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dimanche 22 octobre 2017

"La seule vie qui vaut la peine d'être vécue, c'est une vie qu'on a peur de perdre."

C'est reparti! On entame cette nouvelle série de chroniques avec l'un de mes premiers coups de cœur en fantasy depuis un bon moment. Ça s'appelle Shades of Magic, c'est écrit par V.E.Schwab et c'est publié en français chez Lumen. Mais de quoi ça parle donc?

Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l'âme. Le nôtre est gris, sans magie d'aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d'air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu'on s'y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l'a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s'y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui. Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C'est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire ; mais à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l'irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu'une jeune fille du nom de Lila décide de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui – pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé.

J'attendais avec une impatience mal contenue la sortie du premier tome de cette trilogie en français, car j'en avais entendu énormément de bien sur la sphère booktube anglophone. Alors dès qu'il est sorti, il y a quelques semaines, j'ai plongé le nez dans ce pavé de 500 pages.

Comme tout bon premier tome, celui-ci pose les bases d'un univers délicieusement gothique, tout en noir, blanc et sang, dans lequel on suit Kell de monde en monde délivrer des messages et échanger des objets. L'auteur nous distille subtilement les informations nécessaires à la compréhension de cet univers, pile au moment où on les attend, et la lecture se fait du coup fluide et agréable. On s'attache sans peine aux deux personnages principaux, Kell et Lila, et on suit leurs aventures séparément jusqu'à ce qu'ils se rencontrent. Kell a pour lui d'être ténébreux, caustique et un peu torturé ; Lila est quant à elle une pirate en devenir, sans scrupules, agile et cynique.

Si l'action met un peu de temps à démarrer, ce n'est pas au détriment de l'intrigue, qui s’avérera, on le sent, plus complexe et profonde que ce que ce premier tome laisse deviner. Et surtout, l'auteur a le chic pour dépeindre les trois Londres de façon à ce qu'on s'y retrouve très vite ; la chaleur du rouge, l'horreur grinçante du blanc et la fadeur triste du gris deviennent très vite, pour le lecteur, des ambiances aisément reconnaissables.

J'attends de lire la suite avec impatience, d'autant que j'ai personnellement adoré le personnage de Lila, très éloigné des héroïnes habituelles que l'on retrouve en Young Adult ; indépendante, égoïste, ironique à souhait, cupide et maniant les armes avec la dextérité d'un assassin, elle ne s'intéresse qu'à l'appel de l'aventure; et si ses rapports avec Kell s'adoucissent au fur et à mesure du roman, on ne voit pas venir le triangle amoureux à douze kilomètres comme d'habitude, et c'est rafraîchissant. C'est un personnage qui ne se laissera pas détourner de ses rêves par un garçon, et ça change!

Parlons de ce qui m'a le plus dérangée, et vraiment, ça n'a pas grand chose à voir avec le texte en lui-même : le travail éditorial fait autour de la traduction française me gêne et m'agace. Là où en anglophonie, le roman est catégorisé en fantasy, il est sorti, en France, en littérature jeunesse. S'il est possible de se réjouir de l'arrivée en young adult francophone d'une trilogie aussi sombre, riche et autant acclamée de par le monde, je suis plus que perplexe par le choix de ne pas la sortir en littérature adulte. Sommes-nous en train de nous dire que toute série mettant en scène des personnages âgés d'à peine 18 ans sont pour les ados? Est-ce pour attirer les adultes vers le rayon jeunesse et leur montrer que tout ce cloisonnage est une question de point de vue? Ou bien les éditeurs désirent-ils seulement surfer sur les succès de La Passe-Miroir et Six of Crows? J'ai du mal à me faire un avis et à savoir si ce choix éditorial est une bonne chose ou non...

En tout cas, ce qui est sûr, c'est que je préfère cent fois la couverture américaine, graphique, classe et qui laisse plus de liberté à l'imagination du lecteur... Jugez plutôt.

C'est quand même pas trop plus la classe?!
Pour résumer, un super premier tome qui est passé trop vite à mon goût et qui me donne envie de dévorer les deux tomes suivants... mais que j’achèterai dans la version américaine, pour pimper ma bibliothèque!


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1 commentaire :

  1. J'ai bien envie de le lire celui-là ! et tout à fait d'accord pour la couv' ! c'est pour ça que si je le lis, ce sera en vo ;)

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