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Nouvelle vidéo : Le Livre de la Jungle!

lundi 30 janvier 2017

Cela faisait longtemps que me trottait dans la tête l'idée de faire une série de vidéos traitant des classiques de la littérature de jeunesse cachés derrière les films trop connus et les adaptations de notre enfance. C'est quelque chose que j'ai toujours adoré faire depuis que je suis petite et j'ai découvert des textes fascinants, merveilleux, parfois dérangeants, et souvent à mille lieues de l'idée que je m'en faisais. Aussi, voici le premier texte que j'ai décidé de revisiter avec vous : Le livre de la Jungle de Rudyard Kipling, paru pour la première fois en 1894.


J'ai pris énormément de plaisir à faire cette vidéo, aussi, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, ici, sur Youtube ou en privé! :) Quel classique aimeriez-vous redécouvrir avec moi?

Scottish books 2/2

jeudi 21 janvier 2016

Voilà la seconde partie de mon craquage de slip écossais lors de mon passage d'une heure et demie à la librairie Blackwell d'Edimbourg. Cette fois-ci, ce sont quatre ouvrages surprises, dont je n'avais jamais entendu parler et qui m'ont séduite.

Je me suis faite conseillée par le libraire du rayon jeunesse, à qui j'ai demandé de me présenter ses derniers coups de cœur. Les critères étaient les suivants : très bien écrits, récents (donc pas encore traduits) et variés (classés pour les enfants de 7 à 16 ans). Le charmant jeune homme qui était là s'est fait un plaisir et m'en a sorti une douzaine des étagères, je suis finalement repartis avec les trois titres suivants.





Island - Nicky Singer

Le jeune Cameron est obligé de passer plusieurs semaines avec sa chercheuse de mère sur une île au milieu de l'Arctique - île très verte sans un poil de neige. Loin de la civilisation et d'une prise de courant où charger son Ipod, il passe le temps à faire un petit reportage sur l'île. Au même moment, l'esprit de l'ours blanc se réveille et, accompagné de sa petite fille, vont tenter de faire comprendre au jeune blanc que c'est à lui de sauver leur petit monde. Un texte écologique et onirique que j'ai déjà commencé et qui me plaît beaucoup!




Binny for short - Hilary McKay

Dans une famille complètement explosée, sans le sou, où le papa vient de disparaître tragiquement, Binny, 11 ans, essaie de pousser malgré toutes les blessures qui subsistent parmi les siens. Jusqu'au jour où leur tante Violet disparaît à son tour en leur léguant une maison au bord de la plage. La petite famille, petit à petit, va se reconstruire et trouver le chemin pour surmonter leurs malheurs. Le libraire m'a assuré que malgré le thème, c'était très, très drôle et qu'il prévoyait d'organiser un book club avec ses jeunes lecteurs autour de ce livre. Son enthousiasme et la façon dont il caressait la couverture du livre m'ont convaincue!









Tinder - Sally Gardner

Bon là, je vous avoue, j'ai craqué pour le style. Ce roman illustré est une réécriture d'un conte d'Andersen (chut, je sais, j'ai une obsession, j'essaie de me soigner) et le graphisme m'a tellement fait penser à Through the woods que j'avais adoré que je l'ai pris sans réfléchir plus que cela!








Enfin, ce dernier bouquin, c'est mon petit plaisir supplémentaire, celui de farfouiller dans une librairie à la recherche d'un titre inconnu qui va me sauter aux yeux et me donner envie de découvrir. C'est de la littérature pour les grands, et vous allez voir, j'ai bien fait de craquer!




The looking glass house - Vanessa Tait

Ce roman raconte la rencontre de Charles Dodgson, plus connu sous le nom de Lewis Carroll, avec la petite Alice qui lui a inspirée ses aventures farfelues, le tout du point de vue de la gouvernante de la petite fille. Est-ce la couverture qui rappelle Le cirque des rêves, le thème de l'origine d'un conte ou encore le fait que l'auteure soit l'arrière-petite fille de la célèbre Alice en question, quoiqu'il en soit ce bouquin a rejoint mon panier dès que mes yeux se sont posés dessus. Je sens que je vais adorer.






Il faudra aussi que je vous montre toutes les belles choses que j'ai reçues à Noël, mais on va reprendre les chroniques d'abord! J'espère que découvrir ces quatre titres vous a donné envie d'en savoir plus ;)

Scottish books - 1/2

mardi 19 janvier 2016

J'ai fait un merveilleux séjour en Scottisherie avec une super copine, et à côté de dizaines de choses, je voulais absolument passer un moment dans une librairie britannique pour faire le plein de livres avec de belles couvertures. Je vous montre aujourd'hui les livres qui ont enfin quitté ma wishlist pour venir gonfler mes étagères - et surprise, ceux-là ne sont que des livres pour les grands! N'hésitez pas à cliquer sur les couvertures pour en apprendre plus sur ces bouquins.





Life after life - Kate Atkinson
Une vie après l'autre en français

J'avais lu le pitch en librairie et je voulais absolument découvrir ce texte en V.O. Je lis trop peu de romans contemporains anglophones, et celui-ci m'intrigue! Il est question d'une femme qui, chaque fois qu'elle meure, recommence sa vie et, en faisant des choix différents, finit par vivre toutes les vies qui lui auraient été possibles... Une aventure métaphysique qui traverse le vingtième siècle.








Reasons to stay alive - Matt Haig
Pas encore paru en français

Humains avait été l'un de mes grands coups de coeur de 2014, et je voulais absolument lire ce petit ouvrage de non-fiction où l'auteur, atteint plusieurs fois de dépression, y compulse toutes les raisons qui font que la vie mérite d'être vécue. Il reprend donc une idée déjà présente dans Humains, avec sa longue liste des "Conseils à un humain", en version plus complète et plus grandiose.









Beloved - Toni Morrisson
Même titre en français

Ce bouquin est désormais un classique de la littérature américaine, dont j'ai entendu parlé après avoir terminé To kill a mockingbird. L'histoire a l'air sombre et viscéralement dérangeante, mais il me semble que c'est une lecture indispensable qui vous rend un peu plus humain. Affaire à suivre!










The book of lost things - John Connolly
Le livre des choses perdues en français

J'AVOUE TOUT. J'ai uniquement complètement craqué sur la couverture. Mais je vous rassure, je pense que je vais aussi tomber amoureuse du texte. Un livre qui parle du pouvoir des livres! L'un de mes thèmes préférés en littérature! Mélange de L'histoire sans fin et Alice au Pays des Merveilles, je pense m'y atteler tout prochainement!






Bientôt, je vous montrerai aussi les 4 livres jeunesse qui ne sont pas encore sortis en français mais qu'un charmant jeune libraire m'a convaincu d'acheter. A très vite alors!

"There is a kind of happiness and wonder that makes you serious. It is too good to waste on jokes."

lundi 23 novembre 2015

Allez, j'attaque un gros morceau! Je vous avais dit qu'il traînait sur mes étagères depuis des années, c'est un immense classique incontournable, je commençais même à me dire que pour une libraire jeunesse amoureuse des classiques britanniques c'était inadmissible de n'y avoir jamais mis le nez... Alors lors de mes dernières vacances loin de la civilisation, ni une, ni deux, j'ai embarqué l'un des plus gros pavés de ma bibliothèque et je l'ai lu d'une traite : sept tomes en une semaine. Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, nous allons parler des célébrissimes Chroniques de Narnia.

Doit-on vraiment vous présenter cette saga? Bon allez, j'essaie. Les chroniques de Narnia est un ensemble de sept romans pour la jeunesse écrits dans les années cinquante par Clive Staples Lewis, éminent professeur d'Oxford (et ami proche de l'autre célébrissime, J.R.R.Tolkien). Ces romans mettent en scène les aventures de plusieurs enfants dans le monde fantastique de Narnia, un monde où certains animaux parlent, où les faunes et les dryades dansent au clair de lune et où des enfants de notre monde peuvent gouverner des royaumes. Vous connaissez peut-être les enfants Pevensie et le Prince Caspian grâce aux films réalisés dans les années 2000, adaptés de trois titres de la saga. Si vous avec soupiré devant les mèches rebelles de Ben Barnes dans son armure, sachez que vous n'êtes pas seul(e)s.

Mais bref, là n'est pas le sujet! J'avais des réticences à m'attaquer au texte original, car si l'aventure et les morales passaient relativement bien en film, j'avais peur d'assister à l'étalement exhaustif des valeurs chrétiennes et à des réécritures à peine déguisées de passages bibliques. Ce qui m'a fait changer d'avis, c'est la lecture du roman Un visage pour l'éternité dont je vous ai parlé il y a quelques mois, où j'ai pu découvrir la plume de Lewis et son amour pour les mythes. 

Et je dois dire que j'ai été agréablement surprise. Je me suis laissée porter par les multiples aventures, j'ai beaucoup aimé découvrir les différents personnages et j'ai adoré l'univers de Narnia. Sa géographie, cette nature colorée, joyeuse et vive, sa faune bigarrée et attachante, ses trésors magiques issus de pépins de pomme ou de lampes torche abandonnées... On se retrouve très vite à l'aise dans cet univers beaucoup plus vaste que ce que les films ont pu nous laisser deviner. 

Si les personnages principaux sont, aux yeux du lecteur actuel, vite agaçants par leur bonté d'âme et leurs naïveté parfois grossière, on oublie très vite leurs personnalités insipides pour les considérer comme ils doivent l'être : il sont de parfaits réceptacles pour le lecteur avide d'aventures que nous sommes et nous permettent de voyager dans ce pays magique avec aisance. 

Certains passages - voire des romans entiers - sont généreusement inspirés de la bible, notamment le dernier, La dernière bataille, une longue scène d'apocalypse où les bons sont récompensés et les méchants punis. Mais loin de m'agacer, ces passages s'insèrent parfaitement dans la mythologie de Narnia et aident à forger un ensemble cohérent. Il est un peu perturbant d'assister dans Le Neveu du Magicien à la naissance de Narnia pour se rendre compte qu'en quelques centaines de pages on aura vécu toutes les grandes aventures d'un monde voué à disparaître, mais au final, c'est une très jolie métaphore de la vie elle-même.

C'est d'ailleurs l'une des deux choses que j'ai le plus aimées dans Narnia, cette facilité avec laquelle Lewis parle de la naissance, de la mort, du sacrifice, de la trahison, de la fatalité, du néant et de l'immensité avec des mots clairs, simples, accessibles aux jeunes lecteurs. J'ai lu que beaucoup de gens avaient trouvé le ton pompeux voire condescendant, et je pense que cela est dû à de mauvaises traductions. Ayant lu le texte en anglais, c'est vraiment le style qui m'a enchantée. Lewis s'adresse à ses lecteurs avec intelligence, sincérité et tendresse. 

Mais la première chose qui m'a fait beaucoup aimer Narnia, c'est tout ce qui transparaît de l'Angleterre so british dans son univers fantastique : des petits déjeuners à rallonge enrichis de moult descriptions qui mettent l'eau à la bouche, l'extrême politesse des protagonistes, l'amour pour la simplicité d'un joli buisson de roses ou les piques-niques au bord des rivières, l'humour pince-sans-rire, quelques créatures aux raisonnements absurdes digne d'un Chapelier fou, l'admiration du courage, de la noblesse de cœur et de la chevalerie, ce fourmillement d'animaux qui parlent et vivent dans des terriers trop confortables pour vouloir les quitter... Tous ces petits détails donnent aux Chroniques de Narnia un air de famille avec Winnie l'Ourson, Le Vent dans les Saules, Mary Poppins, Bilbo le Hobbit, Peter Pan... 

En résumé, Les Chroniques de Narnia furent pour moi une très belle découverte qui m'a donné l'impression de visiter un endroit qui ressemble à d'autres que j'ai beaucoup aimés. Si certaines faiblesses pourraient rebuter certains lecteurs modernes (l'omniprésence de références bibliques, les histoires qui se terminent généralement très bien, les héros gentils, courageux et naïfs qui manquent de profondeur, et surtout la fin que je juge traumatisante pour le lecteur), j'encourage tout de même à découvrir ce texte plus profond qu'il n'en a l'air, intelligent, narrant des aventures à un rythme entraînant qui vous empêche de poser le livre avant d'avoir au moins encore lu un chapitre. Oh, allez, encore un. Un dernier, après c'est tout.

Un classique à découvrir pour tous les amoureux de la langue anglaise et des histoires qui ont forgé notre littérature d'aujourd'hui.

Coup de coeur vidéo - The March Family Letters

vendredi 11 septembre 2015

Je ne vous ai pas parlé de ma lecture de Little Women (plus connu sous le nom de Les Quatre Filles du Docteur March en français) de Louisa May Alcott, que j'ai lu il y a maintenant plus d'un an. Ce fut pour moi une découverte absolue, je ne connaissais de l'histoire que les bribes que j'en avais saisies à droite et à gauche à la télé ou dans des revues. J'ai beaucoup aimé suivre les aventures de cette fratrie de sœurs aux caractères tous bien trempés, dans une Amérique entre deux âges, essayant comme elles le peuvent de trouver leur place dans un monde qu'elles ne connaissent pas. Leurs petites aventures du quotidien, leurs disputes et leurs grandes joies m'ont émue et j'ai même pardonné le ton parfois trop moralisateur de certains épisodes tant je me suis attachée à Meg, Jo, Beth et Amy. Les voir grandir et mûrir est un véritable plaisir.

Mais aujourd'hui, je ne vais quasiment pas vous parler de ce livre. En effet, c'est d'une chaîne vidéo sur Youtube que je souhaite vous parler. Et pas n'importe laquelle : Pemberley Digital. Tenez bon, je vous explique!

Pemberley Digital est une chaîne américaine (avec de très bons sous-titres, parfois en français) qui s'est spécialisée dans l'adaptation de classiques littéraires sur ce nouveau support qu'est le vlog. Les personnages des romans tant aimés prennent vie devant la caméra dans notre monde moderne et les intrigues sont transposées dans notre monde occidental du vingt-et-unième siècle. 

J'avais déjà A-DO-RE leur première adaptation, celle d'Orgeuil et Préjugés de Jane Austen : The Lizzie Bennet Diaries. Elisabeth Bennet est une jeune étudiante en communication et marketing et se lance dans une chaîne de vlogs pour un projet universitaire. Elle y raconte sa vie, se grimant pour représenter ses amis, sa famille et son nouveau voisin, William Darcy, cet arrogant prétentieux et riche. C'est frais, c'est drôle, c'est addictif : je tombais amoureuse du concept et je dévorais l'intégralité des cinquante épisodes en deux nuits.

Ensuite, j'ai regardé Frankenstein MD, où la jeune Victoria Frankenstein, brillante interne en médecine aux ambitions démesurées, tient une chaîne de vulgarisation scientifique où elle espère pouvoir démontrer que redonner la vie à un cobaye mort est possible. C'est sombre, c'est glauque, c'est crédible et ça respecte l'oeuvre originale d'une façon surprenante. Je décidais de surveiller les nouveautés de Pemberley Digital.

Et là, j'ai dévoré en une soirée leur dernière série, The March Family Letters. Meg, Jo, Beth et Amy sont quatre sœurs coincées entre l'après-lycée et l'avant-vie-d'adulte. Leur mère a dû quitter la maison, elle a été déployée à l'autre bout du monde (elle est dans l'armée), alors les filles décident de lui envoyer régulièrement des vidéos pour lui raconter comment se passe la vie dans leur maison au fin fond du Canada. Première vidéo pour vous donner l'eau à la bouche:


J'étais un peu sceptique au début, notamment à cause de l'actrice qui joue Jo, qui a une bouche IMMENSE et on ne voit que ça, mais au final, j'ai été profondément touchée par cette série. Les créateurs se sont réappropriés ces quatre personnages d'une façon intelligente, moderne et drôle.
  • Meg, l'aînée, est à l'origine une jeune fille qui rêve de bals, de robes qui tournent et d'un chevalier servant aisé. Ici, c'est une étudiante en ingénierie qui sacrifie tout son confort et son bien-être dans l'espoir d'avoir un travail bien payé, et elle finit par découvrir que le bonheur est loin de se mesurer à la taille d'un compte en banque.
  • Jo est dans l'oeuvre originale une jeune fille libérée, qui n'hésite pas à se couper les cheveux courts et à réclamer de porter des pantalons, quitte à faire scandale dans le voisinage. Elle joue de son pseudo unisexe pour proposer à des journaux ses textes, dans l'espoir d'être publiée. Chez Pemberley Digital, elle est une fana de films d'action et travaille sur des courts-métrages en espérant les voir acceptés lors de festivals. Elle a des tatouages, elle est bruyante, elle se fiche des conventions filles/garçons et se complaît dans son rôle de garçon manqué.
  • Beth reste une jeune fille timide à la santé fragile, qui aime la musique et sait jouer de la guitare (elle joue du piano dans le roman). Mais c'est aussi un personnage qui souffre énormément d'anxiété, qui n'aime pas rencontrer des étrangers et qui essaie de vivre avec cette peur permanente dans les tripes.
  • Amy, enfin, la benjamine, est dans le roman comme dans la série une jeune fille qui fait tout pour briller dans l'ombre de ses sœurs. Elle conserve ici, dans la série de Pemberley Digital, son talent pour le dessin et son goût pour les mots improbables et le français, mais elle s'efforce également de se faire une place sur Youtube avec une chaîne de vlogs à elle et de devenir quelqu'un d'intéressant.
Et ça marche. Des sujets délicats et polémiques sont abordés sans tabous : la possibilité de l'amitié fille-garçon, l'homosexualité, l'anxiété, l'agoraphobie, l'introversion, la reconnaissance, la question du genre, la réussite sociale face à la réussite personnelle, la maladie... Si c'est parfois un peu téléguidé, ça reste drôle et frais, on s'attache éperdument à ces jeunes filles pleines de ressources, on apprend plein de choses en même temps qu'elles, et peut-être même qu'on les accompagne sans le savoir sur le chemin de l'âge adulte.

Je vous encourage chaudement à vous intéresser à cette série. Les sous-titres sont en anglais uniquement pour le moment, mais c'est assez accessible pour tout débutant un peu lacunaire!

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, et à très vite!

"It's cold where I am and so lonely..."

vendredi 29 mai 2015


Cela faisait longtemps que je n'avais pas flippé comme une folle après avoir lu un livre au milieu de la nuit. Mes insomnies remercient donc Emily Carroll, une artiste accomplie dans les thèmes de l'horreur et du fantastique, méconnue dans nos contrées mais très prisée des anglophones. Je vous parle aujourd'hui de Through the woods, le recueil de cinq contes macabres que j'ai acheté lorsque j'étais à Londres, et qui fout les miquettes.

Les cinq récits qui composent ce roman graphique ont plusieurs points communs : la mort y est omniprésente, les personnages principaux sont toujours aux prises avec des situations qui leur échappent, l'histoire a toujours lieu en huis clos... Thèmes et motifs certes récurrents du récit fantastique, mais toujours terriblement efficaces!

L'angoisse qui monte en vous au fur et à mesure que vous avancez dans votre lecture est aussi le résultat d'un savant dosage entre mots, images et couleurs. Le texte oscille entre voix off, dialogues réalistes et comptines enfantines telles que les chérissent les anglophones, si bien que l'on finit par avoir envie, presque, de lire à voix haute pour saisir tous les effets sonores. 

"I married my love in the springtime
But by Summer he'd locked me away
He'd murdered me dead by the Autumn
And by Winter I was naught but decay."

Le dessin quant à lui, très clair tout en donnant un petit effet brouillon, est d'une justesse effrayante. Un regard, un gros plan sur des doigts, un pincement de lèvres et on saisit tout d'un changement de situation ou de l'apparition d'une tension. Les couleurs sont volontairement soit fades, soit très vives, et le contraste entre les deux est saisissant, servant efficacement le propos de l'auteur. Si j'ai d'abord été un peu rebutée par le côté très "photoshop" des aplats de couleurs, j'ai fini par me laisser séduire.


Le découpage fluide, très cinématographique, aide beaucoup à créer une ambiance angoissante. Je ne connaissais pas Emily Carroll avant de lire ce livre, mais après quelques recherches, j'ai découvert que ses récits avaient pour la plupart d'abord été publiés sous forme de webcomics, dans un format différent, tout en longueur. Cela ne se ressent pas du tout dans la mise en page classique du livre, au contraire, cela confère à l'ensemble un dynamisme qui aide à susciter chez le lecteur des émotions intenses.


En résumé, une excellente découverte qui ravira tous les amateurs de frissons et de paranormal. Fantômes, cadavres, mystères, planchers qui craquent, ombres dans la nuit, tout y est pour vous effrayer et vous fasciner. Je ne sais pas si une sortie française est prévue, mais je vous tiens au courant si c'est le cas.

Je vous laisse avec le portrait d'un des personnages les plus choupis du recueil.

De rien. C'est gratuit. <3

10 livres que je vais lire cet été - {TTT}

mardi 26 mai 2015

Pour des tas de raisons que je vous exposerai plus tard, j'aurais touuuut le temps du monde cet été pour faire baisser ma pilalire, et je me suis promis d'attaquer du lourd, du vieux, du qui-traîne-depuis-bien-trop-longtemps. Je fais donc un serment avec l'Internet via ce Top Ten Tuesday: d'ici fin septembre, j'aurai avalé ces dix pavés! (Cliquez sur les couvertures pour en savoir un peu plus).

Les suites que je n'ai pas encore lues et que j'en peux plus!

J'ai adoré les tomes 1 et 2, et le troisième m'attend sur son étagère depuis le salon de Montreuil de décembre dernier! Une honte quand on sait que le cinquième tome sort en juin! Que de retard à rattraper!

J'ai englouti les deux premiers tomes en quelques jours, et vu que je n'ai pas le temps de lire des suites (priorité aux nouveautés-premiers-tomes), j'ai dû mettre celui-là de côté. Pourtant j'en suis folle, j'adore l'univers d'Autre-Monde et j'ai hâte de savoir ce qui arrive à nos petits héros!

Le premier tome s'est fait dévorer, j'ai acheté le second tout de suite après, et puis ensuite bah... Voilà. Donc Hollow City se fera dévorer tout bientôt aussi!


Les classiques indispensables que j'aurais dû lire depuis longtemps

Bon je triche un peu, celui-là n'est pas dans ma pilalire depuis longtemps puisque je l'ai ramené de Londres il y a deux semaines, mais je voulais le lire depuis des lustres! Il s'agit d'un grand classique chez nos amis anglophones, et c'est le roman sur lequel Disney s'est basé pour faire Merlin l'enchanteur. Une belle brique!

Oui, c'est l'intégrale, oui, elle est en anglais et oui, je me la traîne depuis près de quatre ans sans oser mettre le nez dedans. C'est mon gros défi de cet été, mais j'ai foi et je vaincrai!

J'ai beaucoup aimé découvrir le travail de Jane Austen dans Pride and Prejudice il y a de cela quelques temps, et je pense que l'été est la meilleure période pour replonger dans l'Angleterre délicieusement surannée de ses romans! Je sais déjà quel thé je vais boire pendant ma lecture!


Les autres qui m'ont fait de l’œil et pour lesquels j'ai craqué trop facilement

Je sais à peine de quoi ça parle, tout ce que je sais c'est que les lecteurs sont unanimes... Vivement que je mette le nez dedans!

Quoi de mieux, à lire au soleil, que l'histoire d'une ado qui part vivre son rêve, celui de travailler trois semaines dans un ranch du midwest américain?

Oui, je sais, j'ai une tendance à la monomanie! Encore un livre de l'auteur de Wicked et de Lost... Je l'ai acheté il y a bien cinq ans (!) de cela, il est grand temps qu'il passe à la casserole!


Voici donc les dix bouquins (minimum) que je dois lire cet été. En avez-vous lu certains? Par lequel devrais-je commencer? Lesquels aurais-je dû éviter comme la peste? N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire que je sache m'y retrouver!

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.

"London was a template of childhood reading."

vendredi 20 février 2015

Je ne sais toujours pas mettre le doigt dessus, mais il y a quelque chose dans les livres de Gregory Maguire qui me fascine. Je suis toujours happée par ses livres, je les termine à cinq heures du matin alors que je me lève à sept heures, et une fois le bouquin terminé, j'ai beaucoup de mal à dire ce qui m'a plu. Mais une fois de plus, je vais essayer! Voilà Lost, de Gregory Maguire, qui a été publié en France sous le titre Les fantômes de Winnie (malheureusement uniquement disponible en occasion désormais).
Présentation : Écrivain pour la jeunesse, Winifred Rudge se rend à Londres dans la demeure de son cousin John, où elle a passé une partie de son enfance. Elle espère trouver là l'inspiration d'un nouveau roman, nourri du mythe de Jack l'Éventreur et de l'univers de Dickens, dont le personnage de Scrooge, le vieil avare du Conte de Noël, aurait pris pour modèle un de ses ancêtres.
Étonnée par l'absence de John - mais ce dernier ne la fuit-il pas pour une raison cachée ? -, Winnie s'installe chez lui, mais prend bientôt conscience d'étranges bruits provenant d'une ancienne cheminée condamnée. Une atmosphère de plus en plus pesante l'oppresse alors, d'autant qu'elle va se lier avec d'étranges personnages au gré de ses pérégrinations londoniennes : un médiéviste américain, spécialiste de sorcellerie, un voyant à l'accent germanique douteux, une vieille voisine à moitié folle qui ne cesse de perdre ses chats...
Lorsque la cheminée livrera enfin ses secrets, Winnie entamera un voyage fantastique à travers le temps, à la rencontre d'une âme en peine en qui elle trouvera un écho à ses propres blessures...
Un mystère surnaturel, à Londres, avec des références à des tas d'écrits britanniques qui ont bercé l'enfance d'une grande partie d'entre nous : ce roman avait tout pour me séduire. Il m'attendait sagement sur l'une de mes étagères depuis pas moins de six ans, et le jeu en valait la chandelle. Contrairement à Wicked (dont je vous avais parlé ici), Maguire a fait le choix de situer cette réécriture au tout début du vingt-et-unième siècle. L'héroïne est une femme d'âge mûr, un peu antipathique, complètement paumée, qui tente, suite à un drame dont on ignore d'abord tout, de se reconstruire et de reprendre le contrôle de sa vie. On est loin des univers fantastiques du royaume d'Oz, ici, c'est la vraie vie qui est polluée par l'imaginaire.

La première partie du roman nous pose les bases de la trame, et c'est avec parcimonie que l'auteur distille de petites informations sur le passé de Winnie, sa relation aux hommes, à son travail et aux enfants. Lorsque du conduit de la cheminée de la maison familiale s'élèvent des coups, c'est tout l'imaginaire des fantômes de Dickens qui remonte à l'esprit de Winnie. Et jusqu'au bout, le mystère tient bon : est-elle devenue folle, ou bien est-elle le témoin d'événements surnaturels?

Le doute est maintenu jusqu'au bout, et les nombreux rebondissements mettent le lecteur dans un brouillard épais. L'atmosphère s'alourdit, les non-dits se révèlent, et c'est dans une spirale angoissante, quasi-infernale, que l'on suit Winnie dans sa quête d'elle-même. La narration fait des va-et-vient entre le présent de Winnie et des morceaux du roman sur lequel elle travaille, créant une habile mise en abyme destinée à perdre le lecteur avant de tout lui révéler. 

Les personnages qui entourent Winnie apparaissent d'abord tous assez banals et presque caricaturaux, pour petit à petit se révéler comme des moteurs de l'action, ainsi que des vecteurs de salvation pour notre héroïne. De la petite-amie de John, pincée et jalouse, au compatriote américain curieux et instruit, en passant par l'improbable antiquaire-voyant, chacun se fait l'avatar des fantômes de Dickens pour mettre Winnie face à elle-même, à ses blessures et à ses angoisses.

Maguire nous livre un roman somme toute assez subtil sur la dépression et le traumatisme, qui montre que l'imagination peut à la fois être un abîme sans fonds dans lequel on peut perdre la raison tout comme un support pour se sauver soi-même. L'ambiance angoissante a tout du film d'épouvante, et vous procure d'exquis frissons lorsque, à trois heures du matin, vous interrompez votre lecture à cause d'un bruit suspect.

Un excellent roman psychologique sur fonds de récits classiques, Lost ravira les amateurs de littérature et d'intrigues rondement menées.

"What's a life, anyway? We're born, we live a little while, we die."

samedi 9 août 2014

Charlotte's web, E.B.White
Disponible en français sous le titre Le Petit Monde de Charlotte ou La Toile de Charlotte

Résumé: 
Le livre raconte l'été heureux de la petite Fern, de son cochon Wilbur et de la meilleure amie de Wilbur, la magnifique araignée grise, Charlotte. Wilbur et Charlotte habitent la belle vieille grange de l'oncle Homère. Fern passe des journées entières dans la grange, assise tranquillement sur son tabouret. Les animaux la traitent en égale et parlent librement devant elle. Un jour, Fern entend la brebis apprendre à Wilbur que les hommes l'engraissent pour en faire du jambon et du saucisson. Wilbur en est bouleversé. Que faire pour échapper à ce sinistre destin? Charlotte le console et comme elle est très intelligente, elle conçoit un plan pour sauver la vie à Wilbur. Même Templeton, le vieux rat qui pourtant ne fait jamais rien sans contrepartie, est mis à contribution. Patiemment, Charlotte tisse sa toile captant les insectes dont elle a besoin pour vivre, et les hommes dont dépend la vie de Wilbur.
Il y a des livres dont l'apparente simplicité vous rebute un peu et dont la lecture finit pourtant par vous troubler. Charlotte's Web est l'un de ceux-là. On pense ouvrir un petit livre pour enfants vaguement drôle et passablement intéressant, et on se retrouve bouleversée.

Il y a des animaux qui parlent, la douceur de vivre dans une ferme à la campagne, des jeux de mots, de l'humour et un soupçon d'aventure : tout ce qu'il faut dans un livre pour enfants pour que la recette fonctionne. Mais il y a bien plus. Sous les dialogues simplissimes et rapides se cache une réflexion extrêmement riche sur la mort, sur la vie et sur ce qui compte vraiment.

J'ai été abasourdie par la profondeur d'un texte mettant en scène un cochon un peu naïf qui apprend brutalement que son existence n'est vouée qu'à devenir un bon gros jambon. La mort est omni-présente dans le texte : dans les pensées angoissées de Wilbur le cochon, dans les moqueries des autres animaux de la ferme, dans le cynisme du rat Templeton et dans la sagesse de l'araignée Charlotte. 

Mais rien n'est morbide. Il y a également toute une explosion de vie. L'oie pond de magnifiques oeufs qui deviennent de jolis petits poussins ; Charlotte met au monde des centaines de petites araignées ; le cycle des saisons se renouvelle et fait pousser les fleurs après le froid de l'hiver. 

Et puis, quelle délicatesse dans l'écriture, quel humour dans les réflexions du narrateur, quelles idées lumineuses sur l'existence! Ces pensées se résument à ceci : à partir du moment où l'on vit pour aimer, on ne vit pas pour rien.

Qui a dit que les livres pour enfants étaient débiles?

Comme quoi, le prochain qui me dit que la littérature jeunesse manque de réflexion et de profondeur, j'aurai de quoi le faire changer d'avis. Cette lecture m'a fait penser à celle de Winnie the Pooh, empreinte de la même sagesse implicite qui apaise l'âme et fait bourdonner l'esprit. Je conseille. Genre, vivement. Là, tout de suite. Allez.

"Things denied, things untold, things hidden and disguised."

dimanche 5 janvier 2014

Quand on a annoncé que J.K.Rowling allait publier un nouveau livre, j'ai un peu paniqué. Etant une immensément grande fan d'Harry Potter, j'avais, en gros, un peu peur de ce que j'allais découvrir en lisant Une place à prendre : allais-je découvrir qu'Harry Potter était un coup de chance et que le reste de l'oeuvre de Rowling allait être une belle bouse? La peur me taraudait. A Noël 2012, donc, évidemment, voilà ce qui s'est passé:


J'avais demandé au Père Noël de me l'offrir en anglais (so hipster), mais j'ai mis du temps à m'y mettre. J'avais beaucoup de livres à lire pour la fac, et puis ne nous voilons pas la face, je lisais n'importe quoi d'autre pour éviter de m'y mettre. J'attendais aussi que la vague médiatique autour du livre soit terminée pour pouvoir le lire tranquillement et oublier les quelques infos que j'avais entendues malgré moi. Et puis un soir, j'ai sauté le pas.




The Casual Vacancy (Une place à prendre)
J.K.Rowling, 2013
Lu chez Little, Brown.

Résumé trouvé sur Livraddict:
Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.
Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

L'intrigue a pour point central un siège au conseil municipal, laissé vide par la mort prématuré de Barry Fairweather, qui œuvrait pour l'insertion des adolescents mal lotis du quartier "ZEP" du coin dans la société. Autour de ce siège gravitent plusieurs personnes aux motifs et aux buts très différents. Il y a des vieux, des jeunes, des gens carriéristes et des paumés. 

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est loin, l'époque des Wingardium Leviosa et des adolescents aux pouvoirs magiques aux prises avec une prophétie qui les dépasse. Nous sommes plongés au coeur d'une bourgade anglaise contemporaine avec tout ce qu'elle a d'hypocrite, de malsain et surtout, de réaliste. On retrouve des thèmes chers à Rowling qu'elle avait déjà traités dans Harry Potter : l'école comme lieu d'espoir et de rédemption (grâce à certains bons professeurs), l'injustice d'une société où les différences de classes sont toujours présentes, les préjugés qu'il faut combattre même s'ils sont ancrés profondément dans l'esprit collectif, la complexité des relations humaines et la menace de la mort qui peut arriver à tout moment et qui doit être une raison de faire de sa vie quelque chose de bien. Chaque personnage brossé par Rowling a une personnalité que l'on peut rapidement cerner - on retrouve, d'ailleurs, son talent pour décrire en quelques phrases des personnages ou des lieux parfois complexes. Le point de vue voyage d'un personnage à l'autre, jusqu'à ce que le lecteur ait fait le tour des points stratégiques de l'intrigue pour comprendre la complexité de la toile.

The Casual Vacancy est construit comme une série télévisée, par épisodes, les pièces du puzzle n'apparaissant qu'au fur et à mesure des événements pour ne commencer à former une image compréhensible qu'au bout d'un moment. Ça tombe bien, un projet d'adaptation pour la télévision est en marche pour la BBC. Je soupçonne cependant les éditeurs d'avoir été très souples avec Rowling sur l'épaisseur de son roman. Il aurait pu gagner à être un peu plus court et légèrement plus concis sur certains points de l'intrigue. Un peu comme si le nom de "Rowling" écrit blanc sur rouge sur la couverture allait suffire à susciter les achats compulsifs. Bingo pour eux : ce fut le cas. Je connais des cas aberrants de fans d'Harry Potter qui l'ont acheté sans avoir le projet de le lire, uniquement pour compléter leur collection. C'est le genre de débordements un peu bêtes que je regrette et auxquels je m'attendais: la popularité d'Harry Potter a fait de Rowling une auteure dont on va sans cesse mettre le talent en question, car sa fanbase est si grande, le pouvoir économique et médiatique de son nom est si important, qu'on sait que chacun de ses romans va être un immense succès de librairie sans savoir si le roman vaut oui ou non la peine d'être lu.

Pour The Casual Vacancy, ma réponse est oui. Certes, le début de la lecture est difficile : le style de Rowling a beau conserver sa clarté et son piquant, on met du temps à comprendre où elle veut en venir. Ce n'est qu'une fois avoir fait le tour de tout le monde (et donc être arrivés à la moitié de l'énorme pavé) qu'on peut commencer à s'intriguer et à vouloir connaître la suite des événements. L'univers, une critique de mœurs acerbe et sans concession, n'a quasiment rien à voir avec la fantasy urbaine d'Harry Potter : il ne faut s'attaquer à The Casual Vacancy que si l'on a aimé lire, par exemple, Zola ou Dickens. C'est mon cas, j'y ai pris du plaisir. Les 200 dernières pages, notamment, m'ont quasiment tenue en haleine, et la fin, inattendue et pourtant logique dans l'équilibre du roman, m'a faite cogiter pendant plusieurs jours. Il y a une véritable dénonciation de l'hypocrisie des bien-pensants et la critique amère d'une société qui parle d'égalité en laissant les plus mal barrés s'enfoncer dans des miasmes de dettes et d'horreurs. 

Je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre avis, en n'abordant la lecture de ce roman qu'à condition que ce genre de récits vous intéresse. Il s'agit pour moi d'un virage à 180° dans la carrière de Rowling, qui a voulu montrer, avec The Casual Vacancy, qu'elle avait un talent indéniable de conteuse, un style unique, et des convictions qui lui sont chères. On pardonnera la longueur du roman et surtout la lenteur de l'incipit : premier roman sensiblement adulte de l'auteur, il est pour moi un classic-to-be de la littérature contemporaine.

Nous avons appris cette année qu'un roman policier au succès respectable publié sous le nom de Robert Galbraith avait en réalité été l'oeuvre de Rowling qui s'essaie, dans The Cuckoo's Calling, au policier. L'avez-vous lu? Le conseillez-vous? Je ne suis qu'une piètre amatrice de romans policiers, mais connaissant le talent de Rowling pour les enquêtes, les mystères et les intrigues, je me tâte à le lire. J'aimerais beaucoup avoir vos avis sur Une place à prendre et L'appel du coucou et savoir si vous êtes d'accord avec moi pour dire que Rowling demeure une grande auteure et qu'elle n'a plus à prouver qu'elle a sa place dans le monde littéraire d'aujourd'hui.

“If you live to be a hundred, I want to live to be a hundred minus one day so I never have to live without you.”

dimanche 30 septembre 2012

Quand je l'ai lu la première fois: En 2009, lors de mon année en Angleterre.
Pourquoi je l'ai lu: Pourquoi pas?


Winnie-the-Pooh, de Alan Alexander Milne
Disponible en français, évidemment, sous le nom de Winnie l'Ourson!


Résumé made in Noosfere:

Être aimé... et aussi traîné dans l'escalier, en se cognant la tête à chaque marche, c'est le sort d'un ours en peluche ! Mais la vraie vie et les copains de Winnie l'attendent dans la « forêt » : Porcinet, Lapin, Bourriquet le grognon, Hibou et ses discours vaseux... avec Christophe Robin, le grand ami. Les abeilles, la chasse au Bouribou, l'inondation, les cadeaux : c'est chaque jour une nouvelle aventure !
Je ne lisais pas Winnie l'Ourson étant petite, et je ne connaissais des oeuvres de Disney que les chansons qu'il y avait sur les cassettes Chantons ensemble! Comment, vous ne vous souvenez pas de Chantons ensemble? Piqûre de rappel.


Nous disions donc. Winnie-the-Pooh est un recueil d'aventures mettant en scène les jouets de Christopher Robin, personnage largement inspiré du fils de Milne en personne. Voilà les jouets originaux, si ça vous intéresse:

Chaque chapitre conte une aventure, poétique, un peu absurde et irrésistiblement tendre. Je ne sais pas l'effet qu'a la lecture de ce bouquin sur les petits, mais sur les grands, il est clair que vous ne pouvez vous empêcher de sourire à tout bout de champ, surpris par un jeu de mots original ou par un dialogue à l'apparence très simple et pourtant très profond.

Bon, c'est sûr, pas de folles équipées sauvages dans la forêt des rêves bleus ("100 acres forest" en V.O.). Il n'y a pas de crime à résoudre, d'énigme à déchiffrer ou d'injustice à réparer. Tout est pastel et doux, sans grande surprise pour le lecteur adulte, sans suspens, sans sursaut. Mais c'est tout aussi bien. Winnie-the-Pooh [Tigger] est un récit parfait pour se détendre avec un peu de poésie inoffensive le soir, avant de se coucher.

Le livre en lui-même est très joli. Les illustrations pastelles de Ernest Shepard font partie intégrante du récit. Je vous laisse admirer, cliquez pour voir en plus grand!

Un petit livre tout doux, au style très poétique, simple et tendre, que je conseille à tous ceux qui ont envie de retrouver l'enfant qui est en eux.

"There was something strange and extraordinary about her -- something that was frightening and at the same time most exciting."

jeudi 30 août 2012

Quand je l'ai lu la première fois: Il y a trois ans.
Pourquoi je l'ai lu: C'était rangé à côté de Peter Pan à la bibliothèque :)

Mary Poppins, de Pamela L. Travers
Lu en anglais, disponible en français aux éditions Le Livre de Poche.
Résumé made in Wikipedia:
Les quatre enfants Banks, Jane, Michael et les jumeaux John et Barbara, ont besoin d'une gouvernante. Katie, la dernière en date, vient de quitter la maison. Et voilà que les deux aînés, depuis la fenêtre, voient arriver une drôle de jeune femme qui, accrochée au manche de son parapluie, semble suspendue dans l'air... Amenée par le vent d’Est, Mary Poppins monte l’escalier assise sur la rampe, tire quantité d’objets d’un sac de voyage vide et administre des cuillerées de sirop dont la couleur et le goût s'adaptent à leur destinataire…
Je n'étais absolument pas fan de Mary Poppins, le film de Disney, quand j'étais petite. Et puis je l'ai regardé en V.O. quand j'avais 19 ou 20 ans, et j'ai kiffé. Je pense que c'est un film un peu trop long pour des enfants, au langage un peu trop soutenu. Ce n'est que mon avis. Bref. Quand j'ai relu Mary Poppins il y a quelques semaines, en gros, je l'ai lu avec ça en tête:


La morale du film [Bert] est claire : pour que les enfants soient adorables, il faut bien s'occuper d'eux. Fin. Et bien le livre est tout autre, beaucoup plus déroutant, plus riche et plus étrange que le film. Je suis très heureuse de vous en parler dans le cadre de mon challenge de littérature jeunesse, car je pense pouvoir dire que c'est l'un de mes livres préférés.

Mary Poppins n'a rien de la nounou adorable qui vous emmène dans des aventures juste pour vous faire plaisir. C'est une jeune femme stricte, un poil égoïste et franchement vaniteuse, qui semble regretter d'attirer avec elle des situations et des personnages extraordinaires. Chaque chapitre correspond à une aventure, où Mary et les enfants vivent une expérience hors du commun pour revenir en fin de chapitre à un quotidien monotone. 

Les personnages qu'ils rencontrent sont la véritable richesse de ce livre, faisant de chaque chapitre une fable à lui seul. Ils intriguent par leur caractère original et donnent l'impression d'avoir tous de trépidantes histoires à raconter. Lorsque le chapitre se termine, le lecteur est frustré, tout comme les enfants, l'esprit bourdonnant de questions. On finit par se demander qui est Mary Poppins, d'où elle vient, quel âge elle a, comment cela se fait qu'elle connaisse autant de gens si différents... Sans avoir de réponse. Le "Mystère Poppins" demeure entier, et l'on donnerait n'importe quoi pour découvrir ce qui se cache derrière ce ravissant visage aux sourcils froncés.

J'ai personnellement été chamboulée à la lecture de quelques chapitres. Certains sont drôles, d'autres poétiques, mais il en est un spécialement qui est très mélancolique et m'a grandement fait penser à Peter Pan : John et Barbara, les frères et soeurs de Michael et Jane, qui sont des jumeaux nourrissons, apprennent de la bouche d'un oiseau qu'un jour ils ne pourront plus lui parler car ils auront oublié comment parler au soleil, au vent, aux oiseaux... C'est un chapitre très triste, très profond et très philosophique que j'invite tout le monde à lire.

La bonne nouvelle, c'est que Mary Poppins est une série de 8 livres. Yep. La mauvaise nouvelle, c'est qu'en français, vous ne pourrez trouver que le second tome, Le retour de Mary Poppins aux éditions du Rocher Jeunesse. Ca me rappelle un peu un certain Magicien d'Oz, pas vous? Il faudrait vraiment que les français connaissent la richesse de la littérature jeunesse anglaise dans son intégralité... Je garde ça en tête pour quand je serai éditrice. En attendant, je vous laisse avec d'autres extraits du film!





“You should never, never doubt something that no one is sure of.”

vendredi 24 août 2012

Quand je l'ai lu la première fois: Je devais avoir 10 ans? Je l'ai relu plusieurs fois depuis!
Pourquoi je l'ai lu: Si je me souviens bien, je l'ai emprunté dans la bibliothèque de ma classe :)


Charlie and the Chocolate Factory, par Roald Dahl
Lu aux éditions Penguin, disponible partout en français sous le titre Charlie et la Chocolaterie

Résumé made in Club de Lecture:

Charlie est un petit garçon qui vit avec son papa et sa maman, mais aussi avec ses quatre grands-parents. Tout ce monde est entassé dans deux pièces seulement car la famille de Charlie est très pauvre. Lorsque son papa perd son travail, la situation devient dramatique, ils meurent presque de faim. Mais dans la ville où ils demeurent, il y a une mystérieuse chocolaterie : nul n'y entre ni n'en sort jamais. Son propriétaire, Mr Wonka, lance un grand concours : les cinq gagnants pourront visiter l'usine et gagner des sucreries pour toute leur vie. Mais les enfants mal élevés doivent se méfier : ils seront punis par où ils auront péché.
Je ne pouvais pas faire ce petit challenge jeunesse sans passer par Roald Dahl. Et par l'une de ses oeuvres les plus saluées par la critique et reprise par deux fois au cinéma! Charlie et la Chocolaterie est une oeuvre moderne, un classique instantané, un conte contemporain qui nous a tous fait rêver quelques instants.

Le petit Charlie vit une aventure, et par sa douceur, son honnêteté et sa générosité, il arrive à se retrouver à la tête d'un empire sucré. Ce petit roman tout en sucre et en effluves chocolatées est une version moderne de Cendrillon, où le héros est récompensé après avoir vécu dans une misère extrême. Le style de Roald Dahl, très drôle, dynamique, au vocabulaire riche, fourni et coloré, mène avec brio ce conte pour en faire un bonbon. Car oui, ce petit livre, relativement court, se gobe rapidement avec délice, aussi facilement que les tablettes de chocolats qui y sont décrites [Augustus]!

La seule chose qui m'a un peu dérangée est le côte assez prévisible de l'intrigue. Les autres gagnants du concours ont tous des défauts si caricaturaux qu'on peut devenir à l'avance la façon dont ils seront punis. mais ce côté prévisible n'a rien d'étonnant ; tout comme un vrai conte, le héros et ses adversaires passent plusieurs épreuves pour prouver leur valeur. Mais c'est un détail, qui ne gâche en rien la lecture - interrompue de temps à autre par les chansons drôles des Oompa-Loompas, qui sont les bienvenues! Elles montrent en trop l'amour de Roald Dahl pour les mots, les sons et les associations rigolotes.

Je vous mets des extraits des deux versions de Charlie et la Chocolaterie qui ont été réalisées, l'une en 1971 par Mel Stuart, l'autre en 2005 par Tim Burton!



 
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