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"Ils arrivent tous avec une histoire. Et nous sommes là pour les accompagner, et les aider à écrire cette histoire."

jeudi 26 janvier 2017

Un roman de la collection Exprim' est toujours lumineux, mais celui-ci l'est peut-être un peu plus que les autres. Venez avec moi, quittez la grisaille et le froid de cette fin janvier et passez quelques minutes en été avec Vasco et Djib.

Vasco et Djib, deux banlieusards inséparables, sont envoyés pour un été en pension au coeur de la Nièvre... Un choc des cultures, des personnages flamboyants : la vie belle, les belles vies.

C'est tout ce que nous dit la quatrième de couverture, accompagnant cette photographie qui sent le soleil, l'air de la campagne et la crème solaire. On plonge dans le récit de l'été de Djib et Vasco, deux banlieusards parisiens qui accumulent connerie sur stupidité et qu'on envoie, le temps d'un été, dans une famille d'accueil en espérant que ça leur remette les idées en place. Ce ne sont pas de mauvais gamins, ils n'ont rien de grands délinquants, mais les parents espèrent qu'un été loin de leur cité les aidera à prendre du recul. Ils se retrouvent chez Tonton et Tata, un couple qui a passé sa vie à en redonner une à des gamins paumés, et où se trouve déjà une ribambelle de jeunes gens. A coup de balades en vélo, de fêtes foraines et de baignades dans le lac, Djib et Vasco vont redécouvrir ce qui donne le sel à la vie, tomber amoureux, s'expliquer, se pardonner et grandir aussi un peu.

C'est un texte terriblement optimiste, qui fout la patate et donne des envies de pique-nique en plein champ. On s'attache à tous ces enfants perdus et pour ma part, j'ai presque été déçue de voir que le roman se terminait si vite. Quelques pages et pouf! Tout un été de passé. Comme dans la réalité, où le présent se transforme vite en souvenirs.

Un sans fautes pour Benoît Minville pour ce roman de vacances où il ne manque pas grand chose pour en faire un coup de cœur, mais où il met en scène la vraie vie avec de vrais mots, sans fioritures, simple et compliquée en même temps. Un régal!

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"J'ai souvent eu envie d'être un arbre pour contempler l'humanité avec plus de sérénité."

dimanche 3 janvier 2016

Et on commence l'année avec un roman percutant, qui vous donne envie de tout plaquer pour recommencer à zéro au milieu des grands espaces. Dylan Dubois, sorti en novembre dernier, est un roman paru dans la collection Exprim', aux éditions Sarbacane, écrit par Martine Pouchain.

Après un an en foyer, Dylan, un garçon de 16 ans tendre et solitaire, rentre chez lui... où une surprise l'attend : son père a remplacé sa mère, partie trois ans plus tôt. A priori, Dylan n'a rien contre Cynthia, sa séduisante belle-mère. Sauf quand elle met son chien Rusty dehors "parce qu'elle ne supporte pas son odeur". Et puis, Dylan ne comprend pas pourquoi son père mute caniche dès qu'elle le siffle... Mais le pire, c'est quand il comprend. Cynthia n'est pas juste une belle-mère désagréable : c'est une machine à démolir les gens. Dylan n'a plus qu'une issue : se tirer avec Rusty. Direction la forêt!

Je me lançais dans cette lecture avec confiance et sérénité : j'avais adoré Les Petites Reines et Quelqu'un qu'on aime, deux autres romans parus cette année dans la même collection, et je dois avouer que mon a priori se muta en certitude : la collection Exprim', c'est de la bonne.

Ce que j'ai d'abord admiré, c'est l'exactitude avec laquelle Martine Pouchain plonge dans des sacs de nœuds en apparence inextricables, qu'il faudrait prendre des mois pour en expliquer l'origine, et réussit à nous résumer en quelques mots des situations délicates. Quiconque connaît le poids écrasant des vérités qui se taisent reconnaîtra le talent de l'auteur à rendre dans toute sa complexité l'horrible angoisse des tensions familiales qui s'éternisent.

Car Dylan n'a pas de foyer stable. Sa famille a explosé comme un miroir sous un trente-trois tonnes. Il rentre après un an loin de son père pour le retrouver certes moins dépendant de l'alcool mais intoxiqué par une femme destructrice et manipulatrice. Mais Dylan est intelligent, il s'imprègne de lectures et se saoule de longues promenades dans la nature, loin des hommes et de leur attirance pour se faire du mal. Jusqu'au jour où sa future belle-mère, dans un coup de grâce finement joué, réussit à le faire quitter la maison. Il s'enfonce alors, en compagnie de son meilleur ami, son chien Rusty, dans la nature et marche à travers la France pour, peut-être, trouver sa place chez sa mère. 

Dylan, c'est celui qui veut revenir à l'essentiel : manger à sa faim, se contenter de peu, cultiver les relations saines et enrichissantes, se rapprocher de la nature. Par sa soif de grand air et sa fuite désespéré d'un foyer où ne l'attend que le malheur, il finit par se détacher de ce qui le coinçait dans l'enfance et marche d'un pas sûr vers l'adulte qu'il veut devenir. Ses rencontres le confortent et le réorientent dans son choix. Ce road-trip en forme de randonnée vagabonde sera sa délivrance et le meilleur moyen de se trouver.

J'ai adoré ce voyage. Accompagner Dylan sur la voie de son futur pousse à s'interroger sur ce qui fait l'essence de notre vie. Doit-on courir derrière les diplômes? Dépendons-nous vraiment des autres? Qu'est-ce que l'amour? Que faire du sac à dos familial que nos parents nous refilent à leur insu à la naissance?

Un beau roman rafraîchissant et intelligent sur l'émancipation et l'acceptation de soi. Deux thèmes qu'on retrouve également dans Les Petites Reines et Quelqu'un qu'on aime, et je pense que ce serait très intéressant de comparer les messages véhiculés par ces trois romans si semblables et pourtant différents. Je m'en chargerai peut-être un de ces quatre!

 
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"Je perds tout, mes mots, mes clés, mon portefeuille, ma vie."

mardi 1 décembre 2015

J'avais adoré Les Petites Reines de Clémentine Beauvais, alors j'ai voulu découvrir un autre roman de la collection Exprim' de chez Sarbacane, Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal, sorti quelques mois plus tard. 

Matt a un projet fou : refaire avec son grand-père Gary la tournée d’un crooner mythique des années 50, Pat Boone. Un road-trip pour rattraper au vol les souvenirs qui s’échappent…

Mais rien ne se passera comme prévu ! Peu avant le départ, Matt apprend qu’il est le père d’une petite Amber de 18 mois – et qu’il doit s’en occuper pour quelques semaines. À l’aéroport, une tornade s’annonce : les avions ne décollent plus. Matt, Gary et le bébé grimpent à bord d’un van de location… et, ultime surprise, deux personnes les rejoignent : Luke, ado en fugue, et Antonia, trentenaire prête à changer de vie.

Tous ensemble, ils font cap vers l’Ouest du pays. Arizona, Californie, Nevada, sur la piste du passé, des souvenirs et autres histoires bien vivantes. On les suit, d’étape en étape, tandis qu’ils commencent à former une tribu bancale, une petite famille folle et joyeuse, réunie autour de Gary.

J'embarquais avec plaisir en compagnie de cette tribu hétéroclite pour un road-trip loin des clichés, avec des heurs, des drames, des mauvaises surprises et de belles rencontres. On s'attache vite à chacun de ces personnages un peu brisés, un peu perdus, qui se retrouvent ensemble par hasard et qui finissent par former une vraie famille. C'est joli, c'est touchant, c'est tour à tour drôle et larmoyant.

Parce qu'entre un vieux atteint d'Alzheimer, un jeune à qui on a arraché sa vie, une trentenaire qui sort d'une relation violente, et une aventure qui ne se passe pas du tout comme prévu, Séverine Vidal nous fait voyager du rire aux larmes. Le cœur tressaute, on s'attend à ce que tout se passe comme sur des roulettes et on finit par se prendre de belles raclées...

Je regrette juste un peu le cadre de l'Amérique profonde qui, s'il permet aux personnages de revenir sur la mythique tournée de Pat Boone, n'est à mon sens pas suffisamment exploité. J'aurais aimé que le décor accompagne davantage l'histoire, mais après tout, ce sont les personnages la vraie force de ce roman. Cela se passerait en Europe qu'il n'en serait pas moins touchant.

Un très joli roman sur les surprises que nous réserve la vie, sur le pouvoir de l'optimisme et sur le bonheur qui naît du fait d'être ensemble. 
 
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