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jeudi 15 mars 2012

"Gudule exagère! Des adolescentes aussi naïves, crédules - en un mot, aussi connes! - ça n'existe pas, voyons!"

Quand je l'ai lu : Octobre 2011
Pourquoi je l'ai lu : J'étais dans une frénésie Gudulesque!

La vie en Rose, Soleil Rose, La Rose et l'Olivier, de Gudule
Premières éditions respectivement en 2003, 2004 et 2005. Deux tomes encore à paraître.
J'ai lu l'édition Grasset-jeunesse.

Résumé de La vie en Rose made in Altersexualité:
Bruxelles, Belgique, début des années soixante. Rose et Monique, 15 ans, viennent d’entrer en troisième latine chez les sœurs de la Trinité. Elles ont l’habitude de se moquer d’un quinquagénaire enveloppé qu’elles croisent sur leur chemin. Elles le surnomment « Polochon », le caricaturent et lui donnent les dessins. Un jour, il invite Monique à boire un verre, puis en fait sa maîtresse. Quand elle le quitte, il fait une tentative de suicide. Monique est mise en pension par ses parents, Rose ne la reverra jamais. Un jour avec une copine, elles sont surprises par une sœur, enfermées dans les toilettes. La Mère Supérieure (dont le portrait vaut le déplacement) les suspecte. Elles seront simplement exclues. Ironie du sort, c’est à la faveur de cette exclusion que Rose se rapproche de « Polochon », et celui-ci en fait son amante, bien qu’elle se trouve laide.

Je suis actuellement une formation universitaire dans le but de travailler dans les métiers du livre, spécialité jeunesse. Lors de la rentrée scolaire 2011,  je décidais de me remettre aux auteurs pour la jeunesse francophones - j'avais dévoré la plupart des classiques britanniques, il me fallait acquérir un peu de culture française dans le domaine. Outre d'autres auteurs dont je parlerai plus tard, j'ai redécouvert l'oeuvre de Gudule, dont j'avais lu plusieurs ouvrages étant petite et dont je découvrais la production effrénée. Parmi les livres que je lisais, il en est trois qui m'ont profondément marquée ; ceux qui se veulent une autofiction de Gudule, mettant en scène le personnage de Rose, jeune fille belge des années soixante. D'après ses dires ainsi que son blog, Gudule tente d'écrire ses déboires de jeune femme mal dans sa peau puis d'adulte débrouillarde un peu paumée. Tout cela est sans doute un peu romancé, mais très crédible, criant de véracité.

J'admire l'oeuvre de Gudule pour plusieurs raisons ; c'est une auteur prolifique, débordante d'idées, dont le style clair et frais coule tout seul comme une limonade rafraichissante. Je ne connaissais alors que ses ouvrages destinés à la jeunesse - j'avais tremblé, petite, en lisant La poupée aux yeux vivants et L'école qui n'existait pas - et je fus étonnée de voir des livres destinés aux ados et aux adultes parmi ses ouvrages. La vie en Rose fut dévoré en une journée ; les deux tomes suivants connurent une durée de vie plus courte encore. Ces trois livres rendent compte de la vie des jeunes gens en Belgique et au Liban avant mai 68 ; en plus d'être une oeuvre-témoin, c'est également un récit transgénérationnel, où l'on suit la jeune Rose renfermée et mal dans sa peau s'épanouir en se cognant aux obstacles de la vie. On ne cesse de se demander comment elle fait pour s'en sortir si bien, à la fin. Le style de l'auteur ne tombe jamais dans le misérabilisme, ni dans la victimisation. Les choix, même les mauvais, sont assumés, ainsi que les erreurs et les mauvaises attitudes.

Une oeuvre poignante et obsédante - en ce qui me concerne - à dévorer sans ménagement.

1 commentaire :

  1. j'aime beaucoup cet auteur et ces romans.... mais son roman la vie a reculons reste de loin mon préféré!!!il est tres poignant!!!

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