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C'est le premier, je balance tout! - Mars 2017

mercredi 1 mars 2017


Pour le deuxième mois consécutif je tiens un rendez-vous - champagne! Celui-ci a été lancé par Lupiot du site Allez vous faire lire ! Toutes les explications super claires se trouvent ici!

Le principe? Il y a quatre trucs à balancer:
  1. Le Top & Flop de ce que j’ai lu le mois-dernier.
  2. Au moins 1 chronique d’ailleurs lue le mois dernier.
  3. Au moins 1 lien qui m’a fait « Wahou » le mois dernier (hors chronique littéraire).
  4. Et enfin : ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.
Vous êtes prêts pour mon bilan de février? C'est parti!


 Top & Flop 



Voici tous les livres que j'ai lus au mois de février... Ce mois-ci a surtout été marqué par le challenge des "suite de sagas", dont le but était d'avancer un maximum dans toutes les sagas qu'on a en cours... Je m'en suis plutôt bien sortie car j'ai terminé deux séries de comics, Wonder Woman et Locke & Key, je suis également à jour dans Arte, Saga et j'ai terminé la trilogie des Miss Peregrine. Je me suis aussi fait plaisir avec des romans pour les petits, pour les grands, en français, en anglais... Des albums, de bons mots et même de la poésie! 21 livres en moins dans ma PàL... C'est toujours ça de pris!

#1: Life after life, Kate Atkinson

Oh la la, les amis, quelle claque! Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu du contemporain en v.o., et ce livre m'attendait dans ma PàL depuis mon voyage à Edimbourg l'année dernière... J'ai a-do-ré! C'est un très beau roman familial et historique, une espèce de quintessence de la British-ness, un texte plein d'humanité, de grands malheurs et de petits bonheurs... J'ai envie de découvrir toute la bibliographie de l'auteur depuis que je l'ai terminé. C'est bon signe, non? J'ai lu ce roman dans son édition britannique de chez Black Swan, mais il existe également en français au livre de poche sous le titre Une vie après l'autre.

#2 : Locke & Key, Joe Hill et Gabriel Rodriguez

Lors du challenge "suite de sagas" mentionné plus tôt, je me suis attelée à cette série de comics moult fois conseillée par mon choubidou. Une maison victorienne, un meurtre sordide, des clés magique et un jeune homme sexy et inquiétant... Il ne m'en fallait pas plus pour adorer cette série! Entre histoire de famille, enquête policière, récit fantastique et passages horrifiques, il y avait tous les éléments pour que cette série rejoigne illico mes chouchous du genre. Amoureux des histoires bien ficelées, des personnages originaux et des histoires de fantômes, vous devriez adorer! C'est paru chez Milady comics.

#3 : Car l'adieu, c'est la nuit, Emily Dickinson

Bon, je vous mens un peu, ce ne fut pas vraiment un coup de cœur, mais plutôt une très grande fierté. Je voudrais cette année me donner des challenges de lecture, et lire de la poésie anglophone était l'un d'eux. J'ai commencé avec un recueil d'Emily Dickinson, l'un des plus grands noms de la poésie américaine du XIXème siècle, en édition bilingue. Ce fut fastidieux, mais j'ai été bouleversée par certains poèmes que je voudrais apprendre par cœur. Je compte enchaîner en mars avec la plume de Sylvia Plath, dont j'ai déjà acheté un recueil dans la même collection, chez Gallimard.

...et le gros flop du mois?

J'ai pas compris! Nan mais vraiment! Moi qui avait aimé le premier tome, adoré le second, j'ai trouvé que la trilogie des Miss Peregrine de Ransom Riggs retombait comme un soufflé avec cette Bibliothèque des âmes. On s'ennuie pendant la première moitié, et pendant la seconde, on nous bourre le crâne avec plein de nouveautés qu'il aurait fallu aborder bien plus tôt dans la série! Des rebondissements mous, un combat épique qui n'a rien d'extraordinaire, un happy ending maladroit et décalé (sans parler de la traduction parfois approximative)... Je ne me suis pas renseignée sur ce qu'en avait pensé le reste de la blogo, mais je serais étonnée que beaucoup de gens aient apprécié cette fin bâclée et décevante!

 Les chroniques d'ailleurs 


Chez Valentine
La chronique bloguesque qui m'a donné le plus envie, c'est celle de Valentine sur le blog Le Brocoli de Merlin à propos du livre The Paper Magician que j'avais beaucoup, beaucoup vu passer sur booktube! Elle m'a vraiment donné envie de découvrir ce roman, j'ai hâte de mettre la main dessus! :D


Chez Lucie et Marion
Ce n'est pas vraiment une chronique, mais j'ai adoré l'article sur le problème de la classification par âge en littérature de jeunesse sur le chouette blog Dans ta page. Je me suis beaucoup reconnue dans le discours de Lucie et Marion, et je pense que je vous écrirai quelque chose dans la même veine très bientôt pour vous parler des problèmes que je rencontre à ce sujet en librairie.
Et sur Booktube, je reste assez fan de la chaîne de Hanna, The Clockwork Reader, qui nous a présenté ce mois-ci une série de fantasy magique qui me fait de l'oeil (je crois que vous l'avez compris, je suis très attirée par le réalisme magique ces temps-ci!), A Darker Shade of Magic de V.E.Schwab. Je vous mets la vidéo ici!




 Les liens du mois! 

Les amis, les amis! Autant le mois de janvier m'avait laissée sans surprises et sans grandes découvertes... Autant février m'a apporté énormément de choses, tellement que je ne sais pas par quoi commencer, ni si je vais réussir à tout vous présenter!

Je suis au chômage en vacances jusque début mai, aussi j'ai essayé d'en profiter pour découvrir des tas de chouettes initiatives et de jolies choses. C'est parti!

Un Invincible été
Côté blogs, j'ai découvert (grâce à ce chouette rendez-vous) le très joli blog Un invincible été, où Pauline nous fait partager ses petits bonheurs et belles découvertes. J'aime beaucoup le ton doux, calme et pétillant, qui donne envie de cocooning là, maintenant, tout de suite. Inutile de vous dire que ce blog est avant toute chose une espèce de porte des étoiles vers d'autres blogs et sites merveilleux. Gare à vous si vous y jetez un œil : trois heures de découvertes merveilleuses vous attendent!

La Poudre
Niveau podcasts, j'essaie d'en écouter de plus en plus, et j'en ai deux à vous présenter : d'abord, La Poudre, un podcast résolument féministe où l'animatrice Lauren Bastide invite dans chaque émission une artiste, réalisatrice, femme politique et lui demande de raconter son parcours de femme. Je ne les ai pas encore tous écoutés, mais j'aime beaucoup le ton et les sujets abordés. Merci à ma copine Mathilde pour la découverte!

Vos gueules les mouettes!
Mon amie Camille participe également à une webradio de Douarnenez, Vos gueules les mouettes, et j'ai enfin pris le temps d'écouter plusieurs de leurs émissions. J'aime beaucoup les culturiosités et l'humeur à Tonton, mais je suis loin d'en avoir fait le tour. Chouette initiative engagée et humaniste, je suis toujours contente des les écouter et j'apprends plein de choses! En cette période de carnaval (et étant dunkerquoise, je suis loin d'être impartiale sur ce sujet), je vous conseille notamment la chouette émission consacré à cette fête populaire en cliquant ici!

Mais ce n'est pas tout! Je me suis aussi ouverte à plein de chaînes Youtube super géniales, originales, drôles, poétiques ou inspirantes. Voilà un petit florilège des petits gens que je vais surveiller de près, car je pense qu'ils vont beaucoup me plaire!

Virago, la chaîne présentée par la comédienne Aude Gogny-Goubert, dont le but est de vous présenter des portraits de femmes exemplaires de l'histoire du monde.

Geography Now : je n'aurais jamais cru m'intéresser à une chaîne de géographie, mais les petits gars qui présentent ce programme sont drôles, concis et clairs! J'ai été séduite à leur présentation de la France, et j'ai maintenant envie de regarder tous les pays du monde!

J'ai découvert (mille ans après tout le monde) Solange te parle et même si je ne suis pas complètement d'accord avec le concept de ces vidéos, je suis fascinée et très intéressée par son discours et son format!

Enfin, last but not least, ja chaîne de Fran Meneses, une illustratrice chilienne installée au Royaume-Uni. J'ai bien évidemment été conquise par son style graphique, mais aussi par ses questionnements sur la motivation, l'inspiration, et ça m'a menée à...


 Ce que j'ai fait de mieux le mois dernier 

J'ai repris goût au dessin! Si si! Pour de vrai! Cela faisait des mois que je ne dessinais plus que par défaut, pour nourrir une page facebook moribonde, et je me suis rendue compte que depuis mes quinze ans et l'ouverture de mon compte sur DeviantArt je ne dessinais quasiment que pour que ce que je fais plaise à des gens. Je me suis débarrassée de la page facebook, je n'ai conservé que mon petit blog Tumblr pour garder une trace des gribouillis dont je suis le plus fière, et je me sens beaucoup plus libre d'expérimenter de nouvelles techniques, de jouer avec mon style, et puis globalement de faire ce que je veux. Je poste de temps en temps les résultats sur Instagram si ça vous dit!

J'ai aussi repris d'une main de maître mon organisation bloguesque et cette fois, je pense que c'est la bonne. J'ai plein de jolies choses à vous faire découvrir dans les semaines qui viennent. Je vous invite d'ailleurs à vous intéresser au concours que j'ai mis en place dans le cadre du challenge Avril en Albums que j'organise cette année pour la troisième fois! ^^

Décidément, j'en ai eu des choses à vous dire! Espérons que chaque mois sera aussi enrichissant! ^^ Et vous, à quoi a ressemblé votre mois de février? :)

"Celui qui sait lire peut comprendre le monde. Celui qui écrit peut le changer."

vendredi 21 octobre 2016


Il était une fois un vieux chapiteau de cirque à l'orée d'une forêt sombre et profonde : c'est là que vit la Petite avec sa famille, une ancienne troupe de saltimbanques. Depuis très longtemps ils ne donnent plus de spectacle, mais ils tissent autour de la gamine un cocon protecteur d'histoires et de légendes.

Un jour, un chantier gigantesque vient tout bouleverser: le campement va être rasé et la Petite est envoyée à l'école du village. Elle va alors faire appel aux forces obscures de la forêt pour tenter de sauver les siens.


La langue des bêtes de Stéphane Servant est paru en 2015 aux éditions du Rouergue. Outre une couverture superbe qui me paraissait pleine de promesses, je voulais absolument découvrir la plume de l'auteur du Cœur des louves. Rien de mieux que l'automne, les premières grandes pluies et les soupes aux champignons pour plonger dans ce récit enchanteur.

Nous nous retrouvons dans un cirque oublié entre une forêt et une décharge automobile. Là vivent une poignée de personnages improbables, rêveurs et ermites qui vivent des histoires qu'ils ont tissées pour tenir debout, tous ensemble. Petite, la jeune héroïne de notre roman, est un feu follet vêtu de robes à paillettes et de bottes en caoutchouc, qui traque les renards avec son ogre de père et tente d'attraper le regard fuyant de sa funambule de mère. Elle se nourrit littéralement de livres et de papier, ne sait pas forcément démêler le rêve de la réalité, vit de mysticisme, de contes et de croyances presque païennes. Les derniers habitants du cirque, un lion édenté, un marionnettiste désenchanté, un clown triste et un nain cynique constituent son unique et étrange famille. 

L'automne arrive, et avec lui, l'annonce de la fin du rêve. Petite, bien malgré elle, grandit. Le présent devient peu à peu le passé au fur et à mesure que les hommes en orange construisent une autoroute pour connecter le Village et la Ville. L'ogre redevient un homme, la mère un fantôme, les histoires des fadaises et la vie un mensonge. Nous accompagnons Petite sur un chemin initiatique où elle devra décider de ce qu'elle croit. Les histoires sont-elles vraies? Ont-elles un pouvoir? Quel est le devoir de celui qui raconte? Comment rallumer les cœurs éteints? Et puis, dans l'ombre de la forêt, rôde la Bête, créature de Frankenstein à laquelle Petite, sans le vouloir, a donné une vie triste et mélancolique.

Dans un récit emprunt sans cesse d'une poésie qui sert le cœur et fait mouiller les yeux, Stéphane Servant nous interroge sur le rôle de la fiction au sein de nos vies. Dans un monde où tout va plus vite, où être, c'est avoir, et où plus personne ne croit aux magiciens et aux funambules, que faire de nos rêves et de nos histoires? Le conte est présenté ici non seulement comme un lien entre les hommes, mais aussi comme un bien précieux et nécessaire dont on sous-estime le pouvoir. Il nous questionne également sur ce qui fait que l'on considère quelqu'un de fou : il est souvent plus facile de rejeter la différence et l'originalité pour ne pas remettre en question notre propre point de vue, n'est-ce pas?

Un énorme, gigantesque coup de coeur pour ce roman mélancolique et doux que je relirai encore, et encore, tant que les mots auront des pouvoirs magiques.


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Là où le présent caresse, plus tard le passé pince.

mardi 6 septembre 2016

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? 

Songe à la douceur est le nouveau roman de Clémentine Beauvais, la merveilleuse auteure du roman Les petites reines dont je vous avais fait un éloge dithyrambique. Elle nous revient cette fois-ci avec un roman audacieux en forme d'ovni, une réécriture du roman d'Alexandre Pouchkine Eugène Onéguine, réécriture également fortement inspirée de l'opéra que Tchaïkovski en a tiré. Le roman original étant lui-même écrit en vers, Clémentine Beauvais a choisi le vers libre pour relater une version moderne de l'histoire.

Je ne connaissais ni le roman original, ni l'opéra, et j'ai donc plongé dans ma lecture avec naïveté et curiosité. Et encore une fois, Clémentine Beauvais a su s'adresser à l'adolescente romantique et complexée qui demeure quelque part au fond de moi. Eugène et Tatiana, ces deux adolescents qui se côtoient le temps d'un été, sont plein de certitudes et de sentiments trop grands pour eux, et la narration, qui fait sans cesse un va-et-vient du passé au présent, aide à comprendre comment ce que l'on vit dans notre jeunesse peut ou non influencer l'adulte que l'on devient. C'est un roman certes qui parle d'une histoire d'amour à la fois banale et grandiose, mais c'est aussi un roman sur le fait de devenir adulte, sur les choix que l'on peut faire dans sa vie, sur ce qu'on décide de faire de notre existence. J'ai particulièrement été touchée par la naïveté de l'adolescente Tatiana face à la rigueur et la persévérance de l'adulte Tatiana.

Encore une fois, l'auteure semble particulièrement attirée par les histoires que relatent nos historiques de messagerie instantanée, les SMS et les e-mails. Dans Les petites reines, elle s'intéressait surtout aux réseaux sociaux. Dans Songe à la douceur, on replonge en 2006 à l'heure de MSN et des textos hors de prix. C'est délicieusement désuet tout en évoquant les souvenirs de toute une génération. Aujourd'hui, les histoires d'amour ne sont pas moins vraies parce qu'elles se construisent à coups de poke et de discussions sur Skype : en tous cas, c'est une des choses que l'on peut retenir de ce livre.

Quant au style, il est vrai que si le choix d'un roman en vers est inattendu, il est au final plutôt bien vu, car la musicalité du vers rend à la fois compte de la poésie des instants narrés tout en imitant la musicalité d'un opéra. Clémentine Beauvais compare volontiers Tatiana à la flûte et Eugène au basson, et sans connaître la musique de Tchaïkovski, on se surprend à entendre les timbales gronder ou les violons vous arracher une larme. C'est bien vu, bien exécuté, même si j'ai trouvé que ce choix autorisait parfois le récit à traîner en longueur là où les choses auraient pu être plus brèves.

Est-ce que Songe à la douceur est bien le phénomène tant primé sur les réseaux sociaux? D'un côté, le récit amer et passionné d'une histoire d'amour à côté de laquelle les personnages n'arrêtent pas de passer est un thème fort peu abordé en littérature jeunesse. Ce roman, en modernisant une tragédie classique, en lui donnant les accents de la modernité, permet de faire entrer les erreurs et les errances dans le paysage parfois trop codifié de la littérature pour adolescents et jeunes adultes. La narration en vers est originale, pas trop lourde et terriblement agréable, donnant de la musique et du rythme au récit. D'un autre côté, difficile de savoir à qui se roman se destine, et j'ai personnellement trouvé qu'Eugène est un personnage tête-à-claques à qui j'aurais volontiers filé quelques baffes. En tous cas, on passe un beau moment et on referme le livre avec un goût doux-amer dans la bouche en rêvant de belles et grandes choses, et c'est en partie, je pense, ce que souhaitait l'auteure.


N'hésitez pas à lire ce qu'en pensent Bob et Jean-Michel!

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