Les livres achetés en 2014 que j'ai honte de n'avoir pas encore lus! - {TTT}

mardi 13 janvier 2015

Hum alors pour ce nouveau Top Ten Tuesday, j'ai d'abord dû faire le tri dans tous les livres que j'ai et que je n'ai pas lus pour détacher ceux achetés en 2014 des autres... Ahem. J'ai eu des bouffées d'angoisse en plongeant dans ma bibliothèque et en voyant tout ce que j'ai et que je n'ai pas encore lu. Argh. Bref. Voilà les dix livres qui m'attendent patiemment dans ma pilalire et que je me suis offert l'an dernier!

Cliquez sur les couvertures pour accéder aux résumés sur Livraddict!

 

Voilà voilà... Les avez-vous lus? Par quoi me conseillez-vous de commencer? Quoiqu'il en soit je suis en mode frénésie de lecture et j'espère pouvoir arriver au bout de ces dix romans d'ici quelques mois!

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.

"La mort n'est qu'un service rendu à la vie pour qu'elle se renouvelle et continue."

lundi 12 janvier 2015

Les deux messieurs de Bruxelles, Eric-Emmanuel Schmitt

Quatrième de couverture: 
Un recueil de 5 nouvelles sur le mystère des sentiments inavoués. Souvent, l’architecture d’une vie est composée de passions invisibles, qui ne se diront jamais, que personne ne devinera, inaccessibles parfois même à celui qui les éprouve. Et pourtant, quoiqu’obscurs, ces sentiments sont réels ; mieux, ils construisent la réalité d'un destin. 
Avec délicatesse, Eric-Emmanuel Schmitt dévoile les secrets de plusieurs âmes. Une femme entretenue et gâtée par deux hommes qu’elle ne connaît pas. Un héros qui se tue à la mort de son chien. Une mère généreuse qui se met à haïr un enfant. Un couple dont le bonheur repose sur un meurtre. Un mari qui rappelle constamment sa nouvelle femme au respect de l’époux précédent… «En amour, on croit être deux alors qu’on est trois.»
Eric-Emmanuel Schmitt fait partie des quelques auteurs dont j'ai lu beaucoup de choses. Je m'empare généralement de l'un de ses ouvrages dans une librairie avant de prendre un train ou quand je pars en vacances, et je le dévore en quelques heures. Je vous avais déjà parlé de La femme au miroir, cette fois-ci, on discute d'un recueil de nouvelles. Exercice difficile que de faire la chronique de cinq textes en même temps, mais je tente!

Schmitt nous parle d'amour, comme toujours. Cette fois-ci, il met en scène des personnages (couples, mère et enfant, maître et chien) dont l'affection mutuelle est due à l'existence d'une tierce personne. La première nouvelle, "Les deux messieurs de Bruxelles", qui donne son titre au recueil, nous parle d'un couple gay qui, par pur hasard, se retrouve à suivre de loin la vie d'un couple hétéro après avoir discrètement piraté leur mariage. Ils s'éprennent follement pour le jeune fils du couple jumeau et, de loin, essaie de rendre sa vie et celle de sa mère plus douce. C'est un très joli texte en forme de fable qui termine en conte de fées.

Les quatre autres nouvelles suscitent chacune des émotions différentes chez le lecteur, mais terminent presque toutes sur cette note attendrissante qui nous dit que peut-être, au fond, l'être humain peut être à la fois complexe et formidable. Dans "Le chien", un homme qui a toujours eu le même chien toute sa vie (la même espèce, hein, pas un chien de soixante ans!) commet un acte surprenant et absurde à la mort du dernier : il se suicide. Sa fille, qui s'est toujours sentie moins importante aux yeux de son père que son chien, essaie de découvrir, avec l'aide du narrateur, l'origine de cette passion incongrue et incompréhensible. Nous plongeons alors des décennies en arrière, pendant la Shoah, et on découvre alors que l'amour d'un chien peut sauver un homme.

Les trois dernières nouvelles m'ont beaucoup moins marquée. "Ménage à trois" est menée sur un ton presque burlesque, Schmitt nous cachant l'identité des personnages jusqu'à la fin, et on est agréablement surpris lorsqu'elle nous est révélée, donnant la clé pour comprendre tout le texte. Le ton pincé et frustré de la veuve lorsque son nouveau mari s'éprend des compositions de l'ancien est un délice.

"Un cœur sous la cendre", est peut-être la plus longue des nouvelles et la moins gaie. Une mère, en plein conflit avec son fils adolescent, se met à frôler les frontières de la folie lorsque celui-ci meurt et que, le même jour, son neveu qu'elle adore reçoit enfin le nouveau cœur dont il avait cruellement besoin. Ce cœur qui va permettre à son filleul adoré de survivre est-il celui de son fils? Peut-elle pardonner à un garçon de vivre grâce à la mort d'un autre? Une nouvelle poignante, certes, mais le personnage principal et son tiraillement entre culpabilité et soulagement sont très lourds et contrastent avec le reste du recueil. La fin, douce et tendre, m'a surprise, car le ton employé par Schmitt me préparait à une tragédie.

La dernière nouvelle, "L'enfant fantôme", est celle qui m'a le moins marquée. Un couple qui avait décidé, après des dizaines de tentatives, de ne pas donner naissance à l'enfant atteint d'une maladie génétique qu'ils étaient sur le point de mettre au monde, sont sauvés d'un accident de ski grâce à une jeune fille atteint de la même maladie. La culpabilité les mène à s'ignorer mutuellement pour le reste de leurs vies. Le malaise suscité par ma lecture vient de ce qu'on ne sait pas si Schmitt condamne l'avortement ou s'il voulait juste jouer avec ses personnages en leur infligeant une cruelle coïncidence.

Quoiqu'il en soit, les cinq nouvelles se lisent toutes seules, comme d'habitude, et l'on s'étonne d'arriver à la fin du recueil. Les personnages ont comme toujours une personnalité parfaitement creusée (quelques mots suffisent à les cerner) et on les côtoie quelques pages en ayant l'impression de les avoir toujours connus. Je n'avais pas lu de Schmitt depuis des mois, aussi ai-je été moins agacée par sa bienveillance systématique et son optimisme intarissable dès qu'il parle de l'humanité pour qui il a, de toute évidence, une fascination d'amant fidèle.

De jolies textes que je recommande à ceux qui ont besoin d'une parenthèse de douceur.

"Je venais juste de me résigner à vivre une vie ordinaire, quand des événements extraordinaires se sont produits."

samedi 10 janvier 2015

Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs

Petit résumé: 
Jacob est un ado comme les autres, excepté qu'il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d'enfants qu'il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu'il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s'accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu'à suivre les dernières instructions qu'a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle...
Ne nous voilons pas la face, comme tout le monde, je m'en fichais un peu de l'histoire et j'ai craqué pour ce superbe livre. Agrémenté de véritables photos dénichées par l'auteur dans des vides-greniers, dans des collections privées ou bien par pur hasard, ce livre aux délicieux accents d'étrange nous donne le sentiment de revenir à l'époque des freaks shows et des cirques un peu flippants. 

Et puis après je l'ai lu. 

Jacob décide de ne plus croire les histoires que son grand-père lui raconte depuis tout petit, peuplées de personnes aux pouvoirs étrangers : un garçon qui hébergeait des abeilles dans son ventre, une petite fille qui volait et qu'on devait toujours attacher à la cheville... Il est grand maintenant, a bien compris que son grand-père s'était inventé ces histoires pour occulter les horreurs de la Shoah dont il fut presque une victime, et son plus grand souci, c'est de savoir ce que l'avenir lui réserve dans sa vie d'ado américain sans talent particulier. 

Un soir, cependant, il retrouve son grand-père à moitié-mort dans son jardin et aperçoit l'un des monstres dont le vieil homme lui parlait. Son entourage le croit devenu fou, victime d'une dépression nerveuse. Jacob lui-même finit par s'en convaincre. Afin de faire une croix sur ces hallucinations, il demande à son père de l'emmener sur la petite île européenne où son grand-père a été réfugié pendant la guerre, histoire de mener l'enquête et de déterminer si oui ou non toutes ces histoires étaient du vent.

Le récit ne démarre vraiment qu'à ce moment-là, il faut donc un moment pour se plonger dans l'histoire et rester accroché, mais la mayonnaise finit par prendre et l'on suit Jacob au fil de son enquête. On découvre un orphelinat caché dans le temps et dans l'espace, peuplé d'enfants perdus aux capacités incroyables. Jacob lui-même découvre qu'il est aussi un peu particulier, et se retrouve malgré lui au cœur d'un combat qui le dépasse complètement.

Si j'ai eu du mal à entrer dans le roman, j'ai adoré l'univers de Ransom Riggs. Il a le don de créer des atmosphères mystérieuses ou terrifiantes, et on apprécie les frissons qui parcourent la nuque au fur et à mesure de la lecture. Les derniers chapitres terminent dans un véritable cliffhanger très frustrant : on sent que le roman devait continuer, mais qu'il a fallu couper quelque part, et l'on se retrouve avec l'impression de n'avoir lu que la moitié d'une histoire.

Heureusement pour moi, le second tome est déjà sorti et m'attend dans ma pilalire... Je vous dirai très bientôt si la suite vaut le coup, car je pense que c'est le genre de série qu'on ne peut juger que dans son ensemble, le premier tome étant peut-être trop riche ou trop flou pour savoir quoi en dire!

 
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