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"Je lis : la carafe a un long cou."

mardi 6 octobre 2015


La rentrée est l'occasion de sortir de nouveaux titres dans des collections pour les apprentis lecteurs. J'en lis beaucoup, même si j'en parle peu ici, mais celui-là me tenait à cœur... Voilà J'ai peur de savoir lire par Olivier de Solminihac.

Le CE2, c’est sérieux. Il y a ceux qui sont forts en calcul, comme Sofia, qui a avalé une calculatrice quand elle était petite. Il y a ceux qui sont forts en tout, comme Georges- Louis, qui va bientôt donner des cours à la maîtresse. Et il y a Stéphane, qui a envie d’avoir de bonnes notes, qui est d’accord pour bien faire ses devoirs, pour devenir fort en calcul, pour apprendre la signification de mots aussi compliqués que « cobalt » et « tungstène », et pour lire tous les livres qui sont sur son étagère. D’accord pour tout cela, oui, mais pas sans sa maman.

L'Ecole des Loisirs n'est plus à présenter, notamment pour ses romans abordables et merveilleusement utilisables en classe pour développer la lecture chez les plus jeunes, notamment avec les collections Mouche et Neuf. Dans J'ai peur de savoir lire, Olivier de Solminihac traite d'un sujet peu abordé et qui pourtant fait rage lors de l'apprentissage de la lecture : lire seul, c'est grandir, et grandir ça fait peur.

Stéphane a huit ans, et s'il connaît son alphabet et peut déchiffrer seul des textes simples, c'est loin d'être facile pour lui. A l'entrée en CE2, les girafes deviennent des carafes, et petit à petit, ses 8/10 se transforment en 3. Sa maman est inquiète, sa maîtresse aussi, mais il ne sait pas comment faire pour remonter la pente. Les lettres se mélangent sous ses yeux, alors que pour Sofia et Georges-Louis tout cela semble si facile!

C'est le récit d'un enfant qui découvre le plaisir de lire grâce au soutien de sa maman, pour qui ce n'est pas non plus un passe-temps très reposant. Il découvre la richesse du vocabulaire, mais également qu'apprendre à lire, c'est apprendre à être seul.

Ce petit roman est également truffé de jolie poésie et d'images cocasses, que l'enfant ne comprendra peut-être pas complètement, mais qui, comme pour Stéphane, titilleront son imagination et lui donneront envie de lire plus pour mieux comprendre. 

J'ai peur de savoir lire est une petite bulle utile et subtile sur le difficile passage de la lecture à deux à la lecture seul, pleine de tendresse et de véracité, à mettre dans les mains des enfants mais aussi des parents déboussolés.

"Oui, c'est exactement ce que je pourrais faire. Sauf que."

jeudi 18 juin 2015

J'aime beaucoup quand les éditeurs habillent les livres pour les petits comme des livres pour les grands. C'est le cas ici, avec des livres aux couvertures claires, quelques taches de couleurs, des livres qu'on est fiers de lire devant les copains. La collection Premier roman de chez Actes Sud Junior propose aux lecteurs (à partir de 8 ans, qu'y disent sur les couvertures) une série de textes de qualité, intelligents, drôles et différents. Aujourd'hui je vous parle de Sauf que d'Anne Vantal, paru en 2014.

Valentin, un petit garçon spécial comme disent ses parents, est sur la route de l'école. Valentin adore les chiffres, a ses petites habitudes, aime observer les gens monter et descendre du bus... lorsqu'il trouve, un matin, un portefeuille dans le caniveau. Ce petit événement qui sort de son quotidien bien rôdé va bousculer sa routine, au plus grand déplaisir de notre jeune héros.

"Je suis pétrifié devant l’abri d’autobus à soupeser le pour et le contre. Pour : je vais jusqu'au caniveau, je ramasse le petit rectangle noir, et je prends une décision. Contre : je risque de m’attarder, ce qui m’obligerait à courir et à faire des pas superflus qui viendraient ruiner mes statistiques. Je décide de passer mon chemin. Sauf que."

Le texte est d'une finesse exquise. On observe Valentin cogiter, chercher les meilleures solutions à tous les petits obstacles qui se dressent sur sa mission. Rien ne nous dit que Valentin est spécial, justement. Peut-être un poil maniaque, très curieux, mais difficile de mettre la main sur ce qui le rend, apparemment, différent des autres, jusqu'à la fin du roman où on comprend. 

Ce petit ouvrage court est curieux et émouvant. On le lit d'une traite, en se prenant d'amitié pour ce petit garçon finalement pas si différent, que l'on se met à comprendre et à soutenir.

Un petit roman, certes, mais un roman fort, qui permet de se mettre à la place de l'autre et de mieux tolérer ses bizarreries.

 
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