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samedi 31 janvier 2015

"L'humain est un corridor et tout humain pleure son ciel disparu..."

"...Un chien sait cela et c'est pour cela que son affection pour l'humain est infinie."

Anima, de Wajdi Mouawad

Présentation:
Lorsqu’il découvre le meurtre de sa femme, Wahhch Debch est tétanisé : il doit à tout prix savoir qui a fait ça, et qui donc si ce n’est pas lui ? Éperonné par sa douleur, il se lance dans une irrémissible chasse à l’homme en suivant l’odeur sacrée, millénaire et animale du sang versé. Seul et abandonné par l’espérance, il s’embarque dans une furieuse odyssée à travers l’Amérique, territoire de toutes les violences et de toutes les beautés. Les mémoires infernales qui sommeillent en lui, ensevelies dans les replis de son enfance, se réveillent du nord au sud, au contact de l’humanité des uns et de la bestialité des autres. Pour lever le voile sur le mensonge de ses origines, Wahhch devra-t-il lâcher le chien de sa colère et faire le sacrifice de son âme ?
Ici, je vous parle beaucoup de romans jeunesse, de coups de cœur choupi-lol et de trucs mimi-tous-pleins. Mais parfois je lis autre chose, et parler d'autre chose devient difficile pour rendre justice à une oeuvre telle qu'Anima. C'est ma copine Nay qui m'en a parlé, je l'ai acheté, je l'ai lu (lisez sa chronique ici, elle vous en parlera sans doute mieux que moi!) . Tentons maintenant de vous en dire quelques mots.

C'est un roman poignant sur la violence enfouie au fond de chaque être humain, un récit qui nous parle d'humanité et de bestialité. On suit Wahhch, anéanti par la mort de sa femme et perturbé par le souvenir que le traumatisme veut à tout prix faire resurgir dans sa mémoire. Désireux de découvrir la vérité, à la fois sur la mort de sa femme mais aussi sur cette horreur qui semble dissimulée en lui, il s'engage dans un road trip à travers le Canada et l'Amérique, au risque que cette vérité le détruise.

Plus précisément, nous le suivons à travers les yeux de la multitude d'animaux qui croisent sa route : araignées, chiens, chats, poissons rouges, chevaux et autres fourmis, c'est en nous offrant le point de vue des animaux que l'auteur nous livre une leçon d'humanité. Humanité qui est ici représentée dans ses aspects les plus sombres. Rien n'est épargné au lecteur, le style est clair, précis et sans concession. 

Ce roman permet également, contre toute attente, de revenir sur le massacre de Sabra et Chatila, au Liban, au début des années 90, dont on ne parle plus, comme de tant de massacres perpétrés à travers le monde et les époques. Mouawad nous enseigne que malgré toute l'amnésie dont l'homme (et la société) est capable, les traumatismes et les souvenirs restent, et qu'en resurgissant ils peuvent entraîner avec eux des cris et des actes inimaginables d'horreur et de désespoir.

Un roman difficile à digérer mais dont je recommande la lecture, notamment lorsque l'on cherche une oeuvre qui peut véritablement vous changer, vous retourner comme un gant, vous faire réfléchir et prendre du recul sur le monde.

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