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"Tous les hommes meurent libres et égaux en droit!"

lundi 20 mars 2017

"Les Pépix c'est la vie", "Sarbacane c'est de la balle", ça va, je vous serine suffisamment avec cette maison d'édition pour que vous sachiez que je l'adore. J'ai eu le plaisir de lire Rufus le fantôme de Chrysostome Gourio, paru dans la collection Pépix en février dernier. Un pur délice et pourtant.. J'y allais un peu à reculons!

Rufus est un fantôme. A l'école où il va, il y a des zombies, des vampires et des loups-garous. Si le papa de Rufus lui a dessiné un avenir tout tracé, notre fantôme, lui, à d'autres ambitions : il veut devenir LA MORT.
Oui, la faucheuse, en chair et en os (surtout en os). Un métier passionnant et plein d'avenir, mais pas toujours facile à exercer, ainsi que Rufus va l'apprendre : conditions stressantes, horaires à rallonge...
Et si tout ça devait mener à une grande GREVE DE LA MORT ?

J'avoue tout, quand j'ai commencé les premières pages de Rufus le fantôme, je me suis demandé à qui j'allais bien pouvoir vanter les mérites d'une histoire où un jeune fantôme et son ami zombie rêvent de tuer des gens.

Oui, oui, vous avez bien lu : Rufus et Octave sont deux créatures de la nuit qui vivent dans un cimetière et ils sont supers copains. Bon, Rufus, du haut de ses 536 ans, commence un peu sa crise d'ado et troque volontiers son linceul blanc pour une robe noire piquée de clous, et avec Octave qui a malencontreusement avalé sa propre langue, ils rencontrent la faucheuse locale, un mec sympathique et passionné par son métier, Melchior. En vrai artisan de la mort, il prend un soin particulier à mettre en scène la mort de ses victimes, à les accompagner dans cette étape cruciale de leurs vies et à remplir son quota de morts quotidiennes. Seulement voilà le problème : les grands patrons du siège de la mort, en Transylvanie, désirent un meilleur rendement et augmenter la productivité, quitte à multiplier les catastrophes naturelles et accidents de transports en commun. C'en est trop pour Melchior qui refuse cette déshumanisation de la mort et qui propose à ses collègues de se mettre en grève.

Et c'est là que la mayonnaise a commencé à monter : ce roman burlesque et fendard est un concentré de références au monde de la grève, des syndicats et de la lutte des travailleurs. A travers le prisme du fantastique et de l'horreur, l'auteur fait une critique acide des multinationales pour qui les travailleurs sont des chiffres, les produits des bénéfices à faire et le temps de l'argent. A coup de tracts, banderoles et slogans, Rufus et Octave s'attellent à soutenir le mouvement, car devenir la mort, c'est leur rêve, mais pas dans ces conditions. 

Et au-delà des références aux revendications ouvrières, on lit également des passages très engagés, défendant des valeurs d'écologie, de solidarité et d'ouverture d'esprit. Les petits "entre-chapitres", qui parsèment le roman de recettes de cuisine, bricolages et blagounettes, sont d'ailleurs de jolis morceaux de rigolade! C'est également un très chouette livre sur les conflits de génération qui opposent parents et enfants, et la difficulté de se comprendre quand on n'écoute pas assez attentivement.

Le style est truculent, plein de jeux de mots et d'humour noir, et voici un petit florilège de slogans pour vous mettre l'eau à la bouche (promis, je ne vous dévoile pas les meilleurs):

LA MORT N'EST PAS DE TOUT REPOS
SOUS LA PIERRE TOMBALE, LA PLAGE!
NE GAGNONS PAS NOTRE MORT AU SUAIRE DE NOTRE FRONT

Le texte est accompagné des illustration d'Églantine Ceulemans, dont la patte claire et pétillante correspond tout à fait à ce roman bizarre et rafraîchissant. Une jolie découverte, je suivrai son travail avec attention! 

Un super roman grâce auquel je me suis bidonnée toute seule dans mon canapé. Et je terminerai cette chronique par en citant ce cher zombie d'Octave:

"Hhééémaaagnnuttteuuuhhignaaa, groupooongnouhéégneummiiin..."


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"Nom d'un ectoplasme, qu'est-ce que c'est que ça?"

jeudi 23 février 2017

Si vous fréquentez ce blog depuis un moment, vous avez dû vous rendre compte que je suis une fan inconditionnelle des éditions Sarbacane. En librairie, je conseille autant la collection Exprim' pour les ados que les géniaux Pépix pour les plus jeunes lecteurs. Celui-ci, Super Vanessa et la Crique aux Fantômes, ne fait pas exception!

La petite ville de Cygne-sur mer est perturbée par des événements inquiétants : une lueur dans la maison vide sur la falaise, des esprits frappeurs qui exigent qu’on se brosse les dents, un tout petit monstre qui pousse des hurlements terrifiants, des parents aux allures d’ogres, et maintenant des fantômes d’affreux pirates morts ! Brrrr…

Vanessa, la fille la plus super des terres du sud-est, mobilise sa petite bande de copains pour faire face à ces épreuves. Rejoignez avec elle (Super-)Louis, Gustave-Brutus, Marius-la-ficelle et Adam-le-roux, pour une aventure effrayante… mais aussi très tendre et drôle !

La merveilleuse Florence Hinckel nous avait entraînés, avec Super Louis et l'Île aux 40 crânes, dans une aventure de pirates sanguinaires : ici, on retrouve la même petite troupe de joyeux lurons, mais le personnage principal, c'est cette-fois Vanessa! La demoiselle la plus aventureuse du sud se retrouve avec ses copains au cœur d'une sombre histoire de fantômes, de maison hantée, et de zombies. Rien que ça!
Un film d'horreur vient se tourner dans la petite ville de Cygne-sur-Mer, et son célébrissime réalisateur nanardesque, Marc Oreille, recherche des figurants. La bande de zouaves de Vanessa se retrouve embarquée dans cette aventure cinématographique. Mais tout bascule lorsque de véritables fantômes envahissent les plateaux de tournage. Le fait que de la vieille et ténébreuse maison sur la falaise s'échappent d'étranges bruits n'arrange rien à l'affaire. Les fantômes existent-ils? Vanessa, très terre-à-terre, en doute fortement, et décide de mener l'enquête avec ses supers-amis.

J'ai a-do-ré ce roman tout en rebondissements, plein d'humour et de subtilités. C'est encore une fois un livre très intelligent, qui ne prend pas le jeune lecteur pour un imbécile et qui pourra lui donner autant la chair de poule que des crampes aux zygomatiques. Le texte est accompagné des illustrations pétillantes, cartoony et dynamiques de Caroline Ayrault, dont je ne connaissais pas le travail mais que je vais suivre avec soin!

Et puis Florence Hinckel n'a pas hésité à y saupoudrer subtilement une critique des stéréotypes filles-garçons, en mettant en scène un personnage vraiment venimeux, une maman qui impose à sa fille des robes en dentelle et des jouets roses sans la laisser devenir qui elle veut. Ce petit twist sympathique m'a donné envie de prendre le livre dans mes bras et de lui faire des bisous. Ne me jugez pas!


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"J'ai déjà un nom, vous savez, et si vous voulez que je vienne quand on m'appelle, ce serait peut-être mieux de l'utiliser."

mercredi 13 juillet 2016



Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé d'un chouette petit roman à glisser entre les mains des jeunes lecteurs. Aujourd'hui, je vous parle de Crumble, écrit par Michael Rosen et illustré par Tony Ross, publié en français aux éditions Albin Michel dans la toute nouvelle collection Mes premiers Witty.

Quand Terri-Lee va à l’animalerie, elle pense naturellement pouvoir choisir le chien qui lui plaît et ne s’attend pas du tout à être choisie par celui-ci ! Mais Crumble n’est pas un chien ordinaire et il a quelques questions à poser à sa future maîtresse :
Combien de fois par jour comptes-tu m’emmener en promenade ?
Aimes-tu danser ?
As-tu l’intention de me chatouiller souvent ? J’adore ça !
Les réponses de Terri-Lee et ses pas de dance seront-ils suffisants pour convaincre Crumble d’être adopté ?

Quand deux pointures de la littérature jeunesse britannique se rencontrent et travaillent ensemble à un roman destiné aux jeunes lecteurs, ça donne un résultat largement au-dessus de nos espérances. Michael Rosen, poète et passionné de littérature jeunesse, est un grand monsieur à qui l'on doit, notamment, la merveilleuse Chasse à l'ours ou le très triste mais très beau Quand je suis triste, fait montre de son talent dans ce récit drôle et burlesque. C'est qu'un chien qui fait passer un entretien d'embauche à se future famille, c'est cocasse! 

Non seulement ce petit roman illustré rend compte de la responsabilité qui incombe à un enfant lorsqu'il réclame l'adoption d'un animal, mais il permet également de parler de respect envers les animaux et d'insister sur le fait que ce ne sont pas des jouets. Seulement, tout cela est fait avec humour et bienveillance, et l'entretien devient rapidement une joyeuse rencontre qui promet une belle amitié. C'est drôle, c'est frais, c'est surprenant et un peu barré, mais ça fonctionne!


Les illustrations dynamiques de Tony Ross, éminent illustrateur ayant collaboré avec presque toute la fine fleur de la littérature jeunesse britannique, permettent au récit de respirer et d'ajouter une dose de farce et de maladresse touchante.

En bref, un petit roman pétillant et renversant qui devrait séduire les lecteurs à partir de 7 ans!


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"Difficile de croire que ça pourra être mieux..."

mercredi 22 juin 2016



Hey les gars, c'est bientôt les vacances! Et j'ai dans mes cartons de très chouettes bouquins à picorer dans le train, sur la plage ou en attendant le fameux marbré de grand-mère. En premier lieu, je tiens à vous faire découvrir une super saga parue aux éditions bulles de savon. Il s'agit des aventures de Hisse et Ho, écrites par Anne Loyer, et les deux premiers titres s'intitulent Le Phare Mystérieux et La Plume Noire.

Hélios (Ho) et Athénaïs (Hisse) sont jumeaux et ont l'incroyable chance, en plus d'avoir un père cuisinier  exceptionnel et une mère prof de grec ancien qui connaît plein d'histoires, de partir faire le tour du monde sur leur voilier, l'Olympe. Le frère et la sœur, âgés de douze ans, sont aussi complémentaires que chamailleurs, et nous suivons leurs aventures d'escale en escale.

Cette série pourrait avoir l'apparence, le style et le fond de n'importe quelle série d'aventures pour la jeunesse, avec les même morales et les mêmes rebondissements vus et revus. Mais ici, il n'en est rien. Amis des aventures hautes en couleurs, vous allez être conquis par celles de la famille Escampette!

Nous alternons les points de vue entre celui de Hisse et celui de Ho, ce qui permet parfois de créer du suspense et des quiproquo délicieux. Comme tous frères et sœurs qui se respectent, il ne se supportent pas et s'adorent tout autant. L'aventure démarre en même temps que leur voyage, et chaque tome de la série se propose de relater l'une de leurs escales. Le Phare Mystérieux se déroule sur l'île aux fleurs, en Bretagne, et le second tome, La Plume Noire, a lieu dans la superbe ville de Sintra, au Portugal. 

Tout est fait pour séduire le lecteur, et à tout âge : l'humour véhiculé par la relation houleuse entre les deux frangins, le dépaysement amené par les destinations méconnues et romanesques qu'Anne Loyer a choisies pour donner vie à son récit, les intrigues originales et pourtant parfois très proches des jeux d'enfants, les rencontres avec d'autres enfants hauts en couleurs de tous les horizons, cette impression d'urgence liée au cours laps de temps passé à chaque nouvelle escale, la mélancolie des départs... Mais ce qui m'a conquise par-dessus tout, c'est la plume inventive, bondissante et savante que l'auteur manie avec précision et simplicité, truffée de références mythologiques, littéraires ou historiques. C'est un texte qui, en plus de divertir et d'amuser, donne envie d'en lire plein d'autres. Et ça, c'est un sacré tour de force, vous ne croyez pas?

En plus, devinez quoi? Le troisième tome vient de sortir! Je ne l'ai pas encore lu, donc je ne peux pas vous en parler, mais je peux vous dire qu'il s'intitule Le Centaure Sauvage et que l'action se déroule cette fois-ci en Andalousie. Cliquez sur la couverture pour en apprendre plus!


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"Dans le cœur des parents il n'y a jamais de problème de place. C'est grand comme le ciel."

vendredi 22 avril 2016






L'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur est toujours un bouleversement dans la vie d'un enfant. Et je sais de quoi je parle, car j'ai hérité de deux petites sœurs charmantes, drôles, envahissantes et uniques. Je jette toujours un œil aux productions parlant de fraternité, et j'ai eu un petit coup de cœur pour cet album. Un amour de petite sœur, par Astride Desbordes et Pauline Martin, est paru chez Albin Michel Jeunesse en mars dernier, et c'est un petit trésor.







Le jeune Archibald apprend qu'il va être grand frère. Ce petit garçon à la fois curieux, enthousiaste et dubitatif nous raconte l'arrivée de sa petite frangine à travers ses mots d'enfants, clairs, simples, et pourtant profond.

La petite sœur n'a pas de prénom. C'est "sa" petite sœur, sa place dans la famille est ce qui importe le plus aux yeux du jeune narrateur, qui du coup met en avant sa place à lui, celle du grand frère. Et ce nouveau duo est le moteur de situations jusqu'alors inédites dans la vie d'Archibald. Sa petite sœur prend parfois sa place dans les priorités des parents. Il n'est plus tout seul pour affronter la peur du noir. Et puis surtout, une petite sœur, ça grandit, et les jeux deviennent deux fois plus chouettes!


C'est très simple : le "je" devient "nous", et la vie s'enrichit de moments de complicité, de chicanes et de tendresse. Tendresse d'ailleurs mise en valeur par les illustrations légèrement pastelles et d'une apparente simplicité, fonctionnant en doubles pages, celle de droite complétant toujours le propos de celle de gauche. Les couleurs s'inversent, les mots se complètent, la sœur est tour à tour agaçante, bruyante, complice, étonnante, absente, trop présente et au final, on fait le tour du sujet avec cette petite conclusion touchante:

"Ma petite sœur, j'aimerais bien qu'elle ne grandisse pas trop quand même.
Car ce que je préfère avec ma petite sœur,
c'est être son grand frère."


Un très bel album beaucoup plus riche qu'il n'en a l'air que je conseille non seulement aux parents d'un futur grand frère ou d'une future grande sœur, mais aussi aux amateurs de jolies choses bien dites! 




Petite information supplémentaire, cet album est la suite d'un premier, intitulé Mon amour, des mêmes auteurs, où Archibald questionne sa maman sur l'amour qui relie les parents et les enfants. Je vous le recommande chaudement!






"On ne dit pas non, on ne dit pas oui, on réfléchit."

mardi 19 avril 2016

Ahem je prends le challenge Avril en Albums un peu en retard : nous sommes déjà le 19 et les aléas de l'existence m'ont tenue à l'écart de mon blog adoré pendant les trois premières semaines du rendez-vous! Mais qu' cela ne tienne, je compte bien me rattraper dans les dix jours qui restent! A la une, à la deux... C'est parti!

Gaspard fait un caprice comme savent si bien le faire les enfants. Il veut un animal. N'importe quoi. Un poisson, un chinchilla, un canari, un hippopotame... Mais bien sûr, pour ses parents, c'est hors de question. Gaspard insiste. Papa et Maman tentent de rester zen et, le yoga aidant, finissent par trancher: "On ne dit pas non, on ne dit pas oui, on réfléchit." Pas dupe, Gaspard se met à râler quand soudain, son rêve se réalise. Mais oui, ce sont bien des poux qui grouillent sur son crâne! Est-ce qu'il peut le garder?

Je veux un animal de Géraldine Collet et Marie-Anne Abesdris, aux éditions Frimousse, est un chouette petit album sur un sujet quasi-universel : l'amour des enfants pour les petits bêtes et l'obstination dont ils font preuve pour faire céder leurs parents.

Le texte de Géraldine Collet est musical, rythmé, amusant tant à lire qu'à écouter. Une jolie trouvaille qui devraient amuser les petits découvrant la richesse du langage et les grands qui se sentiront obligés de jouer le jeu et adapter leurs voix.



Les illustrations sont hyper colorées : les personnages, dépeints d'une seule couleur qui change selon leurs émotions, sont avant tout des silhouettes faciles à reconnaître et un peu tordues, ajoutant au livre un coté rigolo. Marie-Anne Abesdris a réussi à dépeindre l'agacement, la colère, le calme et la peur avec brio, et l'on tourne les pages avec ravissement devant l'apparente simplicité du texte et des images.

Une chouette petite histoire en forme de fable qui dit presque aux parents de céder : peut-être vaut-il mieux que Gaspard adopte un poisson plutôt qu'il s'amourache de parasites, non? Un album coloré et drôle qui devraient plaire au plus grand nombre.


"C'est quoi ce MICMAC?"

mercredi 16 mars 2016


Le printemps pointe le bout de son nez, de quoi vous donner des envies de balades en forêt. Et si vous n'êtes pas du genre randonnée, mais plutôt du genre bon bouquin sous la couette, j'ai une lecture pour vous qui swingue sec : Lumberjanes, tout récemment paru chez Urban Comics. Cette BD est écrite, dessinée et réalisée par une équipe de six auteures : Shannon Watters, Grace Ellis et Noelle Stevenson au scénario, Brooke Allen au dessin, Maarta Laiho à la couleur et Aubrey Aiese au lettrage (cliquez sur leurs noms, elles ont de supers sites et tumblr!). Préparez-vous, ça décoiffe!

Elles sont cinq copines inséparables. Unies comme les doigts de la main, elles n'en restent pas moins très différentes les unes des autres. Jo, April, Mal, Molly et Ripley ont pourtant toutes un point commun : le goût pour l'aventure!

Elles s'apprêtent à passer le meilleur été de toute leur vie dans ce camp de vacances. Et rien ne pourra les détourner de leur objectif : devenir de véritables Lumberjanes! Peu importe les attaques de renards à trois yeux, les rencontres improbables avec des yétis perturbés et autres manifestations surnaturelles qui semblent perpétuellement croiser leur route, la bande est prête à relever tous les défis sans jamais oublier sa devise: L’AMITIÉ A LA PUISSANCE MAX!

En voilà un résumé qui donne du pep's, n'est-il pas? Ce comics met donc en scène cinq filles très différentes qui passent l'été dans un camp similaire à ceux des éclaireurs ou des scouts. Mais des choses étranges se traficotent dans la forêt autour d'elles, et vu qu'elles ont la bougeotte, elles se lancent dans la résolution de tous les mystères tapis dans les bois.

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Des yétis, des animaux étranges, des serpents géants des rivières, un temple souterrain caché, des statues qui parlent, des scouts-zombies... Dans ces quatre premiers épisodes, on découvre un univers hyper coloré et dynamique dans lequel le bestiaire étrange et fantastique donne un goût de mystère délicieux. Et il y a de l'humour, partout, tout le temps, que ce soit dans les tronches des personnages, dans leurs répliques ou au cours des scènes d'action.

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Mais ce qui fait le piment de ces aventures forestières, ce sont surtout les cinq héroïnes, grâce auxquelles les auteures se moquent des clichés : on peut être ultra féminine et hyper balèze, garçon manqué et peureuse, sérieuse et aventurière, instruite et pleine d'humour, petite et costaude! Un message hyper positif véhiculé par des petites nanas pleines de ressources, comme on aimerait en voir plus souvent en bande dessinée. En plus, il y a de petits messages discrets et mignons de défense des droits LGBT. Cinq étoiles donc pour une BD engagée et fun!

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La grosse erreur serait de penser que cette série, pensée et réalisée par une équipe de six femmes, où l'on met en scène cinq filles, soit uniquement et seulement destinée aux filles : non. Il y a tout dans Lumberjanes pour plaire à tous les accros du mystère, de l'action et de l'humour. Bref, un joli coup de cœur inattendu pour moi, j'attends la suite avec impatience!

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"Je blague, c'est ma fourche qu'a langué."

dimanche 28 février 2016

Quelle ne fut pas ma surprise - et mon indignation! - en découvrant que je ne vous avais encore jamais parlé de la superbe collection des Editions Sarbacane, nommée Pépix, qui comme son nom l'indique recèle de petites pépites qui piquent! Alors ni une, ni deux, on s'embarque dans une aventure mouvementée, drôle et intelligente avec La classe de mer de Monsieur Ganèche!

Lorsque Monsieur Ganèche se retrouve abandonné sur un îlot breton avec les six "cas sociaux" qui composent sa classe de mer, il s'attend au pire. Bêtises, disputes : ils ne lui épargnent rien. Mais lui, il sait qui ils sont vraiment ! Il explique aux "cancres" qu'ils possèdent tous un talent et peuvent réaliser des choses extraordinaires. C'est alors que l'îlot se révèle être le repaire de cruels trafiquants d'animaux...

On suit Monsieur Ganèche, instituteur franchement cool mais qui peu aussi être franchement effrayant, qui se demande ce qu'il va faire de sa bande d'énergumènes ramassés au hasard des groupes formés pour la classe de mer... Et quelle tribu! Zlatan, Lucas, Tho, Maïtiti, Fatima et Céline ont décidément tous de sacrés caractères: entre la pile électrique, l'hypersensible, le grand benêt et la nyctalope, il y a vraiment de quoi se faire des cheveux blancs!

Ils se retrouvent dans une aventure à laquelle ne manque pas grand chose pour qu'elle se transforme en histoire de pirates, et chacun finit par se révéler à la hauteur des obstacles qui se dressent un à un devant eux. Avec une plume drôle, acidulée et précise, Jérôme Bourgine donne à ses personnages et à son récit des accents terriblement efficaces de vraie vie, les rendant très attachants. A contre-courant des enfants trop parfaits parfois érigés en modèles, on a ici une galerie de bras cassés que la société a très vite étiquetés. Mais Monsieur Ganèche et son talent pour l'à-propos va réussir à transformer cette bande d'anomalies en véritables héros. Et en plus, on apprend plein de choses! Zoologie, navigation, survie, vocabulaire, mine de rien, le savoir, au lieu d'être une corvée, devient un jeu auxquels les "cancres" finissent par succomber avec délectation.

Le texte est admirablement bien servi par les illustrations effrontés, riantes et dynamiques de Maurèen Poignonec, qui non seulement sont nombreuses, mais regorgent également de petits détails qui rendent la lecture attrayante. Il y a même de petits poissons qui clapotent autour des numéros de page! 

Une belle aventure pleine d'humanité et d'humour qui plaira aux grands et aux moins grands, à coups sûr! Parole de Tricéphale!


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"Le premier qui tente de me faire un câlin, il retourne dans le chaudron."

mardi 23 février 2016


Bon allez, j'avoue, j'ai un touuut petit peu délaissé le blog ce mois-ci. J'avais de bonnes raisons, promis! Pour me rattraper, je vais vous poster quelque chose tous les jours jusqu'au 29. Et n'oubliez pas que vous pouvez participer à mon petit concours jusqu'à samedi!

Aujourd'hui je vais enfin vous parler d'un grand éclat de rire, d'un délice pour les zygomatiques, d'une bande dessinée délicieuse qui se relit sans cesse! Le Grand Méchant Renard de Benjamin Renner, paru chez Delcourt et déjà lauréat de moults prix.

Face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle, un renard chétif tente de trouver sa place en tant que grand prédateur. Devant l'absence d'efficacité de ses méthodes, il développe une nouvelle stratégie. Sa solution : voler des œufs, élever les poussins, les effrayer et les croquer. Mais le plan tourne au vinaigre lorsque le renard se découvre un instinct maternel.

Le renard regarde avec admiration et jalousie son comparse le loup, dont la simple vue suffit à déclencher la terreur chez ses victimes ; alors que lui, petit renard pas bien costaud, ne déclenche que l'agacement et la pitié des animaux de la ferme où il tente désespérément, jour après jour, de croquer une poule. 
Le loup et lui montent alors un plan machiavélique ; dérober des œufs, les engraisser, puis dévorer les poussins bien gras! Seulement l'ennui, c'est que le renard n'avait pas prévu de devoir occuper, nourrir, soigner et bercer les petits oiseaux qui dès le premier regard l'ont désigné comme leur maman. Peu à peu, le renard s'attache à son futur dîner, et l'on assiste à plusieurs scènes drôles et tendres entre la maman adoptive et ses trois petits poussins. Que va-t-il bien pouvoir se passer? Le loup et le renard dévoreront-ils les poussins?


On lit Le Grand Méchant Renard parce que ça se dévore. Le dessin, assez simple, à l'aquarelle, est très dynamique et tient plus du storyboard que de la bande dessinée. Les dialogues exquis, empruntant au vocabulaire familier franchouillard, rappelle Kaamelott, version Roman de Renart. Le renard doit faire face à des situations dans lesquelles pourront se reconnaître tous les adultes qui côtoient des enfants : et les plus jeunes lecteurs pourront se ravir de ces animaux somme toute forts sympathiques. On admire le style, l'humour et la finesse avec laquelle Benjamin Renner mène son récit où mine de rien, on parle d'adoption, d'amour parental et de trouver sa place.


Et vu que M. Renner est animateur (il a co-réalisé, entre autres, la merveilleuse adaptation de Ernest et Célestine), il nous prépare trois films d'animation réalisés pour la télévision où l'on retrouvera notre renard préféré dans de nouvelles aventures! Vivement!
 
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