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dimanche 3 mai 2015

"Le bruit est proportionnel au silence qui l'a précédé."

Moi, quand je suis allée voir V pour Vendetta au cinéma en 2006 au cinéma, j'ai pris une belle baffe cinématographique. Tout, du récit à la réalisation en passant par les dialogues ou la musique, m'a marquée. Depuis je commémore tous les 5 novembre avec un petit visionnage de ce film que je commence à connaître par cœur (en plus V a la voix de Jafar, ce qui est forcément über classe). Je vous avais déjà dit qu'il fallait absolument que je le lise, mon chéri me l'a offert à mon anniversaire, et ce fut chose faite. Aujourd'hui je vous parle de V pour Vendetta d'Alan Moore et David Lloyd.




"Londres, fin du XXe siècle : plus personne n'ose résister au "Système". L'œil et l'oreille espionnent, le nez enquête, la bouche désinforme et la main fait régner l'ordre et la terreur. L'Angleterre a pris les couleurs du fascisme. La culture a été effacée. Pourtant quelqu'un ou quelque chose rôde dans les ruelles sombres. Il est vêtu comme un comédien, masqué d'un éternel sourire, cite Shakespeare, sauve les innocents, pose des bombes et préserve ce qu'il reste de la culture dans son musée des ombres. Un anarchiste s'est glissé au cœur du système. Ni comédien ni tragédien, ni bouffon ni fou, ni fanatique ni terroriste, ou peut-être tout cela à la fois, il n'a pour nom qu'une initiale : V. V pour Vendetta. V pour Vengeance. À moins que ça ne soit pas aussi simple que ça..."





La première chose que je me suis dite, c'est que connaître très bien le film m'a beaucoup aidée à suivre l'intrigue. Elle est dense : il y a beaucoup de personnages, pas mal d'allers et venues entre les lieux et les époques, énormément de texte (très bon) et du coup, pour quelqu'un comme moi qui a l'habitude des bandes dessinées plus légères, ça demande pas mal d'attention. 

La mise en scène est spectaculaire. Le moindre zoom, le plus discret des découpages, les quelques fioritures entre les cases, tout a été soigneusement pensé par les auteurs de la série, en faisant de cette histoire un bijou de scénographie.

Si V demeure un personnage énigmatique, on expédie très vite ses origines pour se concentrer sur ses intentions. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un personnage charismatique, intelligent et sans pitié pour les bourreaux. Mais j'ai énormément aimé découvrir que l'oeuvre originale lui laisse une place moins importante au profit d'Evey, la jeune femme qui se retrouve par hasard à aider le terroriste, mais aussi de tous les personnages qui évoluent dans les hautes sphères du gouvernement. Chaque aspect du régime totalitaire est soigneusement disséqué : les rôles prédéfinis par la société desquels on ne peut s'échapper, le manque de libertés, l'impossibilité de s'exprimer, la volonté de tirer profit de la situation, ou au contraire subir en silence en espérant une fin rapide, quelle qu'elle soit.


Je ne suis par contre absolument pas fan du trait de David Lloyd, et encore moins de ses couleurs pâles et vagues. Si les dessins très sombres et les teintes peu pigmentées ajoutent à l'atmosphère pesante et étouffante, ils ont été un vrai répulsif pour moi. J'ai eu l'impression de devoir décoder chaque case pour comprendre ce qui s'y passait, et reconnaître les personnages était parfois un peu ardu. 

Globalement, Moore & Lloyd nous livrent avec V pour Vendetta une fable macabre sur le totalitarisme, l'usage que les puissants font de la peur des faibles, la nécessité de conserver toujours un esprit critique et surtout, croire en la liberté. Un vrai manifeste politique emprunt d'espoir, malgré tout. A nous tous d'être V.

2 commentaires :

  1. Oh la la! Ce film est aussi une claque pour moi! Je crois que je le connais aussi par coeur! (Et pourtant je pleure toujours autant devant)
    J'avais aussi acheté la bande dessinée. C'est vrai que j'ai eu du mal avec le dessin au début... Mais bon l'histoire est si dense (comme tu dis). D'ailleurs il faudrait que je le relise!

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    1. Toi aussi tu as senti tous tes poils se hérisser pendant la tirade de V ? :D

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