bûche, l'éclosion d'un cocon.

Koi ke bzzz? est aussi un ouvrage sur l'entraide, la solidarité, le plaisir d'être ensemble et de se réjouir des belles choses en bonne compagnie. On a très envie de les rejoindre, toutes ces petites bêtes qui s'émerveillent de l'éclosion d'une fleur, comme présentées à un petit miracle! Le plaisir et le jeu sont au cœur de ce livre, dans une très jolie mise en scène d'un carpe diem entomologique : on nous rappelle que le temps passe et que la vie est courte, profitons-en pour construire des cabanes et jouer aux pirates!


Mais enfin, et surtout, Koi ke bzzz? est écrit entièrement en insectik, la langue des insectes! Les petits personnages de cet album s'expriment avec des mots tout en zzz et en tsss, faisant de la lecture à voix haute un véritable délice! Dans ce langage qui ressemble suffisamment au français pour être compris mais qui en est suffisamment éloigné pour déclencher des sourires, on nous plonge dans le quotidien d'un jardin bruissant de bourdonnements et zézaiements. La portée du texte devient universelle (même si les notes d'éditeur nous apprennent en fin d'ouvrage qu'il a fallu traduire l'insectik américain en insectik français - chapeau la traductrice!).

En résumé, cet album est un énorme coup de cœur, qui m'a encore surprise à la trentième lecture, celle que j'ai faite pour écrire cette chronique. Et je ne vous parle pas des illustrations de Carson Ellis, dans une palette délicieusement surannée où l'ocre et le vert dominent, avec de petits insectes délicieusement stylisés, un sens du détail terrible et de la poésie dans chaque brin d'herbe... Comment ça j'en fais trop?


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"Désolé, impossible, je suis en route pour Mars."

mercredi 5 avril 2017

J'adore le travail des éditions des éléphants, qui, notamment, importent en France des albums riches, intéressants et audacieux. Ici, je vais vous parler de l'album Le Noir de la Nuit, écrit par Chris Hadfield et illustré par The Fan Brothers.


Chris n'a qu'un rêve : devenir astronaute. Mais il y a un problème : il a une peur terrible du noir. Dans l'obscurité, des extraterrestres rôdent, inquiétants, menaçants. Impossible de passer une nuit sans réveiller papa ou maman. C'est terrible, cette peur de la nuit, quand on rêve d'explorer l'espace!


Heureusement, un événement extraordinaire va bouleverser la vie de Chris, et lui permettre de voir les choses différemment : nous sommes en 1969, et il voit avec tous ses voisins les premiers hommes marcher sur la lune. C'est alors qu'il remarque qu'il fait terriblement noir dans l'espace, et qu'il faudra qu'il réussisse à vaincre sa peur pour pouvoir accéder à ses rêves.


Le texte est rédigé par l'astronaute Chris Hadfield, qui a déjà fait le buzz avec sa reprise de Space Oddity de David Bowie en direct de la station spatiale internationale. J'adore la façon dont il transforme un album sur la peur du noir en chronique historique, comment le ton rassurant se mêle à un souvenir. C'est un album à double emploi : il rassure et enseigne, donne envie de s'intéresser à l'espace et à l'astronaute qui, petit, avait peur du noir.

Tout cela est merveilleusement bien servi par les illustrations des Fan Brothers, mêlant crayon et techniques digitales, rappelant l'ambiance de Max et les Maximonstres de Maurice Sendak. Ils mettent en scène une nuit rassurante, sombre, certes, mais illuminée d'ors et de bleus, promesse de mille rêves fabuleux.

Un très joli album que je vous recommande fortement, surtout pour les amoureux de l'espace!




Préparez-vous pour Avril en Albums 2017 + Concours!

vendredi 24 février 2017


Pour la troisième année consécutive, j'ai le plaisir d'organiser une nouvelle édition du rendez-vous Avril en Albums que j'ai lancé en 2015! Le principe est très simple : il s'agit, pendant tout le mois d'avril, de mettre à l'honneur les albums jeunesse sur la blogosphère! Ce genre riche, innovant, poétique et sans cesse renouvelé est rarement évoqué sur les blogs, aussi j'espère que vous serez cette année encore plus nombreux à vouloir faire découvrir de jolies pépites!

Vous pouvez vous inscrire en cliquant ici et en laissant un commentaire. Vous pouvez aussi nous rejoindre sur le topic dédié sur Livraddict. J'organise également un mini-swap autour des albums sur le forum, cliquez ici si ça vous intéresse!

J'ai d'ores et déjà prévu tout un tas de petites chroniques, de vidéos et de surprises, mais histoire de vous mettre l'eau à la bouche, je vous propose un petit concours!

Comme chaque année, votre défi, est de me donner les noms des 9 illustrateurs dont j'ai utilisé les images pour bâtir le logo de cette année! Cette fois-ci, je vous ai grandement simplifié la tâche : il s'agit soit de très grands noms de l'album, soit d'artistes que j'ai déjà chroniqués sur ce blog ;)

Pour participer, c'est très simple : envoyez-moi la liste la plus complète possible à pilalire@gmail.com (pas en commentaire pour éviter la triche!) accompagné d'un thème, d'un sujet de livre qui vous tient à cœur. Vous pouvez participer jusqu'au 12 mars 2017 minuit. Le concours est ouvert à l'international!

Les lots? Les 3 participants avec le plus de noms corrects dans leur liste remporteront chacun un album que je choisirai spécialement pour eux en fonction du thème choisi dans leur mail de participation! (de vrais albums grand format cartonné, pas des versions de poche ;) )

Si d'aventure je recevais douze millions de mails avec les listes complètes, je procéderai à un tirage au sort parmi ceux-ci!

Je suis super excitée et j'ai déjà une liste d'albums longue comme le bras à vous proposer... Vivement avril! J'espère que vous serez nombreux à participer, d'ici là je vous fais de grosses bises!

"Mais cette maison, chez qui est-ce?"

vendredi 28 octobre 2016


J'ai une fascination terrible pour les maison étranges, grandioses, rigolotes, bizarres. Peut-être autant que pour les réécritures de contes. Et vu qu'on est en octobre, que c'est le mois de l'arrivée du froid, des plaids en laine et des moments cocooning devant de jolies bougies parfumées, je voulais vous parler d'un très bel album, Chez nous, de Carson Ellis, paru en 2015 chez Actes Sud.

Dans cet album en forme de catalogue, aux couleurs sobres et mélancoliques, Carson Ellis nous fait voyager de maison en maison. Il y en a pour tous les goûts : des maisons en haut d'une falaise, au fond de l'océan, des maisons aux allures de dés ou d'autres en forme de chaussure, des maisons classiques et d'autres construites sur la lune, des rangées, des désordonnées, des grandes, des petites... Un vrai festival!

On se surprend à scruter les petits détails, à comparer des habitations complètement différentes, à chercher celle qui ressemble le plus à la nôtre... Le foisonnement de détails drôles, incongrus et poétiques fait de cet album un puits sans fond de moments délicieux à analyser les maisons, créer des histoires et imaginer les drôles de personnes qui peuvent vivre à l'intérieur.

Cliquez pour voir en plus grand!

Evidemment, le but de cet album, c'est avant tout de célébrer la diversité et l'imagination. On vit tellement le nez collé à notre nombril qu'on finit par oublier que pour des milliers d'autres personnes, le foyer, la maison, la bulle de confort et de bien-être, c'est quelque chose de très différent de ce qu'on connaît. C'est un album aussi qui fait réfléchir à la maison idéale, le foyer le plus chaleureux qu'on puisse rêver avoir. C'est enfin un album qui invite à l'imaginaire et à l'ouverture d'esprit. Fabuleux, non?

En faisant se confronter des habitats diamétralement opposés, Carson Ellis met en évidence la richesse de notre monde et la nécessité de se glisser dans la peau des autres pour mieux les comprendre. Un travail délicat, délicieux et merveilleux que je conseille à tous!



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"La pluie c'est gris, froid et sombre."

mercredi 26 octobre 2016



Encore un album, un de ceux qui remontent le moral et mettent un peu de sucre dans la vie! Je vous présente Rose à petits pois, d'Amélie Callot et Geneviève Godbout, paru cette année chez La Pastèque. 

Quand il fait beau, Adèle sourit, elle sifflote, elle chante à tue-tête, elle ouvre les fenêtres et laisse la porte ouverte. Mais dès qu'il pleut, Adèle reste enfermée. Elle n'y peut rien, elle perd son entrain. La pluie, c'est gris, froid et sombre. Vous aurez alors beau dire tout ce que vous voulez, argumenter tant que vous pourrez, ça n'est pas la peine de discuter, Adèle ne mettra pas une mèche de cheveux dehors..

Cet album très épais (80 pages) nous raconte l'histoire d'Adèle, la jeune tenancière d'un café de village. Elle est très fière de son café, qui rassemble les gens. Et les gens, elle adore ça, Adèle! Elle met un point d'honneur à ce que chacun se sente comme chez soi dans son petit établissement. Lieu de rencontre et de vie, elle déteste par-dessus tout la pluie, qui fait rester ses habitués chez eux, qui est grise, froide et sombre. Rien de tel que le soleil et la couleur!


Et puis, un jour, elle retrouve dans le vestiaire déserté une paire de bottes en caoutchouc rose, pile à sa taille... Un peu plus tard, un imperméable... Et plus tard encore, un parapluie! Qui est l’énergumène qui s'amuse à lui abandonner ces cadeaux? Adèle mène l'enquête, et finit par découvrir que la pluie aussi apporte ses joies, ses surprises et ses douceurs...

Cette petite histoire tendre et sucrée est avant tout un récit qui prône la sociabilité, la solidarité et l'ouverture à l'autre. Il donne envie de sourire à tout le monde, oui, même à la vieille bavarde du rez-de-chaussée qui vous assaille de ses réflexions d'un autre temps chaque fois que vous avez le malheur de la croiser (comment ça ça sent le vécu?). On a envie
d'inviter ses amis à boire un café, d'appeler cette copine à qui on n'a pas parlé depuis longtemps, d'acheter des bouquets de fleurs sans raison et d'aller sauter dans les flaques d'eau. Les illustrations délicieusement vintage de Geneviève Godbout ajoutent un charme intemporel à cette bulle de douceur qui finit de charmer tout à fait.


En bref, une jolie découverte pour tous les âges!


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"Dans la nuit, leur cœur à chacun a pensé aux trois autres."

mercredi 15 juin 2016


Si les thèmes de la timidité, de l'ouverture aux autres et du pouvoir magique de la nourriture ont été mille fois traités en littérature jeunesse, il est un album, paru en janvier dernier, qui a su beaucoup me toucher et que je garde désormais dans ma bibliothèque tel un petit trésor. Il s'agit du joli Le festin de Citronnette, écrit par Angélique Villeneuve et illustré par Delphine Renon, et c'est paru (quelle surprise!) aux merveilleuses éditions Sarbacane

Citronnette, timide et proprette, quitte rarement sa cuisine pour s'aventurer dans son jardin sauvage. Mais ce matin, elle a vu des ombres... S'approchant à petits pas, elle distingue un grand chapeau noir qui avance par bonds, un long nez pointu caché derrière un arbre, un rocher gris râpeux qui grogne et qui marmonne... Vite, Citronnette se réfugie dans sa cuisine ! Et si elle les amadouait avec des mets chauds et savoureux, elle qui aime tant cuisiner ? Elle prépare alors un véritable festin... qui va lui changer la vie !

Nous suivons une héroïne timide et discrète qui préfère faire des tartes aux prunes plutôt que partir à l'aventure. Citronnette, d'abord inquiète en découvrant les nouveaux venus qui ont débarqué au fond de son jardin sauvage, décide d'aller jeter un œil, bravant sa peur. Et au lieu de tout faire pour que ces drôles d'énergumènes déguerpissent rapidement de sa propriété, elle choisit le partage et l'amitié.


C'est joli, c'est tendre, c'est beau, c'est sucré comme le miel et doux comme une madeleine. L'album se réchauffe en même temps que les cœurs des personnages, on tombe les manteaux et on libère les cheveux, le petit citronnier sur le chapeau de Citronnette grandit et donne des fruits. L'épanouissement et le bonheur fonctionnent ici comme des engrais pour des images plus foisonnantes et colorées au fur et à mesure que l'on tourne les pages. Les illustrations de Delphine Renon, tout au crayon de couleur, sont pétillantes, acidulées, et regorgent de détails qui font sens. 

Cet album illustre parfaitement l'adage anglophone: "When life gives you lemon, make lemonade!", un appel pour transformer les surprises acides et désagréables en douceurs et friandises. Voilà un petit livre qui ne paie pas de mine, comme ça, mais qui est une invitation à voir chaque nouveauté dans nos vies comme une occasion de l'enrichir et de nous faire de beaux souvenirs. 


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"Il dit que je suis trop lourde, trop grande, que je ne suis plus un bébé."

lundi 16 mai 2016

Décidément, le thème du petit frère/de la petite sœur est un puits sans fond d'inspiration pour les auteurs! Aujourd'hui, je vous présente un chouette titre des éditions Les Minots, paru dans la toute nouvelle collection Ceci-Cela : Trop grande trop petite, de Pog et Mélanie Fuentes.

Quand un petit frère arrive dans la famille, cela bouleverse l’ordre des choses, surtout pour sa grande sœur qui ne se sent pas si grande que ça.
On la responsabilise et elle n’est plus le centre des regards.
Où est sa place dans ce monde qui n’est jamais à la bonne échelle ?

Ce livre aborde surtout la peur du premier-né, celle d'être mis un peu à l'écart au profit du nouveau venu dans la famille. La petite fille que l'on suit tout au long de l'album découvre le paradoxe qui est le sien : à la fois trop grande pour être portée, mais trop petite pour choisir ses vêtements toute seule, est-elle toujours la petite ou bien est-elle devenue la grande?


Les illustrations sont focalisées sur la grande sœur perplexe, qui rentre parfaitement dans le cadre de l'image. On ne voit jamais le visage des adultes, ces géants, et le petit frère, quant à lui, est tout petit en comparaison de son aînée. Ce jeu ingénieux sur le point de vue montre avant tout que les interrogations de la petite fille, si elles peuvent s'expliquer, ne doivent pas être une source d'inquiétude. Elle est pile assez grande et assez petite pour avoir sa place à elle dans cette nouvelle famille à quatre. 

L'album aborde donc à la fois le problème de l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, mais aussi les interrogations liées au fait que l'enfant prend conscience qu'il grandit, et que la frontière entre ce qu'il peut faire ou pas évoluera au fur et à mesure qu'il grandira. C'est subtil et intelligent, j'aime!


Un petit album qui aborde le fait de grandir comme une expérience floue et parfois paradoxale, porté par les illustrations douces et rigolotes de Mélanie Fuentes. Un livre qui explique et rassure!




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"Dans le cœur des parents il n'y a jamais de problème de place. C'est grand comme le ciel."

vendredi 22 avril 2016






L'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur est toujours un bouleversement dans la vie d'un enfant. Et je sais de quoi je parle, car j'ai hérité de deux petites sœurs charmantes, drôles, envahissantes et uniques. Je jette toujours un œil aux productions parlant de fraternité, et j'ai eu un petit coup de cœur pour cet album. Un amour de petite sœur, par Astride Desbordes et Pauline Martin, est paru chez Albin Michel Jeunesse en mars dernier, et c'est un petit trésor.







Le jeune Archibald apprend qu'il va être grand frère. Ce petit garçon à la fois curieux, enthousiaste et dubitatif nous raconte l'arrivée de sa petite frangine à travers ses mots d'enfants, clairs, simples, et pourtant profond.

La petite sœur n'a pas de prénom. C'est "sa" petite sœur, sa place dans la famille est ce qui importe le plus aux yeux du jeune narrateur, qui du coup met en avant sa place à lui, celle du grand frère. Et ce nouveau duo est le moteur de situations jusqu'alors inédites dans la vie d'Archibald. Sa petite sœur prend parfois sa place dans les priorités des parents. Il n'est plus tout seul pour affronter la peur du noir. Et puis surtout, une petite sœur, ça grandit, et les jeux deviennent deux fois plus chouettes!


C'est très simple : le "je" devient "nous", et la vie s'enrichit de moments de complicité, de chicanes et de tendresse. Tendresse d'ailleurs mise en valeur par les illustrations légèrement pastelles et d'une apparente simplicité, fonctionnant en doubles pages, celle de droite complétant toujours le propos de celle de gauche. Les couleurs s'inversent, les mots se complètent, la sœur est tour à tour agaçante, bruyante, complice, étonnante, absente, trop présente et au final, on fait le tour du sujet avec cette petite conclusion touchante:

"Ma petite sœur, j'aimerais bien qu'elle ne grandisse pas trop quand même.
Car ce que je préfère avec ma petite sœur,
c'est être son grand frère."


Un très bel album beaucoup plus riche qu'il n'en a l'air que je conseille non seulement aux parents d'un futur grand frère ou d'une future grande sœur, mais aussi aux amateurs de jolies choses bien dites! 




Petite information supplémentaire, cet album est la suite d'un premier, intitulé Mon amour, des mêmes auteurs, où Archibald questionne sa maman sur l'amour qui relie les parents et les enfants. Je vous le recommande chaudement!






"On ne dit pas non, on ne dit pas oui, on réfléchit."

mardi 19 avril 2016

Ahem je prends le challenge Avril en Albums un peu en retard : nous sommes déjà le 19 et les aléas de l'existence m'ont tenue à l'écart de mon blog adoré pendant les trois premières semaines du rendez-vous! Mais qu' cela ne tienne, je compte bien me rattraper dans les dix jours qui restent! A la une, à la deux... C'est parti!

Gaspard fait un caprice comme savent si bien le faire les enfants. Il veut un animal. N'importe quoi. Un poisson, un chinchilla, un canari, un hippopotame... Mais bien sûr, pour ses parents, c'est hors de question. Gaspard insiste. Papa et Maman tentent de rester zen et, le yoga aidant, finissent par trancher: "On ne dit pas non, on ne dit pas oui, on réfléchit." Pas dupe, Gaspard se met à râler quand soudain, son rêve se réalise. Mais oui, ce sont bien des poux qui grouillent sur son crâne! Est-ce qu'il peut le garder?

Je veux un animal de Géraldine Collet et Marie-Anne Abesdris, aux éditions Frimousse, est un chouette petit album sur un sujet quasi-universel : l'amour des enfants pour les petits bêtes et l'obstination dont ils font preuve pour faire céder leurs parents.

Le texte de Géraldine Collet est musical, rythmé, amusant tant à lire qu'à écouter. Une jolie trouvaille qui devraient amuser les petits découvrant la richesse du langage et les grands qui se sentiront obligés de jouer le jeu et adapter leurs voix.



Les illustrations sont hyper colorées : les personnages, dépeints d'une seule couleur qui change selon leurs émotions, sont avant tout des silhouettes faciles à reconnaître et un peu tordues, ajoutant au livre un coté rigolo. Marie-Anne Abesdris a réussi à dépeindre l'agacement, la colère, le calme et la peur avec brio, et l'on tourne les pages avec ravissement devant l'apparente simplicité du texte et des images.

Une chouette petite histoire en forme de fable qui dit presque aux parents de céder : peut-être vaut-il mieux que Gaspard adopte un poisson plutôt qu'il s'amourache de parasites, non? Un album coloré et drôle qui devraient plaire au plus grand nombre.


 
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