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"C'est quoi ce MICMAC?"

mercredi 16 mars 2016


Le printemps pointe le bout de son nez, de quoi vous donner des envies de balades en forêt. Et si vous n'êtes pas du genre randonnée, mais plutôt du genre bon bouquin sous la couette, j'ai une lecture pour vous qui swingue sec : Lumberjanes, tout récemment paru chez Urban Comics. Cette BD est écrite, dessinée et réalisée par une équipe de six auteures : Shannon Watters, Grace Ellis et Noelle Stevenson au scénario, Brooke Allen au dessin, Maarta Laiho à la couleur et Aubrey Aiese au lettrage (cliquez sur leurs noms, elles ont de supers sites et tumblr!). Préparez-vous, ça décoiffe!

Elles sont cinq copines inséparables. Unies comme les doigts de la main, elles n'en restent pas moins très différentes les unes des autres. Jo, April, Mal, Molly et Ripley ont pourtant toutes un point commun : le goût pour l'aventure!

Elles s'apprêtent à passer le meilleur été de toute leur vie dans ce camp de vacances. Et rien ne pourra les détourner de leur objectif : devenir de véritables Lumberjanes! Peu importe les attaques de renards à trois yeux, les rencontres improbables avec des yétis perturbés et autres manifestations surnaturelles qui semblent perpétuellement croiser leur route, la bande est prête à relever tous les défis sans jamais oublier sa devise: L’AMITIÉ A LA PUISSANCE MAX!

En voilà un résumé qui donne du pep's, n'est-il pas? Ce comics met donc en scène cinq filles très différentes qui passent l'été dans un camp similaire à ceux des éclaireurs ou des scouts. Mais des choses étranges se traficotent dans la forêt autour d'elles, et vu qu'elles ont la bougeotte, elles se lancent dans la résolution de tous les mystères tapis dans les bois.

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Des yétis, des animaux étranges, des serpents géants des rivières, un temple souterrain caché, des statues qui parlent, des scouts-zombies... Dans ces quatre premiers épisodes, on découvre un univers hyper coloré et dynamique dans lequel le bestiaire étrange et fantastique donne un goût de mystère délicieux. Et il y a de l'humour, partout, tout le temps, que ce soit dans les tronches des personnages, dans leurs répliques ou au cours des scènes d'action.

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Mais ce qui fait le piment de ces aventures forestières, ce sont surtout les cinq héroïnes, grâce auxquelles les auteures se moquent des clichés : on peut être ultra féminine et hyper balèze, garçon manqué et peureuse, sérieuse et aventurière, instruite et pleine d'humour, petite et costaude! Un message hyper positif véhiculé par des petites nanas pleines de ressources, comme on aimerait en voir plus souvent en bande dessinée. En plus, il y a de petits messages discrets et mignons de défense des droits LGBT. Cinq étoiles donc pour une BD engagée et fun!

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La grosse erreur serait de penser que cette série, pensée et réalisée par une équipe de six femmes, où l'on met en scène cinq filles, soit uniquement et seulement destinée aux filles : non. Il y a tout dans Lumberjanes pour plaire à tous les accros du mystère, de l'action et de l'humour. Bref, un joli coup de cœur inattendu pour moi, j'attends la suite avec impatience!

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"Le bruit est proportionnel au silence qui l'a précédé."

dimanche 3 mai 2015

Moi, quand je suis allée voir V pour Vendetta au cinéma en 2006 au cinéma, j'ai pris une belle baffe cinématographique. Tout, du récit à la réalisation en passant par les dialogues ou la musique, m'a marquée. Depuis je commémore tous les 5 novembre avec un petit visionnage de ce film que je commence à connaître par cœur (en plus V a la voix de Jafar, ce qui est forcément über classe). Je vous avais déjà dit qu'il fallait absolument que je le lise, mon chéri me l'a offert à mon anniversaire, et ce fut chose faite. Aujourd'hui je vous parle de V pour Vendetta d'Alan Moore et David Lloyd.




"Londres, fin du XXe siècle : plus personne n'ose résister au "Système". L'œil et l'oreille espionnent, le nez enquête, la bouche désinforme et la main fait régner l'ordre et la terreur. L'Angleterre a pris les couleurs du fascisme. La culture a été effacée. Pourtant quelqu'un ou quelque chose rôde dans les ruelles sombres. Il est vêtu comme un comédien, masqué d'un éternel sourire, cite Shakespeare, sauve les innocents, pose des bombes et préserve ce qu'il reste de la culture dans son musée des ombres. Un anarchiste s'est glissé au cœur du système. Ni comédien ni tragédien, ni bouffon ni fou, ni fanatique ni terroriste, ou peut-être tout cela à la fois, il n'a pour nom qu'une initiale : V. V pour Vendetta. V pour Vengeance. À moins que ça ne soit pas aussi simple que ça..."





La première chose que je me suis dite, c'est que connaître très bien le film m'a beaucoup aidée à suivre l'intrigue. Elle est dense : il y a beaucoup de personnages, pas mal d'allers et venues entre les lieux et les époques, énormément de texte (très bon) et du coup, pour quelqu'un comme moi qui a l'habitude des bandes dessinées plus légères, ça demande pas mal d'attention. 

La mise en scène est spectaculaire. Le moindre zoom, le plus discret des découpages, les quelques fioritures entre les cases, tout a été soigneusement pensé par les auteurs de la série, en faisant de cette histoire un bijou de scénographie.

Si V demeure un personnage énigmatique, on expédie très vite ses origines pour se concentrer sur ses intentions. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un personnage charismatique, intelligent et sans pitié pour les bourreaux. Mais j'ai énormément aimé découvrir que l'oeuvre originale lui laisse une place moins importante au profit d'Evey, la jeune femme qui se retrouve par hasard à aider le terroriste, mais aussi de tous les personnages qui évoluent dans les hautes sphères du gouvernement. Chaque aspect du régime totalitaire est soigneusement disséqué : les rôles prédéfinis par la société desquels on ne peut s'échapper, le manque de libertés, l'impossibilité de s'exprimer, la volonté de tirer profit de la situation, ou au contraire subir en silence en espérant une fin rapide, quelle qu'elle soit.


Je ne suis par contre absolument pas fan du trait de David Lloyd, et encore moins de ses couleurs pâles et vagues. Si les dessins très sombres et les teintes peu pigmentées ajoutent à l'atmosphère pesante et étouffante, ils ont été un vrai répulsif pour moi. J'ai eu l'impression de devoir décoder chaque case pour comprendre ce qui s'y passait, et reconnaître les personnages était parfois un peu ardu. 

Globalement, Moore & Lloyd nous livrent avec V pour Vendetta une fable macabre sur le totalitarisme, l'usage que les puissants font de la peur des faibles, la nécessité de conserver toujours un esprit critique et surtout, croire en la liberté. Un vrai manifeste politique emprunt d'espoir, malgré tout. A nous tous d'être V.
 
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