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lundi 23 novembre 2015

"There is a kind of happiness and wonder that makes you serious. It is too good to waste on jokes."

Allez, j'attaque un gros morceau! Je vous avais dit qu'il traînait sur mes étagères depuis des années, c'est un immense classique incontournable, je commençais même à me dire que pour une libraire jeunesse amoureuse des classiques britanniques c'était inadmissible de n'y avoir jamais mis le nez... Alors lors de mes dernières vacances loin de la civilisation, ni une, ni deux, j'ai embarqué l'un des plus gros pavés de ma bibliothèque et je l'ai lu d'une traite : sept tomes en une semaine. Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, nous allons parler des célébrissimes Chroniques de Narnia.

Doit-on vraiment vous présenter cette saga? Bon allez, j'essaie. Les chroniques de Narnia est un ensemble de sept romans pour la jeunesse écrits dans les années cinquante par Clive Staples Lewis, éminent professeur d'Oxford (et ami proche de l'autre célébrissime, J.R.R.Tolkien). Ces romans mettent en scène les aventures de plusieurs enfants dans le monde fantastique de Narnia, un monde où certains animaux parlent, où les faunes et les dryades dansent au clair de lune et où des enfants de notre monde peuvent gouverner des royaumes. Vous connaissez peut-être les enfants Pevensie et le Prince Caspian grâce aux films réalisés dans les années 2000, adaptés de trois titres de la saga. Si vous avec soupiré devant les mèches rebelles de Ben Barnes dans son armure, sachez que vous n'êtes pas seul(e)s.

Mais bref, là n'est pas le sujet! J'avais des réticences à m'attaquer au texte original, car si l'aventure et les morales passaient relativement bien en film, j'avais peur d'assister à l'étalement exhaustif des valeurs chrétiennes et à des réécritures à peine déguisées de passages bibliques. Ce qui m'a fait changer d'avis, c'est la lecture du roman Un visage pour l'éternité dont je vous ai parlé il y a quelques mois, où j'ai pu découvrir la plume de Lewis et son amour pour les mythes. 

Et je dois dire que j'ai été agréablement surprise. Je me suis laissée porter par les multiples aventures, j'ai beaucoup aimé découvrir les différents personnages et j'ai adoré l'univers de Narnia. Sa géographie, cette nature colorée, joyeuse et vive, sa faune bigarrée et attachante, ses trésors magiques issus de pépins de pomme ou de lampes torche abandonnées... On se retrouve très vite à l'aise dans cet univers beaucoup plus vaste que ce que les films ont pu nous laisser deviner. 

Si les personnages principaux sont, aux yeux du lecteur actuel, vite agaçants par leur bonté d'âme et leurs naïveté parfois grossière, on oublie très vite leurs personnalités insipides pour les considérer comme ils doivent l'être : il sont de parfaits réceptacles pour le lecteur avide d'aventures que nous sommes et nous permettent de voyager dans ce pays magique avec aisance. 

Certains passages - voire des romans entiers - sont généreusement inspirés de la bible, notamment le dernier, La dernière bataille, une longue scène d'apocalypse où les bons sont récompensés et les méchants punis. Mais loin de m'agacer, ces passages s'insèrent parfaitement dans la mythologie de Narnia et aident à forger un ensemble cohérent. Il est un peu perturbant d'assister dans Le Neveu du Magicien à la naissance de Narnia pour se rendre compte qu'en quelques centaines de pages on aura vécu toutes les grandes aventures d'un monde voué à disparaître, mais au final, c'est une très jolie métaphore de la vie elle-même.

C'est d'ailleurs l'une des deux choses que j'ai le plus aimées dans Narnia, cette facilité avec laquelle Lewis parle de la naissance, de la mort, du sacrifice, de la trahison, de la fatalité, du néant et de l'immensité avec des mots clairs, simples, accessibles aux jeunes lecteurs. J'ai lu que beaucoup de gens avaient trouvé le ton pompeux voire condescendant, et je pense que cela est dû à de mauvaises traductions. Ayant lu le texte en anglais, c'est vraiment le style qui m'a enchantée. Lewis s'adresse à ses lecteurs avec intelligence, sincérité et tendresse. 

Mais la première chose qui m'a fait beaucoup aimer Narnia, c'est tout ce qui transparaît de l'Angleterre so british dans son univers fantastique : des petits déjeuners à rallonge enrichis de moult descriptions qui mettent l'eau à la bouche, l'extrême politesse des protagonistes, l'amour pour la simplicité d'un joli buisson de roses ou les piques-niques au bord des rivières, l'humour pince-sans-rire, quelques créatures aux raisonnements absurdes digne d'un Chapelier fou, l'admiration du courage, de la noblesse de cœur et de la chevalerie, ce fourmillement d'animaux qui parlent et vivent dans des terriers trop confortables pour vouloir les quitter... Tous ces petits détails donnent aux Chroniques de Narnia un air de famille avec Winnie l'Ourson, Le Vent dans les Saules, Mary Poppins, Bilbo le Hobbit, Peter Pan... 

En résumé, Les Chroniques de Narnia furent pour moi une très belle découverte qui m'a donné l'impression de visiter un endroit qui ressemble à d'autres que j'ai beaucoup aimés. Si certaines faiblesses pourraient rebuter certains lecteurs modernes (l'omniprésence de références bibliques, les histoires qui se terminent généralement très bien, les héros gentils, courageux et naïfs qui manquent de profondeur, et surtout la fin que je juge traumatisante pour le lecteur), j'encourage tout de même à découvrir ce texte plus profond qu'il n'en a l'air, intelligent, narrant des aventures à un rythme entraînant qui vous empêche de poser le livre avant d'avoir au moins encore lu un chapitre. Oh, allez, encore un. Un dernier, après c'est tout.

Un classique à découvrir pour tous les amoureux de la langue anglaise et des histoires qui ont forgé notre littérature d'aujourd'hui.

4 commentaires :

  1. Je trouve que tu as fait une chronique magnifique, qui donne envie de découvrir ce livre, moi qui n'est vu que deux films. Merci.

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    1. "Magnifique", je sais pas, mais merci beaucoup! :) J'espère que d'autres seront tout aussi agréablement surpris que moi! Si jamais tu t'y mets, n'hésite pas à me dire si tu es d'accord avec moi ;)

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  2. Ah c'est sûr qu'il ne faut pas être gênée ou agacée par les passages bibliques et la bonne morale. Ceci dit, j'ai préféré les premiers tomes aux suivants. Mais l'univers et l'idée de base sont chouettes.

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    1. Ayant tout lu d'une traite, je n'arrive pas à dire s'il y a un tome que je préfère aux autres... Mais ce sont de chouettes aventures, je me voyais bien lire ce genre de texte à voix haute à des (mes?) enfants au moment de dormir! :)

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