"Il atterrit sur la boite de Nesquick, les mains en l’air, et nous éclatâmes de rire, mon fils et moi."

vendredi 15 juin 2012

Quand je l'ai lu la première fois: Curiosité au rayon jeunesse de la B.U.
Pourquoi je l'ai lu: Envie de découvrir Marie-Aude Murail!


Ma vie a changé, de Marie-Aude Murail
Lu aux éditions Ecole des Loisirs

Quatrième de couverture:
Si votre appartement sent inexplicablement le muguet, et éventuellement la violette, et que cette odeur vous submerge pour disparaître totalement l'instant d'après. Si chez vous des objets changent de place mystérieusement. Si vous ne pouvez en accuser personne. Si vous découvrez sur votre bureau ou dans votre chambre des objets qui ne vous ont jamais appartenu. Si le voisin du dessous vient vous voir et vous explique qu'il a perdu son elfe. Si vous êtes déprimé(e). Si vous pensez que la raison vous quitte. Alors, que vous croyiez ou non aux choses de l'au-delà, vous pouvez être certaine que votre vie va changer.
C'est le premier livre de Marie-Aude Murail que je lis, et j'ai l'impression d'être entrée dans son univers par une petite porte cachée. Ce roman tout doux, tout tendre, n'a rien d'un gros best-seller à gros bras qui écrase ses concurrents. C'est un petit hymne à la vie qui avait sa place dans mon challenge du mois de juin!

Madeleine, documentaliste, est séparée de son mari après que ce dernier l'a trompée. Elle vit seule avec son fils, un collégien un peu bête, un peu turbulent, mais très gentil et perspicace, [Constantin] comme le sont beaucoup d'ados de cet âge. Sa vie lui échappe, elle ne sourit plus, elle avance un pas après l'autre en ayant l'impression que le moindre souffle de vent la fera tomber. Et puis, après la visite d'un voisin un peu spécial, voilà qu'elle hérite d'un nouveau colocataire : un petit elfe aussi séduisant que malicieux du nom de Timothée. Dès lors, sa vie devient plus pimentée, plus parfumée, elle se surprend à sourire et à rire, tout change et reprend des couleurs.

Ce livre est un petit trésor de joie de vivre, que je conseille à tous ceux d'entre vous qui se laissent facilement aller à la mélancolie. Le style de Marie-Aude Murail est coloré, drôle et clair, on oublie presque qu'on est en train de lire tant les images se forment facilement dans notre esprit. Les personnages sont très vite cernés, on se prend de sympathie pour Madeleine et sa petite clique, on a envie de découvrir au petit matin un elfe endormi sur la table de chevet.

Ce que je regrette, c'est que ce roman donne vraiment le sentiment d'être le premier tome d'une série. La narration à la première personne nous fait des promesses (du genre "Je devais apprendre plus tard qu'il ne faut jamais donner de nom à un elfe"...) qui nous laissent entrevoir une Madeleine spécialisée dans le surnaturel et le merveilleux, qu'on rêverait de connaître et de suivre, mais non. Le roman s'achève certes sur une note joyeuse, mais très frustrante pour le lecteur.

"Comme a dit le gendre de ma grand mère en pinçant le nez du requin blanc qui était en train de le bouffer, il vaut mieux une idée bizarre que pas d'idée du tout!"

Quand je l'ai lu la première fois: Juin 2012
Pourquoi je l'ai lu: Mathilde me l'a offert pour mon anniversaire... Il y a de ça 3 mois.


D'un monde à l'autre, la Quête d'Ewilan, T1, de Pierre Bottero
Lu aux éditions Rageot poche.


Résumé made in Amazon:
Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l'empêcha de fermer les yeux et elle n'eut pas le temps de crier... Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d'arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t'avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d'achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable...
Celui-là, j'ai eu du mal à le commencer! Il faut dire que malgré les conseils de mes amis, mes libraires, mes sites web, l'illustration me donnait l'impression de quelque chose de pas entièrement fini qui me gonflerait... J'ai eu tort! Je vous chronique le premier tome de la Quête d'Ewilan avant d'aller dévorer le second - que je viens de m'offrir - pour mon challenge du mois de juin!

Passons outre l'illustration de couverture dont je ne suis pas fan, et plongeons nous un peu dans le roman, voulez-vous? Nous avons affaire - pour une fois! - à un très bon roman d'aventure fantastique écrit par un auteur français. L'héroïne, Camille, et son meilleur ami, Salim, sont deux collégiens presque banals : la première est une surdouée qui a été adoptée par une riche famille qui la considère plus comme un meuble que comme un membre de la famille, et n'a aucun souvenir avant l'âge de sept ans. Salim, lui, fait partie d'une famille de neuf enfants où il passe aussi inaperçu qu'une coccinelle sur une robe à pois. Leurs vies basculent quand Camille découvre qu'elle est une dessinatrice, c'est à dire qu'elle possède un pouvoir très puissant qui lui permet, entre autres, de passer de son monde à un autre, plus coloré, plus merveilleux, plus dangereux [Edwin], où elle et Salim rencontrent des personnages qui semblent issus tout droit de leurs imaginations. Origines révélées, destins hors du commun, caractères hauts en couleurs, Camille et Salim ne sont pas au bout de leurs peines pour découvrir ce nouvel univers qui est beaucoup plus familier que leur petite vie monotone.

VOUALA pour un avant-goût. Au style, la plume de Bottero est simple, sans artifices, avec juste assez de détails pour pouvoir s'imaginer les scènes sans être frustrés par un manque d'informations. Le récit s'écoule de façon fluide et naturelle, et on ferme le livre plus vite que ce que l'on aurait cru. Gwendalavir, l'univers fantastique où sont plongés les héros, est un monde très séduisant dont on a envie de visiter les moindres recoins. Les personnages qui l'habitent semblent tous avoir une personnalité complexe, une histoire riche et des ambitions grandioses... Quant aux deux héros, on trépigne de savoir ce que le destin leur réserve.

GROS bémol... C'est un tome d'introduction, qui laisse sur sa faim et qui frustre par la rapidité avec laquelle il se termine... Ce qui est un bon signe! J'ai d'ores et déjà en ma possession le second tome, que je ne manquerai pas de vous chroniquer sous peu!

“I hate clowns. You can't see what they're thinking.”

Quand je l'ai lu la première fois: mars 2007
Pourquoi je l'ai lu: On me l'a offert pour mes 18 ans. J'ai plongé dedans.


L'habit rouge de Peter Pan, de Geraldine McCaughrean
Lu chez Pocket Jeunesse, disponible aux éditions Oxford University Press en anglais sous le titre Peter Pan in Scarlet

Résumé made in Amazon :
La panique s'est emparée de certaines maisons de Londres. Depuis quelques nuits, de vieux garçons se réveillent affolés : sous leurs draps, ils découvrent un sabre, un carquois ou pire : un crochet ! Ces messieurs très distingués ne sont autres que les Enfants Perdus du Pays Imaginaire, les compagnons de Peter Pan. Et quelque chose s'est déréglé dans le pays de leur enfance. Ils doivent y retourner. C'est le début d'une incroyable aventure au cours de laquelle les Enfants Perdus retrouveront Peter et Clochette... mais aussi un étrange directeur de cirque.
Pour ceux d'entre vous qui suivent depuis le début, vous devez savoir que Peter Pan est mon livre préféré de tous les temps. Quelle n'est pas ma surprise en apprenant que le Great Ormond Street Hospital, à qui James Barrie avait légué les droits sur Peter Pan, organise pour le centenaire de la pièce de théâtre un concours pour choisir qui écrira une suite officielle au grand classique de la jeunesse britannique! C'est Geraldine McCaughrean qui s'y colle, une auteur inconnue de notre côté de la Manche mais qui a fait ses preuves chez nos amis les rosbeefs.

Déjà, je fronce le nez. Peter Pan n'a pas besoin d'une "suite officielle", et de toute façon, les seules suites "officielles" qui auraient pu être écrites auraient dû l'être par Barrie. Mais admettons. Voilà ma chronique, pour suivre mon challenge du mois de juin!

Je me plonge dans ce récit, et je suis ravie de revoir tous les personnages auxquels je m'étais attachée dans la version originale : Wendy et ses frères, les enfants perdus, Peter, et même Clochette! L'idée de base qui traverse tout le roman est celle selon laquelle "l'habit fait le moine" : les adultes que sont devenus Wendy et ses amis redeviennent des enfants en enfilant les vêtements de leurs enfants, Peter redevient un grand chef en enfilant l'ancien manteau du Capitaine Crochet... Plusieurs idées originales et bienvenues pullulent de la même façon le récit. On voit un cirque [Feu-Follet] débarquer à Neverland, et son chef, le mystérieux Mr Effilo, devient un compagnon d'aventures des enfants. Ensemble, ils partent à la recherche du trésor perdu de Crochet, et c'est un long voyage dans les parties inexplorées jusqu'alors du Pays imaginaire qui devient le fil conducteur du récit.

Beeaucoup d'éléments du roman original ont été conservées en forme d'hommage à l'auteur, mais il me semble, à mon avis, que McCaughrean a transformé ce qui était un conte mélancolique sur les horreurs liées à l'âge adulte en une espèce d'apologie de la naïveté enfantine et en une réhabilitation des adultes. Et par là, je trouve, et ce n'est que mon avis, qu'elle trahit la pensée originale de l'auteur.

Quelques rebondissements cependant et d'autres surprises feront plaisir au lecteur, qui ne s’ennuiera pas même si on aurait pu attendre quelque chose de plus profond et de plus fidèle.

Une suite "officielle" sur le papier, mais loin d'être au niveau pour moi!
 
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