#footer-column-container { clear:both; } .footer-column { padding: 10px; }

mercredi 19 octobre 2016

"Tout le bien que nous faisons peut se retourner contre nous."


Dorothe, fille de bonne famille, vient d'avoir seize ans. Elle est mariée à un homme bien plus âgé qu'elle. Son époux est nommé dans le comté du Finnmark, tout au nord de la Norvège, pour instruire les procès en sorcellerie. Après une longue et éprouvante traversée, Dorothe arrive dans une petite ville où personne ne parle sa langue.

Elen a le même âge, fille d'une guérisseuse qui a choisi de vivre sans homme et enchaîne les aventures et les enfants. La jeune fille sauvera Dorothe gravement malade, grâce au savoir que sa mère lui a transmis avant d'être emprisonnée. Mais ne signe-t-elle pas ainsi son appartenance à la confrérie des sorcières?


De la part du diable de Aina Basso est un roman paru en 2015 chez Thierry Magnier, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça faisait des mois qu'il me faisait de l’œil (la couverture de Nicolas Galkowski est sublime!). Je l'ai lu d'une traite, j'en suis restée toute chamboulée, et je profite de l'ambiance Halloweenesque pour vous parler de cette histoire de sorcières.

Si la quatrième de couverture (que vous pouvez lire ci-dessus) vous résume malheureusement la quasi-totalité du récit, ce qui fait la force de ce roman, en revanche, c'est l'ambiance envoûtante, fantastique et terriblement ancrée dans le réel dans laquelle il vous fait plonger. Nous alternons les points de vue entre Dorothe, (très) jeune mariée à un juge chargé d'instruire les procès pour sorcellerie dans la Norvège du dix-septième siècle, et Elen, qui grandit comme une fleur sauvage dans une contrée difficile et hostile, élevée par une mère différente des autres, libre et caractérielle.

Chacune des deux héroïnes voit sa vie changer lors de l'arrivée d'un homme dans leurs vies : Dorothe se retrouve mariée à un homme bien plus âgé qu'elle qu'elle trouve sobre et très grave, tandis qu'Elen se voit affublée d'un petit frère terriblement laid, si laid qu'elle est persuadée qu'il a été échangé à la naissance avec une créature démoniaque. S'ensuivent alors une série d'événements qui vont les faire se rencontrer en dépit de tout ce qui les sépare. Et c'est haletant : on se surprend à tourner les pages sans pouvoir s'arrêter, pris au piège d'une écriture grave, dure et mystérieuse, tandis que l'angoisse gonfle dans la gorge en même temps que les nœuds du récit se tissent jusqu'à une fin terrible qui finit de vous ensorceler tout à fait. 

Grâce aux regards croisés de ses deux héroïnes, l'auteure s'interroge sur la condition féminine, la liberté, la différence, l'ignorance qui mène à l'intolérance, le mystique et le sacré. On finit par se demander si la plus puissante forme de sortilège n'est pas uniquement la rumeur publique, accompagnée des puissantes malédictions que sont les préjugés et le besoin de trouver des boucs émissaires. Et en cela, De la part du diable est non seulement un roman inspiré de faits réels, mais c'est également un récit qui trouve de terribles résonances avec l'actualité.

On appréciera les notes et explications supplémentaires données en fin de roman par l'auteure, ainsi qu'une bibliographie complète pour en apprendre plus sur ces événements. Un très bon roman d'angoisse et de fantastique teinté d'histoire que je vous recommande pour vos soirées de Samain!


Vous avez aimé cette chronique? Vous aimerez sans doute:
 

2 commentaires :