Affichage des articles dont le libellé est illustration. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est illustration. Afficher tous les articles

J'ai participé à la FairyFae Week!

lundi 6 avril 2020

Une fois n'est pas coutume, on va parler dessin par ici! J'avais envie d'un petit challenge d'illustration pour remettre le pied à l'étrier après un début d'année cataclysmique, et je suis tombée par hasard sur la FairyFae Week sur Instagram. Moi qui adore tout ce qui se rapporte au folklore et aux contes de fée, j'ai vite été séduite!

C'est un challenge qui a été présenté et géré cette année par 11 artistes dont Eve Pierrelune, que je suis depuis quelques temps. Le challenge courait sur une semaine, du 30 mars au 5 avril. Le principe est simple : pendant une semaine, chaque jour, on doit choisir entre deux thèmes, l'un plutôt côté lumière, l'autre plus côté ténèbres, et faire une illustration en rapport avec ce thème. Cette année les thèmes étaient centrés autour de personnages typiques qu'on retrouve souvent dans les contes traditionnels. Voici la liste si vous voulez la découvrir!

J'avais très envie de quelque chose d'un peu plus stylisé que ma façon de dessiner habituelle, et j'avais aussi envie de donner à la série une cohérence inspirée des motifs slaves, comme ceux qu'on peut voir sur les jolies poupées russes. J'ai voulu faire une clique entièrement féminine aussi, pour changer un peu!

Sans plus attendre, voilà mes 7 dames et demoiselles, avec, à chaque fois, un petit texte qui explique la petite histoire derrière le personnage. Tous les dessins ont été réalisés avec des aquarelles Colorex, des crayons de couleurs FaberCastell - Polychromos et des feutres à peinture blanche Molotov.

Jour 1 : La sorcière du village



Pour cette première illustration, j'ai choisi de faire une sorcière sympathique mais malicieuse. C'est une des plus vieilles femmes du village, elle ne fait que des potions domestiques et des sortilèges pour soulager la vie rude de ses voisins, mais elle adore faire peur aux enfants et s'amuse à leur jouer des tours. On la trouve la plupart du temps à son jardin ou penchée au-dessus de ses marmites, et on peut compter sur elle pour sa sagesse, ses remèdes et ses histoires drôles.

Jour 2 : la Paria



Cette jeune fille a dû grandir à la dure, en survivant comme elle le pouvait, seule, en dehors du village. Elle n'a peur de pas grand chose, et n'hésite pas à entrer dans des bagarres avec les enfants du voisinage qui lui prêtent toutes sortes de maladies et de malédictions. En vérité, elle a toujours dû se débrouiller toute seule et ne ressemble pas aux habitants de cette région. Elle a l'habitude de leur méfiance et a pour l'ensemble de ces gens beaucoup de mépris. Si les personnages de cette semaine faisaient partie d'un conte, je crois qu'elle en serait l'héroïne.

Jour 3 : la Harpie



La harpie est au cœur de beaucoup d'histoires au village. Cette femme difforme, affublée d'ailes de vautour et de serres grandes comme des bras, suscite la crainte et l'excitation lors des veillées au coin du feu. On dit qu'elle arrache les cœurs encore battants des hommes qui s'approcheraient de sa tanière, ou que son cri fait moisir les cultures sur pied. On est souvent cruel avec les femmes qui arrivent à se débrouiller seules, loin des maisons et des champs. Il se trouve que la harpie est surtout une femme indépendante, taciturne et incollable sur les animaux, les plantes et les esprits des bois. Elle parle peu et n'enlève jamais son masque, cultivant les légendes sur sa personne, plus efficaces que n'importe quelle muraille pour éloigner les opportuns. 

Jour 4 : l'Oracle



L'Oracle vit sur le sommet de glace qui surplombe toutes les autres montagnes. Il est difficile de la rencontrer, car elle n'adresse ses visions qu'à ceux qu'elle estime dignes de son savoir. Pour qu'elle accepte de partager son don, on essaie de la couvrir d'or et de bijoux, de lui offrir des soies venues du bout du monde ou des animaux extraordinaires volés à des natures exotiques. Elle recueille les animaux et porte les bijoux, mais ce n'est que pour une âme pure et un cœur honnête qu'elle ouvrira son troisième œil. Le visiteur verra alors tous les choix qui s'offrent à lui et connaîtra les prix à payer pour arriver à destination.

Jour 5 : la Renarde



Cela fait longtemps que les animaux et les hommes vivent côte à côte sans vraiment se côtoyer, mais la Renarde a la mémoire d'un temps ancien où ils vivaient en harmonie. Quiconque a sauvé, soigné ou épargné un animal dans sa forêt pourra recevoir sa nourriture, ses cadeaux et ses conseils avisés. Elle est toujours richement vêtue, et son immense tanière s'étend comme un palais sous les buissons et les fougères. Curieuse, courageuse et rusée, elle peut aussi se montrer impitoyable et inviter toute sa meute à dévorer les malotrus et les imbéciles. (C'est mon dessin préféré de la série <3)

Jour 6 - la Fée Marraine



Ceux qui ont une fée pour marraine savent que c'est à la fois un précieux cadeau et une malédiction. Elles vivent si longtemps qu'elles oublient souvent leurs protégés et ne font qu'une ou deux apparitions dans leurs vies de mortels. Mais quand elles apparaissent, c'est avec des cadeaux merveilleux qui permettent souvent de changer le destin de leurs filleuls. Un anneau d'or qui rend invincible, des sandales d'argent pour courir plus vite que le vent ou un diadème d'étoiles pour y voir en pleine nuit... Elles récompensent systématiquement les justes et les braves et aident à forger les grandes légendes.

Jour 7 : le démon



Le démon s'insinue dans la vie des villages en frappant les plus innocents : les enfants. Il se glisse dans un jouet discret et populaire et attend de tomber entre les mains d'un enfant malheureux. Alors il s'insinue dans son esprit, joue avec ses rêves et ses peurs, jusqu'à ce que l'enfant lui appartienne et sème le chaos dans son sillage. Il est impossible de se débarrasser du démon sans sacrifier l'enfant, et ces drames laissent dans l'esprit des survivants un goût de cendres et un profond chagrin. Il est le mal à combattre dans ma petite histoire et celui contre lequel l'héroïne partira en quête d'un remède.

Ça vous a plu?

Mes doigts me démangent et j'ai très envie d'écrire un conte qui met en scène tous ces personnages, mais je préfère vous avertir que c'est une idée en l'air et que je n'ai absolument aucune certitude que cela se fera. En attendant, j'ai adoré ce challenge et je suis assez fière de l'avoir terminé! Quelle est votre illustration préférée? Y a-t-il un conte traditionnel qui vous a beaucoup marqué?

Une nouvelle année commence!

mercredi 1 janvier 2020

illustration-pilalire-bonne-annee-sorciere

Non, vous ne rêvez pas! On essaie de reprendre du poil de la bête par ici. J'espère que tout ce que je vous prépare vous plaira! Je vous souhaite une année 2020 pleine d'épanouissement et de moments tous doux. A très vite pour de nouvelles aventures!


Préparez-vous pour Avril en Albums 2017 + Concours!

vendredi 24 février 2017


Pour la troisième année consécutive, j'ai le plaisir d'organiser une nouvelle édition du rendez-vous Avril en Albums que j'ai lancé en 2015! Le principe est très simple : il s'agit, pendant tout le mois d'avril, de mettre à l'honneur les albums jeunesse sur la blogosphère! Ce genre riche, innovant, poétique et sans cesse renouvelé est rarement évoqué sur les blogs, aussi j'espère que vous serez cette année encore plus nombreux à vouloir faire découvrir de jolies pépites!

Vous pouvez vous inscrire en cliquant ici et en laissant un commentaire. Vous pouvez aussi nous rejoindre sur le topic dédié sur Livraddict. J'organise également un mini-swap autour des albums sur le forum, cliquez ici si ça vous intéresse!

J'ai d'ores et déjà prévu tout un tas de petites chroniques, de vidéos et de surprises, mais histoire de vous mettre l'eau à la bouche, je vous propose un petit concours!

Comme chaque année, votre défi, est de me donner les noms des 9 illustrateurs dont j'ai utilisé les images pour bâtir le logo de cette année! Cette fois-ci, je vous ai grandement simplifié la tâche : il s'agit soit de très grands noms de l'album, soit d'artistes que j'ai déjà chroniqués sur ce blog ;)

Pour participer, c'est très simple : envoyez-moi la liste la plus complète possible à pilalire@gmail.com (pas en commentaire pour éviter la triche!) accompagné d'un thème, d'un sujet de livre qui vous tient à cœur. Vous pouvez participer jusqu'au 12 mars 2017 minuit. Le concours est ouvert à l'international!

Les lots? Les 3 participants avec le plus de noms corrects dans leur liste remporteront chacun un album que je choisirai spécialement pour eux en fonction du thème choisi dans leur mail de participation! (de vrais albums grand format cartonné, pas des versions de poche ;) )

Si d'aventure je recevais douze millions de mails avec les listes complètes, je procéderai à un tirage au sort parmi ceux-ci!

Je suis super excitée et j'ai déjà une liste d'albums longue comme le bras à vous proposer... Vivement avril! J'espère que vous serez nombreux à participer, d'ici là je vous fais de grosses bises!

"Si les dieux ont jamais existé, ils nous ont abandonnés depuis longtemps!"

mercredi 6 juillet 2016

Selon de vieilles légendes, il existerait un monde au-delà de la matière. Un monde constitué d’êtres lumineux, sans lesquels cette matière resterait inerte. Ainsi, quand les territoires du Nord, jadis fertiles et florissants, se muent en terres arides où plus rien ne pousse, ces légendes resurgissent et les regards se tournent vers les dieux anciens... Jeune garçon dans la fleur de l’âge, Nils, accompagné de son père, tente d’élucider ce mystère. Il rencontre ainsi ces êtres lumineux, les âmes de la nature qui le guident jusqu’à un royaume voisin à la technologie avancée... Une quête qui bouleversera son existence.

zzzzzzzzLa collection Métamorphose de chez Soleil regorge souvent de petits trésors, et Nils ne déroge pas à la règle. Nous voilà plongés dans un univers mi-heroic fantasy, mi-merveilleux, mi-science-fiction (oui, ça fait trois demies, bravo Hermione, cinq points pour Gryffondor), où nous suivons les aventures du jeune Nils et de son père. Le monde dans lequel ils vivent est frappé d'un malheur : plus rien ne pousse, plus rien ne naît, la nature s'éteint petit à petit. Le père de Nils, le savant du village, a décidé de partir explorer les territoires alentours pour essayer de trouver la cause de ce fléau. Il promet à son fils qu'ils en profiteront pour lui trouver un faucon, animal de compagnie fidèle et chasseur hors paire dont rêve Nils depuis longtemps.


Ce voyage initiatique prend évidemment des allures très classiques au premier regard : le jeune héros insouciant se retrouve malgré lui embarqué dans des aventures qui le dépassent, à devoir affronter des ennemis et surmonter des obstacles auxquels rien ne le préparait. Mais toute la force de ce récit mené par Jérôme Hamon réside dans l'univers qu'il a bâti et dans les personnages qu'il a construits. De l'espiègle Nils, Alba l'effrontée ou Ruben le clairvoyant, ils sont tous très attachants. Leurs personnalités les rend tout à fait crédibles et on s'étonne de découvrir que la bande dessinée ne fait que 52 pages, tant on a l'impression de bien les connaître.


On ne s'étonnera pas d'apprendre qu'un tel récit s'attaque au thème de la nature face à la technologie, sujet ô combien traité dans la littérature, mais qui prend ici un petit air à la Myiazaki (décidemment, il est partout, celui-là!) rafraîchissant, teinté d'épique. Antoine Carrion illustre avec talent le récit. Vous connaissez mon amour des belles images ; je suis tombée sous le charme de ce récit aux teintes froides et dures, au dessin ciselé et au découpage précis et dynamique.


Certes, ce tome est avant tout un tome d'introduction qui a pour mission de poser les bases de cet univers et de lancer les aventures de Nils et ses compagnons, mais il promet de belles choses pour la suite. Une superbe découverte que je ne saurais trop vous conseiller!


Vous avez aimé cette chronique? Vous devriez aimer:

 

Avril en Albums 2016 - début des inscriptions!

mardi 1 mars 2016


Et c'est reparti pour un tour! Je vous avais conviés l'an dernier à la première édition de ce rendez-vous dédié à un genre sous-représenté dans la blogosphère : les albums jeunesse! En 2015, il y avait eu 12 participantes et plus de 92 albums chroniqués. Cette année, j'espère vous lire encore plus nombreux!

Le but? Mettre l'album à l'honneur sur vos blogs et sur la toile le temps d'un mois, du 1er au 30 avril!

Pour découvrir toute la présentation du rendez-vous, les modalités d'inscriptions et quelques conseils et suggestions, cliquez ici! Vous pouvez également y accéder depuis le menu, tout en haut du blog, ou bien via le logo que vous trouvez ci-dessus et dans la barre de liens à droite...

Pour l'édition de cette année, je vous concocte plusieurs petites surprises! Des chroniques, bien sûr, mais aussi des sélections, des découvertes, des interviews... Et plus encore!

*
Oh, j'oubliais...
J'offrirai un bel album aux trois premières personnes
qui m'enverront à pilalire@gmail.com
la liste des noms des 9 illustrateurs et illustratrices
représentés dans le logo de cette année! 
*

Fêtons tous ensemble la richesse de l'album et rendez-vous le premier avril pour le début des festivités!

"Un fume-cigare, un crochet, de la poudre à canon..."

samedi 9 janvier 2016

On continue dans la douceur et l'observation avec un livre un peu particulier, à la fois album, imagier et livre-jeu, le très joli Dans les poches d'Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres... d'Isabelle Simler, paru en août 2015 aux éditions courtes et longues.

Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres… 
Nous connaissons leurs aventures. Mais une question se pose : que cachent nos personnages préférés au fond de leurs poches? Isabelle Simler s’est amusée à toutes les vider. Saurez-vous retrouver à qui elles appartiennent?

Préparez-vous à découvrir quelques-unes des plus belles histoires au monde sous un nouveau jour…

L'idée est à la fois simple et géniale : et si nous vidions les poches des héros les plus populaires de la littérature pour découvrir les petits objets ordinaires qui appartiennent à ces personnages extraordinaires?

Chaque double-page s'ouvre sur plusieurs objets dessinés avec le réalisme et la minutie des livres scientifiques ou des panneaux utilisés dans les leçons de choses. Le travail est soigné, délicat, et ces objets si communs (un clou, une allumette, une montre), assemblés ensemble finissent par composer un tableau familier.

Le jeu est double, et tout le monde peut participer, lecteurs ou non. Le petit essaie de reconnaître les objets et de faire le lien avec l'histoire dans laquelle on peut tous les trouver, et le moins petit peut s'aider d'un texte en forme d'inventaire à la Prévert, poétique et concis, pour trouver le propriétaire de ces petits bouts d'histoire.


L'ouvrage est épais et ce sont pas moins de 42 personnages qu'on peut retrouver. C'est un livre qu'on feuillette encore et encore, qui fait découvrir de nouvelles histoires et redécouvrir celles qu'on connaît déjà, inépuisable dans ses nombreux détails.

Hihi!

En bref, un superbe objet qui ravira tant les amoureux des histoires que les novices ayant soif de découvertes! Pour en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur le blog de mon amie Camille qui a réalisé un superbe article sur ce livre ainsi qu'une interview d'Isabelle Simler. Cliquez cliquez!

"...aussi longtemps que les enfants seront joyeux, innocents et sans cœur."

dimanche 13 décembre 2015

Je sais, je sais. Je commence à doucement vous gonfler avec retours perpétuels vers Peter Pan (là, ici, de ce côté ou encore là). Je sais. Mais là, il fallait que je vous parle. Parce qu'il y a un petit bijou qui vient de sortir chez Milan, et le travail sur cette adaptation est tellement remarquable que je ne pouvais pas ne pas vous en parler. Je vous le promets, ça vaut le coup. Jugez plutôt!

Peter Pan enlève Wendy et ses frères. Il les conduit au Pays Imaginaire où il règne en maître sur les enfants abandonnés. La lutte contre le Capitaine Crochet est sans merci. La jalousie de la fée Clochette est sans pitié pour Wendy... Et le dévouement de Wendy pour les enfants sans mère est sans limite.

Bon, on va commencer par parler de l'adaptation du texte, réalisée par Maxime Rovere qui a fait un excellent travail. Toutes les scènes clés du roman Peter & Wendy s'y trouvent, ponctuées par des phrases reprises quasiment telles quelles du texte original. C'est rafraîchissant et très agréable de voir que l'adaptation en album ne s'est pas faite au détriment de scènes importantes au récit comme c'est parfois le cas!

Mais la richesse de ce magnifique livre réside dans ses illustrations. Alexandra Huard a fait des merveilles. Les couleurs sont chaudes, vives et pleines, on sent le travail traditionnel de la peinture sur le papier. Ça foisonne de détails, c'est un véritable régal pour les yeux. 

Mais le talent d'Alexandra Huard ne s'arrête pas là, car elle s'est énormément documentée sur la genèse de Peter Pan et les différentes versions qu'il y eut pour réaliser ses illustrations. Elle a véritablement voulu faire apparaître les petits détails laissés de côté dans l'adaptation du texte pour que l'image complète le récit le plus fidèlement possible. En croisant le texte du roman et ceux, antérieurs, de la pièce de théâtre et de Peter Pan in Kensington Gardens, elle a pu rendre toute la complexité et la richesse d'un récit dont la profondeur est trop souvent méconnue. Ainsi, l'île du Jamais a des airs d'île des Caraïbes où les micro-climats se côtoient, l'auteur ayant lu des récits de navigateurs et les fictions de Stevenson. 


La boucle que forment les différentes communautés vivants sur l'île du Jamais, se chassant les uns les autres dans une espèce de ronde perpétuelle, est merveilleusement représentée sur cette double-page, où Alexandra Huard a voulu ajouter un détail qui n'apparaît pas dans le roman mais dans la pièce de théâtre : celui selon lequel les saisons occupent chacune une zone de l'île. Admirez plutôt.


Ou encore, l'album s'ouvre non pas sur une scène dans la nursery des enfants Darling comme il est très souvent le cas, mais sur une scène de jeux et de promenade dans Kensington Gardens, le parc où Barrie rencontra la famille Davies en promenant son énorme chien Portos, lieu où naquirent Peter, Crochet et tout l'univers de Peter Pan.


Ajoutons à tout cela que Peter ne sourit quasiment pas sur aucune des illustrations, le visage couvert de peintures de guerre lui conférant l'air féroce et malicieux qui lui sied à merveille, que Crochet a parfois les yeux rouges (et le crochet au bras droit, merci!), et il ne m'en fallait pas plus pour tomber amoureuse. 

Cet album merveilleux est l'outil idéal pour découvrir une version courte mais riche, fidèle au texte original, agrémentée d'illustrations soignées et, comme vous avez pu le constater, grouillant de clins d’œil et de détails. Un petit bijou à glisser sans aucun remords au pied du sapin.

Je vous invite expressément à découvrir les trois articles réalisés par Alexandra Huard sur son blog, ici, ici et là, où elle raconte en détails l'origine de Peter Pan et le travail réalisé autour de l'illustration de cet album. C'est fascinant! Merci pour ce trésor!

"La vie ainsi tournait rond, de saison en saison..."

lundi 12 octobre 2015

C'est la semaine des albums on dirait. Celui-là est une nouveauté, une jolie découverte et un livre que je feuillette presque tous les jours. Aujourd'hui, je vous présente Le Meunier Amoureux d'Alice Brière-Haquet et Amélie Videlo, paru en août dernier aux éditions Sarbacane.

Au moulin, les saisons se suivent et la vie tourne rond. Le meunier sème, récolte, mouline, pétrit et retourne semer. Mais un matin, des chardons bleus ont poussé dans son beau champ de blé blond ! Et le jour suivant, du liseron blanc, puis des pissenlits, des marguerites… Le meunier se poste à sa fenêtre et dans les rayons de lune, il découvre le pot aux roses : une fille profite de son sommeil pour semer des mauvaises graines… Vite, un plan ! Le meunier tend un piège à la fille : sauf que tel est pris qui croyait prendre !

Cet album est un livre dont l'apparente simplicité regorge de trésors de significations et de niveaux de compréhension. Alice Brière-Haquet nous livre un texte plein de poésie, tout en rimes et finesses, pour nous parler d'un brave travailleur acharné dont le quotidien est peu à peu chamboulé par une douce rêveuse et ses grains de folie. Au-delà d'un message conseillant un peu de fantaisie dans un train-train parfois envahissant et aliénant, c'est également une jolie métaphore de l'amour naissant, qui sème ses petits grains partout dans le cœur avant de fleurir et d'envahir la poitrine.

Mais les illustrations d'Amélie Videlo vont encore plus loin. Le plan est toujours le même : le champ, le moulin et en arrière plan, la forêt. Page après page, on voit le meunier s'occuper de son champ parfait, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, le visage dur et concentré. Et plus les pages se tournent, plus le temps passe et plus le paysage change...


Le temps passe, les saisons se succèdent, le crépuscule, le jour, la nuit. Tous les petits détails (les animaux, les feuilles des arbres, les étoiles) donnent à chacune des doubles pages une atmosphère bien particulière que l'on reconnaît pourtant au premier coup d’œil, car nous nous sommes tous un jour promené dans la nature en fleurs ou extasié devant un coucher de soleil. Le temps passe aussi sûrement que les ailes du moulin tournent, amenant avec lui petits changements et grandes révélations, intrus discrets et jolie jardinière.

C'est un superbe album sur le temps qui passe, le monde qui change petit à petit, l'amour qui naît graine par graine, les jours qui se répètent à l'identique tout en apportant chaque matin une petite surprise, les jolies choses simples du quotidien qu'il faut apprendre à voir et apprécier.

"Un petit bêêê, deux gazouillis, trois piétinements assourdis."

mercredi 7 octobre 2015

Avec mon cher Lapin Blanc, nous nous sommes promenés dimanche dernier au petit salon Folie des Livres qui avait lieu à Thorigné-Fouillard, un salon présentant les travaux de petites maisons d'édition. Comme toujours dans ces salons, il y avait de tout, du très amateur à du très professionnel. Et là je vous parle d'un petit coup de cœur, paru aux éditions Les Minots, La nuit des doudous.

Quand vient la nuit... Grand-père serre contre lui des doudous moutons, maman et papa ont des canetons plein les bras... Quant à tante Alberte, elle ronfle, bouche ouverte, enfouie dans ses pingouins! Quelle histoire! D'autant plus que les doudous réveillés vont s'embarquer avec l'enfant de la maison pour un voyage mouvementé... à travers les étoiles!

Sur un texte très poétique d'Hélène Suzzoni, on suit un jeune garçon qui malgré le nombre de nuages qu'il compte ne parvient pas à s'endormir. Il découvre alors sa maison la nuit et les jolis doudous qui accompagnent les membres de sa famille dans leur sommeil, avant de s'embarquer avec eux dans une folle équipée à travers le ciel.

Ce qui a attiré mon œil, évidemment, ce sont les illustrations de Lucie Vandevelde, colorées, délicieusement détaillées, tout au crayon de couleurs. J'ai eu un véritable coup de cœur pour son travail et sa façon de répondre avec onirisme, tendresse et humour au texte de Suzzoni. Je pense aller la voir au Salon du livre jeunesse de Montreuil pour lui bafouiller à quel point j'ai craqué.


La nuit des doudous est une invitation au rêve, où l'on suit les yeux grands ouverts, page après page, le voyage d'un enfant aux portes du sommeil voguer sur des océans d'étoiles et de rêves colorés. Un petit bijou de chez Les Minots à découvrir pour tous ceux fascinés par la porte qui sépare la réalité et le rêve.

Les images et extraits sont tirées du blog de Lucie Vandevelde.

Dessin du mois - Le Petit-déjeuner parfait

dimanche 6 septembre 2015

Bon ce mois-ci je triche un peu, je vous met une illustration que je n'ai pas faite spécialement pour le blog... Mais c'est tiré d'un livre! Et pas n'importe lequel : Harry Potter! Donc ça passe? Vous me pardonnez? Voilà le bébé:

Aquarelle, feutres et crayons de couleur, format A4.

Et oui! Ce sont Minerva McGonagall et Albus Dumbledore profitant d'un chouette petit déjeuner dans la tour du directeur, sous le regard paisible de Fumseck. J'imagine la scène pendant les vacances d'été, quand le château est vide et qu'on peut s'y promener en robe de chambre.

Ce dessin est le premier d'une série sur laquelle nous avons décidé de travailler avec mon amie Agatha. Nous voulions mettre à l'honneur les belles histoires d'amitié dont la saga est remplie. Nous nous sommes donc donné chacune dix paires de potes potteriens (dites-le de plus en plus vite) dessiner, avec, à chaque fois, cinq éléments à caser par dessin. Ici, je devais absolument inclure Fumseck, des bonbons au citron, une souris mécanique, une théière et une grande plume.

Agatha avait déjà réalisé un premier dessin il ya trois ans, c'est vous dire à quel point je suis en retard. Je lui avais imposé Lavande Brown et Parvati Patil en pleine soirée pyjama, voilà ce qu'elle avait fait:

Cliquez pour voir en plus grand!

Voilà donc ma première participation. Qu'en pensez-vous? y a-t-il des personnages que vous adorez et dont vous regrettez qu'on ne les voie pas plus souvent sous le crayon des fanartistes? Quelles amitiés préférez-vous dans la saga?

Dessin du mois - Снежная королева

samedi 1 août 2015

AHEM. J'avais lancé les Dessins du mois en mai, et je n'en ai pas refait depuis. J'essaie, j'essaie! Promis! Et vu que nous sommes désormais en août, que c'est l'été, les vacances, qu'il y a un grand soleil et des gens bronzés partout, c'est tout naturellement que je vous ai fait le portrait de la Reine des Neiges.

NON JE VOUS ARRÊTE TOUT DE SUITE, pas celle qui se dandine en robe moulante au sommet de la montagne pour se libérer des interdits, la vraie, celle qui fout la trouille et qui kidnappe des enfants.


"Le soir, le petit Kay, à moitié déshabillé, grimpa sur une chaise près de la fenêtre et regarda par le trou d'observation. Quelques flocons de neige tombaient au-dehors et l'un de ceux-ci, le plus grand, atterrit sur le rebord d'une des caisses de fleurs. Ce flocon grandit peu à peu et finit par devenir une dame vêtue du plus fin voile blanc fait de millions de flocons en forme d'étoiles. Elle était belle, si belle, faite de glace aveuglante et scintillante et cependant vivante. Ses yeux étincelaient comme deux étoiles, mais il n'y avait en eux ni calme ni repos. Elle fit vers la fenêtre un signe de la tête et de la main. Le petit garçon, tout effrayé, sauta à bas de la chaise, il lui sembla alors qu'un grand oiseau, au- dehors, passait en plein vol devant la fenêtre. 
[...] Les flocons de neige devenaient de plus en plus grands, à la fin on eût dit de véritables maisons blanches ; le grand traîneau fit un écart puis s'arrêta et la personne qui le conduisait se leva, son manteau et son bonnet n'étaient faits que de neige et elle était une dame si grande et si mince, étincelante : la Reine des Neiges." 
Hans Christian Andersen, La Reine des Neiges 
Tiré de ce site Internet (cliquez pour lire)
Bon, au crayon de couleur, c'est un peu délicat de rendre le côté "flocon scintillant", mais à part ça je suis très contente de son air froid, hautain et inquiétant. La Reine des Neiges est un conte très long comportant plusieurs chapitres, mettant avant tout en scène les aventures de la jeune Gerda partie à la recherche de son ami Kay, enlevé par la Reine des Neiges en plein hiver. Elle traverse des tas d'épreuves initiatiques : elle reste un long moment chez une sorcière sans se rendre compte du temps qui passe, elle est enlevée puis accompagnée par des brigands... Ce long récit dans lequel Gerda finit par retrouver Kay et sauver son cœur de l'éclat de miroir maléfique qui s'y était fiché n'a vraiment pas grand chose à voir avec le film que Disney nous a pondu en 2013. 

J'avais vu sur Canal J quand j'étais petite une adaptation russe de La Reine des Neiges, réalisée en 1957 (!) par Lev Atamanov. J'ai été marquée à vie par ce dessin animé, que vous pouvez regarder ici:


Et parce que j'adore le conte original, le film d'Atamanov et que le projet de Disney était à l'origine de faire un film avec une vraie méchante en personnage principal, je n'ai pas aimé le film autant que d'autres. Les studios avait déjà commencé à travailler sur une première version de l'adaptation du conte d'Andersen en 2000, et voilà à quoi elle aurait pu ressembler.

Toute la difficulté, je pense, a été de faire de l'antagoniste le personnage central, et difficile de rendre un méchant sympathique. Les studios Disney ont tenté avec Maléfique ce qu'ils n'ont pas osé faire avec La Reine des Neiges (et j'en suis ravie, parce que Maléfique c'est vraiment cucul et niais et nul). Au lieu de prendre des risques en faisant un long-métrage d'animation controversé, avec un personnage principal aux ambitions peu recommandables, ils l'ont transformé en fable sororale sympathique mais sans grande prise de risque, malgré ce que tout le monde en dit.

D'autant que la Reine du conte d'Andersen fait peur, est hautaine, flippante et glacée, certes, mais c'est un personnage désespérément seul. Attention spoiler : lorsque Gerda retrouve Kay dans le palais de glace de la reine, cette dernière ne s'oppose quasiment pas à la jeune fille, et disparaît au moment où le cœur de Kay se réchauffe auprès de son amie. C'est un personnage hautement mélancolique dont la nature glacée ne recherche que la compagnie d'un enfant. On aurait pu en faire une très belle histoire un peu tragique avec un happy ending très chouette, mais non. BREF, j'ai été déçue :(

Si vous voulez en savoir plus sur le projet de film des années 2000, consultez le site theartofdisney en cliquant ici! N'hésitez pas également à donner votre avis sur le film ou sur le conte, ou bien donnez-moi des idées de fanarts pour les mois à venir ;)

"Parfois, le mou nous surprend. Mais le plus souvent, il ne se passe rien."

mercredi 17 juin 2015



J'ai été absente quelques jours mais ce n'est que pour préparer le meilleur, je vous le promets! Aujourd'hui, pour repartir sur les chapeaux de roue, je vous parle d'un album inclassable, j'ai nommé Les Mous de Delphine Durand, paru aux éditions du Rouergue cette année.

En grande amatrice de WTF et autres délires sans queue ni tête, j'ai été plus que charmée par ce bouquin, entre encyclopédie, mode d'emploi et grand n'importe quoi. Les Mous, créatures en forme de patates et dotées de petites jambes plus ou moins ridicules, existent de toutes les couleurs, à poils longs, à orteils, avec ou sans narines, à lunettes, à jambes longues... De là à dire que chacun peut trouver son mou, il n'y a qu'un pas!

Les Mous sont apparus pour la première fois dans un autre livre de Delphine Durand, Ma Maison, également aux éditions du Rouergue, avec le personnage de Gouniche, un mou à chapeau très sympathique!
Pourquoi devriez-vous mettre le nez dans Les Mous, ce truc un peu taré dont on ne peut pas voir, à première vue, l'intérêt?
  • Parce que c'est drôle : petits et grands ne peuvent que rire face à tant de naïveté et de bêtise. Les situations s'enchaînent, entre scènes descriptives incongrues et zooms sur une caractéristique inutile mais ô combien indispensable de ces petites créatures. 
  • Parce que c'est un livre qui déborde de créativité : mais où Delphine Durand va-t-elle piocher ses idées? A chaque page, elle nous surprend, nous étonne, nous fait rire grâce au décalage qu'elle opère entre l'étude scientifique qu'elle met en place et la créature ridicule (mais attachante) qu'elle met en avant. On ferme le livre avec l'envie d'inventer encore plus de mous, d'en accrocher sur les murs et dans cacher dans les tiroirs!
  • Parce que ça change : dans les rayons jeunesse des librairies, on est assaillis de zombies, de sorcières, de loups, de chiens et de chats, de héros de licences sans cesse remasterisés... Les Mous est un ovni bienvenu, divertissant, qui permet d'ouvrir nos horizons comme ceux de nos enfants!
  • Parce que ça fourmille de détails : on ne se contente pas de nous présenter les mous, c'est une véritable armée de ces petites bêtes qui envahissent les pages! Les détails, le soin apportés aux petits clins d’œil, permettent de passer de longs moments avec les enfants à chercher tous les secrets de la page. Un livre qui crée le dialogue et le jeu en plus du rire, ça se prend, non?

Alors, convaincus? Je vous invite vraiment à découvrir de très chouette livre, que vous feuilletterez avec plaisir plusieurs fois, ravis de découvrir à chaque lecture de petits détails qui vous seront passés inaperçus! 


"Miroir, Miroir sur le mur..."

dimanche 26 avril 2015

Blanche Neige, Benjamin Lacombe
Edité chez Milan

Benjamin Lacombe est l'un des illustrateurs incontournables de la dernière décennie. Son style particulier, tout en enfants pâles aux grands yeux, habité d'animaux plus ou moins morbides, avec une atmosphère oscillant entre le merveilleux et le gothique, a profondément marqué le monde éditorial de ces dernières années. Comme beaucoup de gens, j'ai succombé pendant un temps à ce trait particulier, et même si aujourd'hui je commence à penser que ce monsieur a un peu de mal à se renouveler, je chéris encore avec tendresse les quelques albums que je possède. Blanche Neige en fait partie.


Lacombe revisite ici le conte, version frères Grimm, lui redonnant tout son côté sombre et inquiétant. Les couleurs sont très foncées ; les touches de rouge, parcimonieuses, rappellent sans cesse la couleur du sang ; la mort rôde à chaque page, sous la forme de corbeaux, de pommes empoisonnées ou d'ombres entre les arbres... C'est un très bel album qui montre le côté face des contes, celui que tant d'éditeurs, professeurs ou prescripteurs tentent de gommer de peur d’effrayer les enfants. Ce côté sombre qui, pourtant, a en partie fait le succès de l'histoire!


Blanche Neige de Benjamin Lacombe est donc un très bel objet pour ceux qui, comme moi, aiment lire les contes tels qu'ils ont été écrits. Le petit plus de cette édition, c'est que Lacombe et ses éditeurs ont décidé de conserver des détails souvent mis de côté dans les réécritures de Blanche Neige, comme les animaux qui se ruent sur elle dans la forêt pour la recouvrir de fourrure et la cacher aux yeux du chasseur...

Un petit trésor sombre et délicieux qui ravira les amoureux des belles histoires et qui chérissent la part d'ombre qui réside en chacun de nous.

L'univers de David Sala - {Avril en Albums}

lundi 20 avril 2015

David Sala est sans conteste l'un des illustrateurs contemporains dont j'admire le plus le travail. Issu à l'origine de la bande dessinée (avec des séries comme Replay ou plus récemment One of Us), il a de multiples cordes à son arc et s'est également fait un nom en illustration jeunesse.

Voilà la bibliographie complète de ses albums ; cliquez sur les couvertures pour en savoir plus!

 
 

Inspiré, entre autres, du symbolisme de Gustav Klimt, des estampes japonaises ou encore des miniatures médiévales, il prête son talent à des histoires oniriques en forme de contes. Il collabore beaucoup avec Jean-François Chabas (auteur prolifique pour, entre autres, l'Ecole des Loisirs) et de leurs travaux naissent des albums merveilleux. 

On trouve toujours la nature, qui prend vie à chaque page, multicolore et foisonnante ; on trouve aussi souvent un enfant ou une jeune fille qui dompte ou maîtrise les éléments ; on retrouve enfin et surtout des illustrations extrêmement soignées, pleines de petits détails et riches de significations. Ce sont tous des albums qu'on achète d'abord et surtout pour les images, qui servent merveilleusement bien des textes au goût d'éternité.

Petit florilège d'illustrations empruntées sur le site de David Sala.

Féroce
Le Coffre Enchanté

Le Bonheur Prisonnier

La colère de Banshee

La Belle et la Bête

Folles saisons

Je vous invite à découvrir les superbes albums illustrés par ce monsieur qui arrive, chaque fois, à me mettre des étoiles dans les yeux. De magnifiques objets qu'on garde comme des trésors.

Et vous, y a-t-il des illustrateurs qui vous émerveillent à chaque fois?


 
FREE BLOGGER TEMPLATE BY DESIGNER BLOGS