J'adore le travail des éditions des éléphants, qui, notamment, importent en France des albums riches, intéressants et audacieux. Ici, je vais vous parler de l'album Le Noir de la Nuit, écrit par Chris Hadfield et illustré parThe Fan Brothers.
Chris n'a qu'un rêve : devenir astronaute. Mais il y a un problème : il a une peur terrible du noir. Dans l'obscurité, des extraterrestres rôdent, inquiétants, menaçants. Impossible de passer une nuit sans réveiller papa ou maman. C'est terrible, cette peur de la nuit, quand on rêve d'explorer l'espace!
Heureusement, un événement extraordinaire va bouleverser la vie de Chris, et lui permettre de voir les choses différemment : nous sommes en 1969, et il voit avec tous ses voisins les premiers hommes marcher sur la lune. C'est alors qu'il remarque qu'il fait terriblement noir dans l'espace, et qu'il faudra qu'il réussisse à vaincre sa peur pour pouvoir accéder à ses rêves.
Le texte est rédigé par l'astronaute Chris Hadfield, qui a déjà fait le buzz avec sa reprise de Space Oddity de David Bowie en direct de la station spatiale internationale. J'adore la façon dont il transforme un album sur la peur du noir en chronique historique, comment le ton rassurant se mêle à un souvenir. C'est un album à double emploi : il rassure et enseigne, donne envie de s'intéresser à l'espace et à l'astronaute qui, petit, avait peur du noir.
Tout cela est merveilleusement bien servi par les illustrations des Fan Brothers, mêlant crayon et techniques digitales, rappelant l'ambiance de Max et les Maximonstres de Maurice Sendak. Ils mettent en scène une nuit rassurante, sombre, certes, mais illuminée d'ors et de bleus, promesse de mille rêves fabuleux.
Un très joli album que je vous recommande fortement, surtout pour les amoureux de l'espace!
Benoît Charlat est un prolifique auteur d'albums pour les tous-petits. Al'école des loisirs, il a publié pas moins d'une quarantaine d'ouvrages! Le petit dernier met en scène Dodo, un petit dauphin dynamique et super sympathique!
Dodo était déjà le héros de plusieurs petits albums. Celui-ci est le quatrième! Dodo est un petit dauphin qui a beaucoup d'imagination. A travers ses yeux, les nuages deviennent des créatures incroyables, l'attente pour le goûter est interminable et les arcs-en-ciel poussent dans le jardin. Dans Le bouquet d'arc-en-ciel, paru la semaine dernière, Dodo se sent l'âme généreuse. Il décide de distribuer de petits bouts de son arc-en-ciel à sa famille et à sa copine. Et si Papa et Maman sont ravis, il faut quelques secondes à son amie pour comprendre que c'est pour du semblant. Dès que ça fait tilt, c'est merveilleux : les deux enfants s'offrent des cadeaux extraordinaires dans un crescendo de rires et de joie.
J'ai une profonde sympathie pour ces albums cartonnés qui ont cette qualité d'être très faciles à lire à voix haute, avec des phrases et des expressions directement tirées de la vie réelle des enfants, avec ce ton d'émerveillement feint, de jeu et d'une petite maladresse qui rend la narration très réaliste.
Ici Dodo, en partageant son arc-en-ciel imaginaire, partage surtout sa joie de vivre et son imagination. Il illumine le quotidien par des inventions farfelues et poétiques qui rendent la vie plus douce. Et j'ai trouvé ça très joli, d'autant que les pages s'enrichissent elles aussi de toutes les créations des enfants jusqu'à un feu d'artifice de couleurs!
Petit bonus, un Papa en tablier rose qui fait la cuisine et une Maman à lunettes, habillée de bleu, qui lit son journal dans son fauteuil. Ça ne fait pas de mal ;)
J'ai eu le plaisir l'an dernier de passer une journée ensoleillée dans la ville de Metz, et au détour d'une flânerie dans la librairie Momie Metz j'ai découvert une collection d'albums qui mêlent habilement histoire, fiction et gourmandise... La jolie collection Le thé aux histoires, éditée aux éditions Feuilles de menthe!
Cette collection s'intéresse au folklore et au patrimoine culinaire de l'Est de la France : dans des albums colorés et illustrés de façon très moderne, les auteurs et illustrateurs reprennent des contes traditionnels lorrains et alsaciens, y intègrent des recettes typiques de ces régions, et cela donne un tout à la fois ludique et gourmand!
Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres!
Moi qui suis une gourmande compulsive, qui suis amoureuse de ma région natale de Flandre et qui ai grandi dans l'amour des contes régionaux et des histoires au coin du feu, j'ai eu un coup de foudre pour cette collection. Non seulement on y apprend des choses, mais on retrouve la patte typique du conte traditionnel, le mystère et le frisson, l'aventure et la certitude que tout sera bien qui finira bien.
On y suit l'histoire de la jeune Madeleine, domestique au château de Commercy. Elle est douée pour la cuisine mais on la laisse rarement approcher des fourneaux! Un jour que Stanislas, roi de Pologne et duc de Lorraine, vient poser ses valises au château pour y passer le printemps, une catastrophe arrive en cuisine et elle se propose pour sauver le dessert du roi Stanislas : elle lui concocte une recette de son cru, de petites pâtisseries cuites dans des moules en forme de coquilles. C'est un succès!
Le charme de cet album réside dans l'univers qui y est dépeint : la vie de domestique au XVIIIème siècle dans une cour provinciale qui n'a rien à envier à Versailles, l'étiquette, l'architecture et les toilettes extravagantes des dames et messieurs. Si les sources narrant la création des madeleines sont variées, le parti pris d'en faire l'oeuvre d'une modeste domestique, dont les petites coquilles de pâtisseries deviendront connues dans toute la France, est très sympathique!
Le petit plus? A la fin de l'album, vous retrouvez une partie documentaire, vous présentant le château de Commercy, le roi Stanislas, la vie à Versailles, la popularité de la pâtisserie Colombe à Commercy, la madeleine chez Proust et chez la marquise Carcano... Et même une délicieuse recette concoctée par une chef étoilée, Léa Linster!
Une collection qui mérite d'être soutenue! N'hésitez pas à jeter un coup d’œil à leur catalogue ;) Une série d'albums qui raviront autant les parents en quête d'histoires et de recettes, mais aussi les professeurs des écoles et les bibliothèques!
Au moins 1 chronique d’ailleurs lue le mois dernier.
Au moins 1 lien qui m’a fait « Wahou » le mois dernier (hors chronique littéraire).
Et enfin : ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.
Vous êtes prêts pour mon bilan de mars? Accrochez-vous à vos slips!
Top & Flop
J'ai lu 29 livres en mars. Oui. Vingt-neuf. XXIX. Twenty-nine. La faute au week-end à lire qui a eu lieu mi-mars et où j'ai dégommé ma pile à lire et les cadeaux reçus à mon anniversaire. Sur le mois, j'ai donc lu 10 romans, 1 roman première lecture, 12 bandes dessinées/comics/mangas, 5 albums et 1 essai. Je doute fortement de faire aussi bien dans les mois qui viennent, mais ça m'a fait beaucoup de bien! J'ai lu plein de choses très différentes, slalomé entre les styles et les genres, c'était rafraîchissant, j'ai fait le plein de bons mots et de belles images!
Je vais tenter de vous faire les tops et flops mais franchement si je pouvais je mettrais une bonne moitié de toutes ces lectures dans les tops. Pour de vrai!
#1: Beloved, Toni Morrisson
J'ai lu ce roman qui traînait depuis mon séjour en Ecosse dans ma PàL dans le cadre du Black History Month. Et j'ai eu le souffle coupé. J'attends toujours d'avoir réussi à m'en remettre avant de vous en parler, On y parle de Sethe, une esclave qui s'est libérée, de sa fille Denver et du fantôme d'une autre de ses filles qui hante leur maison. On est en plein dans l'Amérique de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, et on plonge dans ce qui a pu se faire de plus ignoble pour aller y chercher des lueurs d'humanité. Un roman indispensable dont je vous parlerai en détails très bientôt.
#2 : Le cœur des louves, Stéphane Servant
Oui, je sais. Je vous ai beaucoup, beaucoup parlé de Stéphane Servant ces derniers mois. J'ai même déjà rédigé une chronique sur ce roman que j'ai adoré du plus profond de mes tripes. Je l'ai lu suite à mon coup de foudre pour La Langue des Bêtes et j'avais même organisé une lecture commune sur Livraddict pour en parler avec d'autres lectrices. Je n'ai pas été déçue, allez lire ma chronique pour plus de détails!
#3 : A child of books, Oliver Jeffers & Sam Winston
Cet album m'a été offert par mon amie Mathilde pour mon anniversaire, et en V.O. s'il vous plaît, et il est merveilleux. Il parle du pouvoir des livres et des portes qu'ils ouvrent en nous. Je vous en parlerai plus en détails dans quelques jours dans le cadre du rendez-vous Avril en Albums!
...et le gros flop du mois?
J''en ai déjà parlé dans une chronique il y a quelques jours, aussi je ne reviendrai pas trop dessus, mais la lecture de George a été une lecture en demie-teinte. Attention, loin d'être un livre méga-naze, juste décevant sur certains points. N'hésitez pas àcliquer ici pour lire mon avis plus en détails!
Les chroniques d'ailleurs
J'en ai déjà parlé dans l'article dédié, mais j'ai beaucoup aimé l'article que Lupiot a consacré à George sur son blog Allez vous faire lire, il m'a beaucoup aidée à mettre des mots sur mes ressentis de lecture et à comprendre ce qui me dérangeait dans ce roman. Le blog tout entier et ses collaboratrices sont super pep's, j'adore tous les articles qui sortent depuis que je m'y suis abonnée, je vous le conseille si vous aimez faire travailler vos zygomatiques en plus d'apprendre des choses!
J'ai aussi beaucoup, beaucoup aimé la dernière vidéo de Sita sur les mangas et ce qu'on y voit une fois que l'on a avalé la pilule du féminisme. C'était très intéressant et encore une fois, elle a mis des mots sur un malaise que j'avais depuis un moment en lisant certains titres! Allez voir ça tout de suite!
J'ai enfin découvert le chouette blog Biblioqueer qui chronique des livres représentant des membres de la communauté LGBT, analysant ces bouquins et disant ce qui y est chouette ou non. Je n'ai pas encore approfondi mes lectures dessus et me suis contentée de flâner au fil des chroniques, mais je pense que ça va continuer à beaucoup me plaire!
Les liens du mois!
Ce mois-ci, contrairement au mois dernier, je n'ai pas fait beaucoup de découvertes virtuelles et me suis surtout contentée de découvrir toutes les chouettes choses découvertes en février. Mais je suis très heureuse de voir que la chaîne Youtube Crash Course, lancée et produite par les frères Hank et John Green il y a de cela plusieurs années, a commencé deux nouvelles séries. Le principe de cette chaîne est de faire des vidéos concises, claires et ludiques dans des matières ou autour de thèmes traités dans le secondaire. Ça paraît barbant comme ça, mais moi j'adore apprendre de nouvelles choses et si c'est aussi votre cas, foncez! J'avais déjà regardé les cours de littérature (tous), d'histoire du monde et de psychologie. En ce moment, la chouette petite équipe me régale avec les nouveaux Crash Course Mythologyet Crash Course Sociology. Je vous mets les premiers épisodes!
Ce que j'ai fait de mieux le mois dernier
Le bel arc-en-ciel dans ce mois de mars, c'est que j'ai organisé mon anniversaire chez mes parents, à Dunkerque, et qu'une bonne partie de mes amis sont venus passer trois jours avec moi, à jouer à des jeux de société, à se raconter des histoires, à rire, à manger des bonnes choses et à faire carnaval dans les rues de Malo-les-Bains. C'était magique et hors du temps, j'ai réalisé à quel point je suis entourée de personnes passionnantes et passionnées, et j'ai eu le plaisir de voir des amitiés se nouer entre des gens qui ne se seraient pas connus sans moi. J'ai été pourrie-gâtée comme pas possible, mon instagram en a fait les frais pendant des jours!
J'ai aussi continué à expérimenter pour me remettre au dessin, et j'ai découvert le plaisir jouissif de peindre avec des encres à l'eau déjà toutes prêtes. Je m'éclate avec les couleurs flashy et les effets! Au moment où j'écris ces lignes j'ai plein d'idées pour de futures petites illustrations! N'hésitez pas à me suivre sur instagram ou à jeter un œil à mon Tumblr pour voir les résultats!
C'est tout pour moi ce mois-ci! Le mois d'avril commence sur les chapeaux de roue avec du soleil estival et Avril en Albums, je vais vous parler de plein de beaux livres, repassez dans quelques jours pour voir tout ça! Et vous, à quoi a ressemblé votre mois de mars? :)
Pour la troisième année consécutive, j'ai le plaisir d'organiser une nouvelle édition du rendez-vous Avril en Albums que j'ai lancé en 2015! Le principe est très simple : il s'agit, pendant tout le mois d'avril, de mettre à l'honneur les albums jeunesse sur la blogosphère! Ce genre riche, innovant, poétique et sans cesse renouvelé est rarement évoqué sur les blogs, aussi j'espère que vous serez cette année encore plus nombreux à vouloir faire découvrir de jolies pépites!
J'ai d'ores et déjà prévu tout un tas de petites chroniques, de vidéos et de surprises, mais histoire de vous mettre l'eau à la bouche, je vous propose un petit concours!
Comme chaque année, votre défi, est de me donner les noms des 9 illustrateurs dont j'ai utilisé les images pour bâtir le logo de cette année! Cette fois-ci, je vous ai grandement simplifié la tâche : il s'agit soit de très grands noms de l'album, soit d'artistes que j'ai déjà chroniqués sur ce blog ;)
Pour participer, c'est très simple : envoyez-moi la liste la plus complète possible à pilalire@gmail.com (pas en commentaire pour éviter la triche!) accompagné d'un thème, d'un sujet de livre qui vous tient à cœur. Vous pouvez participer jusqu'au 12 mars 2017 minuit. Le concours est ouvert à l'international!
Les lots? Les 3 participants avec le plus de noms corrects dans leur liste remporteront chacun un album que je choisirai spécialement pour eux en fonction du thème choisi dans leur mail de participation! (de vrais albums grand format cartonné, pas des versions de poche ;) )
Si d'aventure je recevais douze millions de mails avec les listes complètes, je procéderai à un tirage au sort parmi ceux-ci!
Je suis super excitée et j'ai déjà une liste d'albums longue comme le bras à vous proposer... Vivement avril! J'espère que vous serez nombreux à participer, d'ici là je vous fais de grosses bises!
Décidément, le thème du petit frère/de la petite sœur est un puits sans fond d'inspiration pour les auteurs! Aujourd'hui, je vous présente un chouette titre des éditions Les Minots, paru dans la toute nouvelle collection Ceci-Cela : Trop grande trop petite, de Pog et Mélanie Fuentes.
Quand un petit frère arrive dans la famille, cela bouleverse l’ordre des choses, surtout pour sa grande sœur qui ne se sent pas si grande que ça.
On la responsabilise et elle n’est plus le centre des regards.
Où est sa place dans ce monde qui n’est jamais à la bonne échelle ?
Ce livre aborde surtout la peur du premier-né, celle d'être mis un peu à l'écart au profit du nouveau venu dans la famille. La petite fille que l'on suit tout au long de l'album découvre le paradoxe qui est le sien : à la fois trop grande pour être portée, mais trop petite pour choisir ses vêtements toute seule, est-elle toujours la petite ou bien est-elle devenue la grande?
Les illustrations sont focalisées sur la grande sœur perplexe, qui rentre parfaitement dans le cadre de l'image. On ne voit jamais le visage des adultes, ces géants, et le petit frère, quant à lui, est tout petit en comparaison de son aînée. Ce jeu ingénieux sur le point de vue montre avant tout que les interrogations de la petite fille, si elles peuvent s'expliquer, ne doivent pas être une source d'inquiétude. Elle est pile assez grande et assez petite pour avoir sa place à elle dans cette nouvelle famille à quatre.
L'album aborde donc à la fois le problème de l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, mais aussi les interrogations liées au fait que l'enfant prend conscience qu'il grandit, et que la frontière entre ce qu'il peut faire ou pas évoluera au fur et à mesure qu'il grandira. C'est subtil et intelligent, j'aime!
Un petit album qui aborde le fait de grandir comme une expérience floue et parfois paradoxale, porté par les illustrations douces et rigolotes de Mélanie Fuentes. Un livre qui explique et rassure!
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L'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur est toujours un bouleversement dans la vie d'un enfant. Et je sais de quoi je parle, car j'ai hérité de deux petites sœurs charmantes, drôles, envahissantes et uniques. Je jette toujours un œil aux productions parlant de fraternité, et j'ai eu un petit coup de cœur pour cet album. Un amour de petite sœur, par Astride Desbordes et Pauline Martin, est paru chez Albin Michel Jeunesse en mars dernier, et c'est un petit trésor.
Le jeune Archibald apprend qu'il va être grand frère. Ce petit garçon à la fois curieux, enthousiaste et dubitatif nous raconte l'arrivée de sa petite frangine à travers ses mots d'enfants, clairs, simples, et pourtant profond.
La petite sœur n'a pas de prénom. C'est "sa" petite sœur, sa place dans la famille est ce qui importe le plus aux yeux du jeune narrateur, qui du coup met en avant sa place à lui, celle du grand frère. Et ce nouveau duo est le moteur de situations jusqu'alors inédites dans la vie d'Archibald. Sa petite sœur prend parfois sa place dans les priorités des parents. Il n'est plus tout seul pour affronter la peur du noir. Et puis surtout, une petite sœur, ça grandit, et les jeux deviennent deux fois plus chouettes!
C'est très simple : le "je" devient "nous", et la vie s'enrichit de moments de complicité, de chicanes et de tendresse. Tendresse d'ailleurs mise en valeur par les illustrations légèrement pastelles et d'une apparente simplicité, fonctionnant en doubles pages, celle de droite complétant toujours le propos de celle de gauche. Les couleurs s'inversent, les mots se complètent, la sœur est tour à tour agaçante, bruyante, complice, étonnante, absente, trop présente et au final, on fait le tour du sujet avec cette petite conclusion touchante:
"Ma petite sœur, j'aimerais bien qu'elle ne grandisse pas trop quand même.
Car ce que je préfère avec ma petite sœur,
c'est être son grand frère."
Un très bel album beaucoup plus riche qu'il n'en a l'air que je conseille non seulement aux parents d'un futur grand frère ou d'une future grande sœur, mais aussi aux amateurs de jolies choses bien dites!
Petite information supplémentaire, cet album est la suite d'un premier, intituléMon amour, des mêmes auteurs, où Archibald questionne sa maman sur l'amour qui relie les parents et les enfants. Je vous le recommande chaudement!
Ahem je prends le challenge Avril en Albums un peu en retard : nous sommes déjà le 19 et les aléas de l'existence m'ont tenue à l'écart de mon blog adoré pendant les trois premières semaines du rendez-vous! Mais qu' cela ne tienne, je compte bien me rattraper dans les dix jours qui restent! A la une, à la deux... C'est parti!
Gaspard fait un caprice comme savent si bien le faire les enfants. Il veut un animal. N'importe quoi. Un poisson, un chinchilla, un canari, un hippopotame... Mais bien sûr, pour ses parents, c'est hors de question. Gaspard insiste. Papa et Maman tentent de rester zen et, le yoga aidant, finissent par trancher: "On ne dit pas non, on ne dit pas oui, on réfléchit." Pas dupe, Gaspard se met à râler quand soudain, son rêve se réalise. Mais oui, ce sont bien des poux qui grouillent sur son crâne! Est-ce qu'il peut le garder?
Je veux un animal de Géraldine Colletet Marie-Anne Abesdris, aux éditions Frimousse, est un chouette petit album sur un sujet quasi-universel : l'amour des enfants pour les petits bêtes et l'obstination dont ils font preuve pour faire céder leurs parents.
Le texte de Géraldine Collet est musical, rythmé, amusant tant à lire qu'à écouter. Une jolie trouvaille qui devraient amuser les petits découvrant la richesse du langage et les grands qui se sentiront obligés de jouer le jeu et adapter leurs voix.
Les illustrations sont hyper colorées : les personnages, dépeints d'une seule couleur qui change selon leurs émotions, sont avant tout des silhouettes faciles à reconnaître et un peu tordues, ajoutant au livre un coté rigolo. Marie-Anne Abesdris a réussi à dépeindre l'agacement, la colère, le calme et la peur avec brio, et l'on tourne les pages avec ravissement devant l'apparente simplicité du texte et des images.
Une chouette petite histoire en forme de fable qui dit presque aux parents de céder : peut-être vaut-il mieux que Gaspard adopte un poisson plutôt qu'il s'amourache de parasites, non? Un album coloré et drôle qui devraient plaire au plus grand nombre.
Et c'est parti pour un mois de fête autour des albums!
Pour la seconde année consécutive, je vous invite à partager, discuter et échanger autour d'un genre littéraire trop peu représenté dans la blogosphère, à nommer l'album. Ce texte hybride, entre histoire, illustration et jeu, est souvent le premier livre que l'enfant tient entre ses mains, et c'est par lui qu'il découvre la littérature. D'une importance considérable et très populaire en médiathèque, il est souvent boudé des chroniqueurs et blogueurs. Avril en Albums, c'est bousculer les habitudes et le mettre au coeur des blogs le temps d'un mois!
Vous voulez participer? C'est toujours possible! Cliquez ici pour accéder au descriptif de l'événement et vous inscrire. Vous n'avez pas de blog? Participez sur les réseaux sociaux avec le hashtag #AvrilenAlbums! Vous avez jusqu'au 10 avril!
Cette année, sur Pilalire, en plus d'une quinzaine de chronique indépendantes, je vais vous proposer quelques interviews et des petits événements pour célébrer ensemble l'album. Restez à l'affût!
Allez, rendez-vous très très vite pour les premiers articles!
Et c'est reparti pour un tour! Je vous avais conviés l'an dernier à la première édition de ce rendez-vous dédié à un genre sous-représenté dans la blogosphère : les albums jeunesse! En 2015, il y avait eu 12 participantes et plus de 92 albums chroniqués. Cette année, j'espère vous lire encore plus nombreux!
Le but? Mettre l'album à l'honneur sur vos blogs et sur la toile le temps d'un mois, du 1er au 30 avril!
Pour découvrir toute la présentation du rendez-vous, les modalités d'inscriptions et quelques conseils et suggestions,cliquez ici! Vous pouvez également y accéder depuis le menu, tout en haut du blog, ou bien via le logo que vous trouvez ci-dessus et dans la barre de liens à droite...
Pour l'édition de cette année, je vous concocte plusieurs petites surprises! Des chroniques, bien sûr, mais aussi des sélections, des découvertes, des interviews... Et plus encore!
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Oh, j'oubliais...
J'offrirai un bel album aux trois premières personnes
qui m'enverront à pilalire@gmail.com
la liste des noms des 9 illustrateurs et illustratrices
représentés dans le logo de cette année!
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Fêtons tous ensemble la richesse de l'album et rendez-vous le premier avril pour le début des festivités!
Aujourd'hui, je vous parle d'un autre futur grand classique, Je veux mon chapeau de Jon Klassen, paru chez Milan en 2012.
Un ours complètement désemparé ignore où son chapeau a pu passer. Il interroge alors les habitants de la forêt, histoire de savoir si quelqu'un a vu passer son chapeau. Mais le malfrat se trouve peut-être parmi les animaux interrogés...?
Ce qu'on adore dans cet album, c'est l'apparente simplicité du récit. L'ours, sur la page de gauche, interroge un autre animal, et la page de droite est consacrée au texte. Le fond, blanc, et les couleurs neutres permettent de vraiment mettre en avant les regards échangés entre les protagonistes et le texte qui appelle une lecture à voix haute.
Jon Klassen joue ici avec la répétition, créant une situation où le lecteur comprend très vite ce qui va se passer à la page suivante, mais aussi avec le petit détail qui va bouleverser cette attente du lecteur et provoquer la curiosité et le rire. C'est fin, ça n'a l'air de rien mais c'est très, très efficace!
Cet album aux personnages stoïques, un peu benêts, fait des merveilles chez les petits comme chez les grands. A lire à voix haute (j'insiste!) pour plus de rires.
Benjamin Lacombe est l'un des illustrateurs incontournables de la dernière décennie. Son style particulier, tout en enfants pâles aux grands yeux, habité d'animaux plus ou moins morbides, avec une atmosphère oscillant entre le merveilleux et le gothique, a profondément marqué le monde éditorial de ces dernières années. Comme beaucoup de gens, j'ai succombé pendant un temps à ce trait particulier, et même si aujourd'hui je commence à penser que ce monsieur a un peu de mal à se renouveler, je chéris encore avec tendresse les quelques albums que je possède. Blanche Neige en fait partie.
Lacombe revisite ici le conte, version frères Grimm, lui redonnant tout son côté sombre et inquiétant. Les couleurs sont très foncées ; les touches de rouge, parcimonieuses, rappellent sans cesse la couleur du sang ; la mort rôde à chaque page, sous la forme de corbeaux, de pommes empoisonnées ou d'ombres entre les arbres... C'est un très bel album qui montre le côté face des contes, celui que tant d'éditeurs, professeurs ou prescripteurs tentent de gommer de peur d’effrayer les enfants. Ce côté sombre qui, pourtant, a en partie fait le succès de l'histoire!
Blanche Neige de Benjamin Lacombe est donc un très bel objet pour ceux qui, comme moi, aiment lire les contes tels qu'ils ont été écrits. Le petit plus de cette édition, c'est que Lacombe et ses éditeurs ont décidé de conserver des détails souvent mis de côté dans les réécritures de Blanche Neige, comme les animaux qui se ruent sur elle dans la forêt pour la recouvrir de fourrure et la cacher aux yeux du chasseur...
Un petit trésor sombre et délicieux qui ravira les amoureux des belles histoires et qui chérissent la part d'ombre qui réside en chacun de nous.
Libraire spécialisée en littérature de jeunesse, lectrice professionnelle, passionnée, je fais des articles et des vidéos sur la littérature pour les grands et les petits et les coulisses des librairies!