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dimanche 3 janvier 2016

"J'ai souvent eu envie d'être un arbre pour contempler l'humanité avec plus de sérénité."

Et on commence l'année avec un roman percutant, qui vous donne envie de tout plaquer pour recommencer à zéro au milieu des grands espaces. Dylan Dubois, sorti en novembre dernier, est un roman paru dans la collection Exprim', aux éditions Sarbacane, écrit par Martine Pouchain.

Après un an en foyer, Dylan, un garçon de 16 ans tendre et solitaire, rentre chez lui... où une surprise l'attend : son père a remplacé sa mère, partie trois ans plus tôt. A priori, Dylan n'a rien contre Cynthia, sa séduisante belle-mère. Sauf quand elle met son chien Rusty dehors "parce qu'elle ne supporte pas son odeur". Et puis, Dylan ne comprend pas pourquoi son père mute caniche dès qu'elle le siffle... Mais le pire, c'est quand il comprend. Cynthia n'est pas juste une belle-mère désagréable : c'est une machine à démolir les gens. Dylan n'a plus qu'une issue : se tirer avec Rusty. Direction la forêt!

Je me lançais dans cette lecture avec confiance et sérénité : j'avais adoré Les Petites Reines et Quelqu'un qu'on aime, deux autres romans parus cette année dans la même collection, et je dois avouer que mon a priori se muta en certitude : la collection Exprim', c'est de la bonne.

Ce que j'ai d'abord admiré, c'est l'exactitude avec laquelle Martine Pouchain plonge dans des sacs de nœuds en apparence inextricables, qu'il faudrait prendre des mois pour en expliquer l'origine, et réussit à nous résumer en quelques mots des situations délicates. Quiconque connaît le poids écrasant des vérités qui se taisent reconnaîtra le talent de l'auteur à rendre dans toute sa complexité l'horrible angoisse des tensions familiales qui s'éternisent.

Car Dylan n'a pas de foyer stable. Sa famille a explosé comme un miroir sous un trente-trois tonnes. Il rentre après un an loin de son père pour le retrouver certes moins dépendant de l'alcool mais intoxiqué par une femme destructrice et manipulatrice. Mais Dylan est intelligent, il s'imprègne de lectures et se saoule de longues promenades dans la nature, loin des hommes et de leur attirance pour se faire du mal. Jusqu'au jour où sa future belle-mère, dans un coup de grâce finement joué, réussit à le faire quitter la maison. Il s'enfonce alors, en compagnie de son meilleur ami, son chien Rusty, dans la nature et marche à travers la France pour, peut-être, trouver sa place chez sa mère. 

Dylan, c'est celui qui veut revenir à l'essentiel : manger à sa faim, se contenter de peu, cultiver les relations saines et enrichissantes, se rapprocher de la nature. Par sa soif de grand air et sa fuite désespéré d'un foyer où ne l'attend que le malheur, il finit par se détacher de ce qui le coinçait dans l'enfance et marche d'un pas sûr vers l'adulte qu'il veut devenir. Ses rencontres le confortent et le réorientent dans son choix. Ce road-trip en forme de randonnée vagabonde sera sa délivrance et le meilleur moyen de se trouver.

J'ai adoré ce voyage. Accompagner Dylan sur la voie de son futur pousse à s'interroger sur ce qui fait l'essence de notre vie. Doit-on courir derrière les diplômes? Dépendons-nous vraiment des autres? Qu'est-ce que l'amour? Que faire du sac à dos familial que nos parents nous refilent à leur insu à la naissance?

Un beau roman rafraîchissant et intelligent sur l'émancipation et l'acceptation de soi. Deux thèmes qu'on retrouve également dans Les Petites Reines et Quelqu'un qu'on aime, et je pense que ce serait très intéressant de comparer les messages véhiculés par ces trois romans si semblables et pourtant différents. Je m'en chargerai peut-être un de ces quatre!

 
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3 commentaires :

  1. Je n'avais jamais entendu parler de ce roman, et maintenant j'ai extrêmement envie de le lire !

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    1. Ma mission est donc accomplie! :D Tu me diras ce que tu en auras pensé!

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  2. Mince! Je suis la collection Exprim' avec attention et je n'ai pas vu ce livre passé devant mes yeux!!!! (La faute à notre méli-mélo d'office et de commandes à passer avant fin novembre en vitesse...)
    Quand on entend Tibo Bérard parler de sa collection et de sa façon de travailler, tu ne peux que comprendre pourquoi cette collection est fabuleuse! Il travaille avec passion et la qualité s'en ressent!

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