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vendredi 27 novembre 2015

"Tout le monde mérite une ovation au moins une fois dans sa vie, parce que nous triomphons tous du monde."

Petite lecture qui a bouclé mon cycle de "romans pour ados à sujets difficiles", Wonder fut une jolie découverte ensoleillée.

Je m'appelle August. 

Je ne me décrirai pas. 

Quoi que vous imaginiez, c'est sans doute pire.

Né avec une malformation faciale, Auggie n'est jamais allé à l'école. 

A présent, pour la première fois, il va être envoyé dans un vrai collège... 

Pourra-t-il convaincre les élèves qu'il est comme eux, malgré tout?

Nous rencontrons August, qui rentre en sixième. C'est la première fois qu'il va à l'école. Jusqu'ici, ses multiples opérations l'avaient conduit à être scolarisé à la maison. Mais là, c'est le grand bouleversement. Il se retrouve dans un grand collège prestigieux, et même s'il a l'habitude qu'on le dévisage et qu'on le pointe du doigt, ça reste une expérience désagréable. Dans son voisinage, tout le monde le connaît et s'est habitué à son visage particulier ; à l'école, il doit repartir de zéro et encaisser les blagues cruelles et les regards effrayés. Heureusement, il peut compter sur une famille aimante, un principal compatissant et ses deux nouveaux amis, Summer et Jack, pour essayer de s'intégrer.

Le petit plus de ce roman, c'est qu'il est à plusieurs voix : le visage d'August a attiré autour de lui des gens aux passés et personnalités très différentes. Chacun des narrateurs - sa sœur, le copain de sa sœur, ses amis à l'école - a eu une approche différente de la bizarrerie d'August, avec leurs failles et leurs défauts, ce qui rend la narration très humaine et réaliste. Si l'on aimerait tous penser, en lisant, que nous serions le type de personnes qui iraient spontanément vers quelqu'un affublé d'un tel handicap, il faut être réaliste et se dire qu'une bonne partie d'entre nous réagirait d'abord avec répulsion. C'est de cela que parle Wonder, de notre rapport à la différence, de l'empathie, de la générosité, de l'injustice.

J'ai notamment beaucoup apprécié les différents tons qu'adopte Palacio lorsqu'elle prend le point de vue de chacun des personnages différents. Lorsqu'on est avec August, il a réellement les réflexions d'un enfant de dix ans un peu capricieux. Lorsqu'on est avec Miranda, l'amie de sa sœur à la famille explosée, on a le discours d'une ado de quinze ans un peu paumée. On se glisse dans la peau des différents personnages avec une facilité étonnante. C'est vraiment très agréable!

Wonder est un charmant petit roman solaire qui met du baume au cœur et nous pousse à l'altruisme. A mettre entre toutes les mains!

lundi 23 novembre 2015

"There is a kind of happiness and wonder that makes you serious. It is too good to waste on jokes."

Allez, j'attaque un gros morceau! Je vous avais dit qu'il traînait sur mes étagères depuis des années, c'est un immense classique incontournable, je commençais même à me dire que pour une libraire jeunesse amoureuse des classiques britanniques c'était inadmissible de n'y avoir jamais mis le nez... Alors lors de mes dernières vacances loin de la civilisation, ni une, ni deux, j'ai embarqué l'un des plus gros pavés de ma bibliothèque et je l'ai lu d'une traite : sept tomes en une semaine. Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, nous allons parler des célébrissimes Chroniques de Narnia.

Doit-on vraiment vous présenter cette saga? Bon allez, j'essaie. Les chroniques de Narnia est un ensemble de sept romans pour la jeunesse écrits dans les années cinquante par Clive Staples Lewis, éminent professeur d'Oxford (et ami proche de l'autre célébrissime, J.R.R.Tolkien). Ces romans mettent en scène les aventures de plusieurs enfants dans le monde fantastique de Narnia, un monde où certains animaux parlent, où les faunes et les dryades dansent au clair de lune et où des enfants de notre monde peuvent gouverner des royaumes. Vous connaissez peut-être les enfants Pevensie et le Prince Caspian grâce aux films réalisés dans les années 2000, adaptés de trois titres de la saga. Si vous avec soupiré devant les mèches rebelles de Ben Barnes dans son armure, sachez que vous n'êtes pas seul(e)s.

Mais bref, là n'est pas le sujet! J'avais des réticences à m'attaquer au texte original, car si l'aventure et les morales passaient relativement bien en film, j'avais peur d'assister à l'étalement exhaustif des valeurs chrétiennes et à des réécritures à peine déguisées de passages bibliques. Ce qui m'a fait changer d'avis, c'est la lecture du roman Un visage pour l'éternité dont je vous ai parlé il y a quelques mois, où j'ai pu découvrir la plume de Lewis et son amour pour les mythes. 

Et je dois dire que j'ai été agréablement surprise. Je me suis laissée porter par les multiples aventures, j'ai beaucoup aimé découvrir les différents personnages et j'ai adoré l'univers de Narnia. Sa géographie, cette nature colorée, joyeuse et vive, sa faune bigarrée et attachante, ses trésors magiques issus de pépins de pomme ou de lampes torche abandonnées... On se retrouve très vite à l'aise dans cet univers beaucoup plus vaste que ce que les films ont pu nous laisser deviner. 

Si les personnages principaux sont, aux yeux du lecteur actuel, vite agaçants par leur bonté d'âme et leurs naïveté parfois grossière, on oublie très vite leurs personnalités insipides pour les considérer comme ils doivent l'être : il sont de parfaits réceptacles pour le lecteur avide d'aventures que nous sommes et nous permettent de voyager dans ce pays magique avec aisance. 

Certains passages - voire des romans entiers - sont généreusement inspirés de la bible, notamment le dernier, La dernière bataille, une longue scène d'apocalypse où les bons sont récompensés et les méchants punis. Mais loin de m'agacer, ces passages s'insèrent parfaitement dans la mythologie de Narnia et aident à forger un ensemble cohérent. Il est un peu perturbant d'assister dans Le Neveu du Magicien à la naissance de Narnia pour se rendre compte qu'en quelques centaines de pages on aura vécu toutes les grandes aventures d'un monde voué à disparaître, mais au final, c'est une très jolie métaphore de la vie elle-même.

C'est d'ailleurs l'une des deux choses que j'ai le plus aimées dans Narnia, cette facilité avec laquelle Lewis parle de la naissance, de la mort, du sacrifice, de la trahison, de la fatalité, du néant et de l'immensité avec des mots clairs, simples, accessibles aux jeunes lecteurs. J'ai lu que beaucoup de gens avaient trouvé le ton pompeux voire condescendant, et je pense que cela est dû à de mauvaises traductions. Ayant lu le texte en anglais, c'est vraiment le style qui m'a enchantée. Lewis s'adresse à ses lecteurs avec intelligence, sincérité et tendresse. 

Mais la première chose qui m'a fait beaucoup aimer Narnia, c'est tout ce qui transparaît de l'Angleterre so british dans son univers fantastique : des petits déjeuners à rallonge enrichis de moult descriptions qui mettent l'eau à la bouche, l'extrême politesse des protagonistes, l'amour pour la simplicité d'un joli buisson de roses ou les piques-niques au bord des rivières, l'humour pince-sans-rire, quelques créatures aux raisonnements absurdes digne d'un Chapelier fou, l'admiration du courage, de la noblesse de cœur et de la chevalerie, ce fourmillement d'animaux qui parlent et vivent dans des terriers trop confortables pour vouloir les quitter... Tous ces petits détails donnent aux Chroniques de Narnia un air de famille avec Winnie l'Ourson, Le Vent dans les Saules, Mary Poppins, Bilbo le Hobbit, Peter Pan... 

En résumé, Les Chroniques de Narnia furent pour moi une très belle découverte qui m'a donné l'impression de visiter un endroit qui ressemble à d'autres que j'ai beaucoup aimés. Si certaines faiblesses pourraient rebuter certains lecteurs modernes (l'omniprésence de références bibliques, les histoires qui se terminent généralement très bien, les héros gentils, courageux et naïfs qui manquent de profondeur, et surtout la fin que je juge traumatisante pour le lecteur), j'encourage tout de même à découvrir ce texte plus profond qu'il n'en a l'air, intelligent, narrant des aventures à un rythme entraînant qui vous empêche de poser le livre avant d'avoir au moins encore lu un chapitre. Oh, allez, encore un. Un dernier, après c'est tout.

Un classique à découvrir pour tous les amoureux de la langue anglaise et des histoires qui ont forgé notre littérature d'aujourd'hui.

mardi 10 novembre 2015

Tag : La séduction livresque

Une fois n'est pas coutume, j'ai été taguée par Eole! Le principe de ce tag est assez simple, jugez-en par vous-même.

PHASE 1: ATTRACTION INITIALE
Un livre que j’ai acheté pour sa couverture…
Le truc drôle c'est qu'au début, de loin, j'ai cru que tous les petits boudins c'était des papillons :D
*
PHASE 2: PREMIERES IMPRESSIONS
Un livre que j’ai acheté pour son résumé…
C'est Malika Ferdjoukh, ça parle d'Hitchcock et de l'Hollywood des années 50/60, et en filigrane il y a une pièce de James M. Barrie. Alors je l'ai lu.
*
PHASE 3: CONVERSATION AGREABLE
Un livre avec une superbe écriture…
En plus d'être superbement écrit, il est superbement dessiné. Si si.
*
PHASE 4: PREMIER RENDEZ-VOUS
Le premier tome d’une saga qui a fait que tu voulais lire tout le reste de la saga…
Je me suis tapé trois saisons de Once Upon a time qui étaient de pire en pire, et puis je me suis réconciliée avec les réécritures de contes urbaines américaines en lisant Fables, que j'adore.
*
PHASE 5: APPELS JUSQU’A TARD DANS LA NUIT 
Un livre qui t’a tenu éveillée toute la nuit…
Je l'ai commencé un soir et je l'ai fini dans la nuit, vers 4h du matin, après l'avoir lu d'une traite. Une très belle expérience de lecture.
*
PHASE 6: TOUJOURS DANS MA TETE
Un livre auquel je ne peux m’arrêter de penser…
Je sais, je vous SAOULE avec ce bouquin mais c'est pour une bonne raison! Si, si! Je vous jure!
*
PHASE 7: PASSAGE A L’ACTE
Un livre dont tu aimes l’odeur, le toucher…
Ma dernière rencontre "sensuelle" avec un livre c'est celle-ci, elle date de l'an dernier, c'est l'édition classe de chez Hachette de L'Histoire sans fin. La couverture rigide, le vernis sélectif, les illustrations, les passages qui changent de couleur en fonction de si l'on est du point de vue de Bastian ou d'Atreju... Aaaaah...!
*
PHASE 8: RENCONTRE AVEC LA FAMILLE 
Un livre que tu recommanderais à ta famille et tes amis…
C'est ma cousine Chloé qui me l'a prêté, je l'ai lu, ensuite je l'ai acheté, relu, fait dédicacer à Quai des Bulles puis relu. Vous ne l'avez pas lu? Il faut.
*
PHASE 9: PENSER AU FUTUR 
Une série que tu vas relire plusieurs fois…
Sans conteste le manga pour lequel j'ai eu le plus gros coup de cœur de toute ma vie (avec en deuxième presque ex-aequo Fullmetal Alchemist quand même).

Je ne taguerai personne en retour, mais si jamais ça vous dit, n'hésitez pas à dire que ça vient de moi ;)

lundi 2 novembre 2015

"Les personnes qui ne s'expriment pas meurent à petit feu."

Je suis actuellement dans ma phase "ohmondieujedoistuermapilalire", du coup je lis mes romans par thématique. En ce moment, je suis dans les romans parlant d'adolescents traversant des périodes plus ou moins difficiles dans leurs vies. Aujourd'hui, je vous parle de Vous parler de ça que j'ai lu aux éditions La belle colère.

En 1998, Laurie Halse Anderson, jusque-là auteur pour enfants, est réveillée par les sanglots d'une jeune fille. Dans la maison, ses enfants dorment à poings fermés; c'est un cauchemar qui a réussi à la tirer du sommeil. Répondant au besoin de se vider l'esprit des pensées sombres qui s'y agitent, Laurie attrape un carnet et y couche le brouillon d'une histoire, celle d'une jeune fille qui ne parle plus depuis un terrible crépuscule d'été. 

Vous parler de ça est un texte qui secoua beaucoup la Young Adult anglo-saxonne depuis la fin des années 90 mais qui n'arriva en France qu'en 2014, grâce au regain d'intérêt amené par John Green et d'autres auteurs américains pour des textes forts, plein de véracité et de sujets profonds traités avec sérieux et tendresse.

On ouvre le livre sur Melinda, une jeune fille de quatorze ans qui entre au lycée (avec toutes les horreurs qui suivent l'entrée dans un lycée américain, les clans, la popularité, l'argent, les fringues), et qui trimbale derrière elle une mauvaise réputation. En effet, tout le monde sait qu'elle a gâché la fête de l'année l'été dernier en appelant la police en plein milieu des festivités, obligeant tout le monde à détaler comme des lapins. Ses amies du collège ne lui parlent plus. Elle-même ne parle plus tellement. Et plus elle nous raconte ses journées, plus on comprend que quelque chose de grave s'est passé.

Au fur et à mesure du récit, Melinda se replie sur elle-même puis décide de sortir de son cocon, elle panse ses blessures et prend peu à peu la parole. Elle tente d'abord d'oublier, d'enterrer ses souvenirs, avant de se laisser contaminer par l'angoisse et tenter de la surmonter. Accompagnée par un prof d'arts plastiques compréhensif, elle apprend doucement à respirer, à survivre puis à vivre. 

C'est un texte sincère, tout en simplicité et en phrases coups de poing. On s'attache vite à Melinda et on comprend son incapacité à parler. On a envie de lui faire des câlins et de l'aider à se réparer. C'est un excellent roman qui parle de guérison, de plaies invisibles, du pouvoir qu'ont les mots et de la difficulté à se faire comprendre par ses pairs. A lire absolument.