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lundi 28 janvier 2013

"Octobre gronde à nos portes et fait trembler nos fenêtres..."

Je ne vous parle pas beaucoup de bande dessinée, pourtant j'en lis pas mal depuis quelques années. Il y a une série qui m'a tapé dans l'oeil ces dernières années et qui continue de m'enchanter, c'est celle de Billy Brouillard, de Guillaume Bianco, publiée chez Soleil dans la collection Métamorphose.



Billy Brouillard, c'est un petit garçon qui a le don de trouble-vue, ce qui lui permet de voir le monde différemment du commun des mortels. Pour lui, les arbres, les flaques d'eau et les ruisseaux sont peuplés de petites créatures un peu effrayantes et follement attachantes. Le récit est composé de pages de bande dessinée en noir et blanc, de pages qui semblent tirées de journaux anciens racontant des légendes, et d'extraits de carnets de note et d'encyclopédies qui font des gros plans sur certaines créatures ou certaines légendes. Il y a aussi de temps en temps une petite histoire, un conte ou une légende aux tons sepia, qui fait une pause dans le récit et entretien le suspense.
Cliquez pour voir en plus grand!

Le ton de ces histoires est résolument drôle et tendre, mélancolique, macabre sans être morbide, onirique, fantastique, et un poil philosophique. Chacun des trois tomes sortis à ce jour traite d'un sujet propre à la fois au monde de l'enfance mais aussi à celui des adultes, car ce sont des thèmes universels sur lesquels nous n'aurons jamais fini d'écrire et de réfléchir.

Billy Brouillard ; le don de trouble vue
Paru en 2008

Tarzan, le chat de Billy, est mort. Et Billy se retrouve confronté au deuil, à la question du sens de la vie et au fait que quelque chose de mort finit par pourrir et disparaître. Où est son chat, maintenant? Dans un au-delà? Nulle part? 
Billy se pose des questions, comme n'importe quel enfant face à la mort. Mais Billy, grâce à son don, peut interroger beaucoup de monde sur l'au-delà, la vie et la mort. Des fantômes, des êtres de la forêt, des nymphes des flaques d'eau. Au travers d'un chemin initiatique plein d'humour noir, Billy apprendra que la mort est inéluctable et qu'elle fait partie de la vie. 

Ce premier tome est aussi un tome introductif, où l'on nous présente l'univers de Billy et les personnages qui le peuplent. C'est très bien, on est très vite embarqués dans ce monde un peu sombre, un peu drôle, un peu tendre et un peu vrai, où Guillaume Bianco nous entraîne pour mieux nous parler de choses essentielles. Gros coup de coeur pour moi. Je l'adore.


Billy Brouillard ; Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël
Paru en 2010

Dans ce deuxième tome, Billy a toujours du mal à digérer la mort de son chat, il se tourne alors vers celui qui sait tout : le Père Noël. Il lui écrit une longue lettre pour lui demander le secret de la mort, en espérant qu'on lui répondra. Mais le Père Noël se fait attendre, et Billy n'a de réponse nulle part. Le Père Noël serait-il un coup monté? Comme le Croquemitaine? Des mensonges inventés pour que les enfants obéissent à leurs parents?
Billy est en plein questionnement philosophique. Et toutes ces histoires qu'il s'invente, lui aussi? Tout ce qu'il se raconte? Est-ce utile? A quoi ça sert? Est-ce que c'est vrai?
Si ce second tome traite encore de la mort et de questions existentielles, c'est également une histoire qui parle de l'importance des histoires. On peut penser ce que l'on veut du Père Noël-rouge-coca-cola, du mercantilisme des fêtes de fin d'année et de la nécessité de décorer sa maison avec un sapin... Mais ces traditions, ces histoires, ces petites doses de magie annuelles que l'on prend avec un peu de cannelle sont nécessaires au développement de l'imagination et donc de l'esprit humain. Tous les contes, toutes les légendes, toutes les fictions nous aident à mieux comprendre le fonctionnement du coeur humain et nous permettent de voir le monde d'un oeil neuf.

Billy Brouillard ; le chant des sirènes
Paru en 2012

Dans ce troisième opus, qui d'après les distributeurs, serait la fin du premier cycle des aventures de Billy, le jeune garçon porte ses lunettes, ce qui supprime son don de trouble vue. Il a renoncé à son monde imaginaire, réticent à l'idée de trop s'y perdre. Il est en vacances, et rencontre la jeune Prune, qui dit être une sirène. Billy a du mal à jouer le jeu de son amie, qui tente en vain de lui faire accepter son don. Alors évidemment, Billy se fait prendre au piège des premiers émois, des filles et de l'amour!
Petit à petit, Billy va se remettre à fréquenter les créatures étranges et merveilleuses qui peuplent son univers. Cette fois-ci, c'est dans l'océan, symbole féminin par excellence, qu'il va vivre de grandes aventures. La petite Prune tombe malade et lui demande d'aller la sauver, car elle est prisonnière de démons infernaux. Ni une, ni deux, le petit Billy partira à sa rescousse, tel un chevalier de conte. Il fréquentera les créatures aquatiques et traversera les sept niveaux de l'enfer pour retrouver sa sirène. 

Le fait de changer de décor et de s'attaquer à tout l'imaginaire marin est une excellente idée, et ça me plaît beaucoup ; s'il y a bien une créature qui me fascine, c'est la sirène, et tous les récits qui en parlent m'ont toujours envoûtée. Ce tome-ci est cependant légèrement différent des autres, une longue partie du livre, celle où Billy plonge dans les abîmes, n'est pas vraiment sous forme de bande dessinée mais sous forme de roman graphique ou d'album très travaillé ; les images et le textes se détachent en blanc sur une page noire. Le format "classique" de bande dessinée est réservé aux moments quotidien où Prune et Billy jouent, ce qui ne représente qu'une petite partie du recueil. Comme si Bianco s'éloignait de la bande dessinée avec ce troisième opus pour aller davantage vers un forme d'expression multiple, à plusieurs voix, synthétique et globale. J'adhère.

***
Ce qui ne gâche rien, c'est que la collection Métamorphose, dirigée par Barbara Canepa, met un point d'honneur à faire des ouvrages non seulement très bons, mais aussi très beaux! Grands formats, papier épais, couvertures très travaillées... Ce sont de magnifiques objets qu'en tant qu'acheteuse compulsive, j'ai envie de tous posséder uniquement parce qu'il sont superbes. Il est très agréable de voir qu'une collection - et une maison d'édition - commence à comprendre que le livre est plus qu'un support de texte, mais aussi un objet à part entière dont il faut soigner la finition et le look.

Il existe aussi un coffret d'histories courtes se passant dans le même univers, appelé Les Comptines malfaisantes, mais je n'ai pas encore eu la chance ou l'occasion de me les procurer. Bientôt, bientôt!


mercredi 23 janvier 2013

"I think we ought to live happily ever after."

Le Château de Hurle, de Diana Wynne Jones
Lu en français aux éditions Le Pré au Clercs, disponible en anglais sous le titre Howl's moving Castle.

Résumé made in Amazon:
Aînée de trois filles, Sophie vit dans le royaume d’Ingary, un univers où la magie fait partie du quotidien. Forcée de rentrer dans la vie active à la mort de son père, elle se croit condamnée à mener une existence insipide lorsque l’étrange château du magicien Hurle apparaît dans le paysage.
Vous savez, à part Harry Potter, je suis une quiche en fantasy (et encore, HP n'est pas exactement de la fantasy classique). Alors parfois je demande à des copines de me conseiller, parce que je ne vois pas comment je pourrais travailler dans le monde du livre jeunesse si je ne m'intéresse pas à ce genre immense qu'est la fantasy. Donc il y a quelques mois, ma copine Agatha m'a filé la traduction française de Howl's Moving Castle, Le Château de Hurle.

Comme beaucoup de monde ici, moi je connaissais surtout cette histoire pour avoir vu (et adoré) Le Château Ambulant de Myiazaki. C'est un très beau film, à mon sens le plus "cohérent" et le moins "perturbant" du maître (on débattra sur Myiazaki une autre fois) et puis j'étais amoureuse d'Hauru, comme tout le monde.

Je vous met un extrait. Apprécier la finesse de l'animation et la superbe musique.



BREF alors moi, je commence le livre avec le film en tête. Et comme pour n'importe quel film de Myiazaki, ce fut une grave erreur! Le réalisateur japonais lit, digère et recrée les histoires qu'il aime à sa sauce, alors si jamais vous voulez découvrir les oeuvres qui se cachent derrière ses films, allez-y en sachant que vous n'y trouverez presque pas du tout la même chose.

Le Château de Hurle est une espèce de très long conte aux accents initiatiques. Le lecteur est plongé dans l'univers du royaume d'Ingary comme s'il y appartenait, et les informations pour mieux saisir la cohérence de ce monde sont distillées au compte-gouttes par Diana Wynne Jones. Ce n'est pas désagréable mais un peu déroutant lorsqu'on cherche à trouver des repères. Son univers est riche en couleurs, en humour, en enquêtes ; Sophie doit découvrir la teneur du pacte qui unit Hurle à Calcifer, le démon du feu, et grapille deci-delà des indices pour comprendre ce qui se passe dans ce drôle de château.

Ce que j'ai adoré, c'est la multiplicité des petites aventures, des espèces de mini-quêtes qui sont parsemées dans le roman comme autant de parenthèses dans la vie de Sophie au château. Il y a énormément de personnages secondaires qui n'apparaissent pas ou ne furent pas exploités par Myiazaki dans son film, et c'est délectable, cette impression de découvrir de nouvelles pages dans un livre que l'on pensait déjà bien connaître. On en apprend beaucoup sur la provenance de Hurle (saviez-vous qu'il venait de chez nous, le cachottier?) et sur ses combats intérieurs. Il est beaucoup plus mélodramatique, drôle et humain que sa version japonaise. Sophie est elle aussi beaucoup moins lisse et pure que dans le film ; c'est une jeune fille espiègle, intelligente, caractérielle et têtue. Toute cette galerie de personnages, de lieux et de situations rend ce très joli conte coloré, agréable, doux et intense.

Le gros bémol que j'ai à souligner n'est pas du ressort de l'auteur, mais de la traductrice ou du traducteur (dont je ne trouve plus le nom, si quelqu'un a le livre sous la main!). On sent le texte original sous la traduction, certaines expressions idiomatiques ont été absolument mal traduites et certains dialogues manquent de sens et de cohérence. C'est franchement dommage, car en tant qu'angliciste chevronnée, je n'ai pu empêcher ma lecture d'être hachée par ces maladresses et ces approximations. J'imagine que comme toute traduction, elle a dû être faite trop vite pour des raisons indépendantes de la volonté de la traductrice ou du traducteur, et que cette personne n'a pas forcément reçu la reconnaissance due à son travail. Mais les relecteurs auraient pu faire l'effort de rendre le texte français plus fluide et plus agréable. Si je pointe ce détail c'est parce que je pense que même lorsqu'on n'a pas l'habitude de lire en anglais, on peut être gêné par certains passages qui manquent de sens ou de cohérence.

Sinon, l'univers de Diana WYnne Jones m'a beaucoup plu, et je pense essayer de lire d'autres de ses oeuvres! Lesquelles me conseillez-vous?

Je vous laisse avec des extraits du film. Je sais, je suis géniale!


vendredi 18 janvier 2013

Who's Bookwormette?

En ce moment je suis sur plusieurs livres à la fois que je prévois de tous chroniquer, mais je dois attendre de les avoir terminés! Alors en attendant, je vais répondre au petit questionnaire auquel ma copine Livrons-Nous m'a invitée à répondre! Je fus taguée, voyez-vous! Et pouf c'est parti.


1. Es-tu une acheteuse compulsive de livres ?
OUI. Un peu trop. Ça en devient parfois presque ridicule (et trop cher). Je ne peux pas m'empêcher de fouiner dans les rayons où se trouvent des bouquins, peu importe où je me trouve, et je dois me contrôler pour éviter d'en acheter trop. Ma bibliothèque déborde de livres que j'ai achetés il y a des lustres et que je n'ai toujours pas eu le temps de lire. Je suis aussi une emprunteuse compulsive. Trop compulsive.

2. À quelle fréquence achètes-tu des livres ?
Tout dépend de mon budget, j'achète peut-être trois ou quatre livres neufs par mois, autant d'occasion, mais souvent je fais des razzia chez les bouquinistes, chez Emmaüs ou sur Amazon.

3. As-tu une librairie favorite ?
J'habite à Dunkerque, et malheureusement, ce n'est pas une ville très pourvue en librairies. Heureusement, il y a la Mare aux Diables, spécialisée jeunesse, et Aventure BD, pour tout ce qui a des bulles! Ce sont deux librairies tenues par la même famille, les propriétaires sont adorables, très cultivés et dévoués à leurs clients, c'est super.
Sinon comme dit dans cet article, je farfouille énormément dans le Emmaüs le plus proche de chez moi, qui a un rayon livres extrêmement bien tenu et très agréable.

4. Fais-tu tes achats livresques seule ou accompagnée ?
Souvent seule, mais depuis quelques temps je farfouille régulièrement dans les librairies avec mes copines du master litté jeunesse de Lille 3!

5. Librairie ou achats sur le Net ?
Librairie ; j'aime trifouiller le livre, l'observer sous toutes ses coutures et apprécier la qualité du papier encore neuf sous les doigts. Mais j'achète beaucoup en occasion, surtout les classiques, sur Amazon ou chez des bouquinistes.

6. Vers quels types de livres te tournes-tu en premier ?
Question très difficile ; je me tourne souvent d'abord vers les romans contemporains ou classiques, où je farfouille jusqu'à tomber sur un titre qui me parle pour lire une quatrième de couverture. Je fais la même chose en jeunesse et en BD, même si dans ces deux cas-là j'ai souvent un coup de foudre visuel avant de m'intéresser au contenu. J'aime énormément quand les maisons d'édition font un effort d'originalité et de qualité sur la forme l'objet-livre pour mettre en avant leur fond (pour ça, la collection Métamorphose de chez Soleil est très forte!).

7. Préfères-tu les livres neufs, d’occasion ou les deux ?
Je n'ai aucune préférence, vraiment. Je préfère évidemment lire quelque chose qui est en bon état que devoir déchiffrer sous des siècles de taches de café/moisissure/sang. 

8. Qu’aimes-tu dans le shopping livresque ?
Choisir un nouveau livre, c'est choisir un nouvel univers dans lequel se plonger et tenter de se retrouver. J'aime découvrir des auteurs inconnus, laisser fonctionner mon instinct et le hasard, me laisser interpeller  par un auteur, un titre ou une illustration de couverture, découvrir le petit trésor que d'autres sous-estiment.

9. Te fixes-tu une limite d’achat par mois ?
Oui. Je suis obligée, sinon j'aurais énormément de mal à gérer mon budget global! Même si je trouve que je dépense encore énormément comparativement à ce qui se trouve sur mon compte en banque.

10. À combien s’élève ta PAL ? Et ta wish-list ?
J'ai tenté d'avoir une estimation de ma Pilalire en la faisant sur Livraddict ; elle s'élève à 41 titres, mais ne compte que les livres que j'ai en ma possession. J'ai dans ma tête une liste infinie de titres que je veux lire avant qu'il ne soit trop tard, et j'ai bien peur qu'elle soit impossible à tenir! Ma wish-list est donc infinie.

11. Cite 3 livres que tu veux TOUT DE SUITE !
  • Le troisième tome des aventures de Billy Brouillard, Le chant des sirènes, par Guillaume Bianco. J'ai les deux premiers tomes et je suis tellement amoureuse de l'univers de ce petit gamin drôle et mélancolique que je bave devant depuis qu'il est sorti.
  • Le troisième tome de Hunger Games, Mockingjay, parce que je viens de m'offrir le tome deux et je pense le dévorer trop vite pour pouvoir attendre le troisième.
  • Little Women de Louisa May Alcott que je veux lire depuis cet été et dont on n'a pas arrêté de me parler ces deux dernières semaines (aussi connu sous le titre Les quatre filles du Docteur March.)



12. Pré-commandes-tu tes livres ?
Non.

13. Pourquoi un tel pseudo/nom de blog ?
"Bookwormette" parce que c'est choupi et ça fait un clin d'oeil à mes longues années d'études d'anglais. "Pilalire", c'est parce que je voulais un nom facile à retenir, facile à écrire et qui représente mon activité principale de lectrice, à savoir entasser les livres à côté de mon lit pour les lire le plus rapidement possible.

14. Parles-nous de ton prof préféré.
Mes profs préférés ont toujours été des profs de français. Le plus marquant est sans doute M. Vanderkelen, au collège, qui fut d'abord mon prof de latin et qui était un homme complètement en décalage avec son époque, une espèce de Dandy romantique aux envolées intellectuelles qui nous parlait souvent de tout sauf de la deuxième déclinaison ; il m'a offert mon premier HP en anglais (enfin, le Quidditch à Travers les Âges) et me mettait des annotations de trois pages sur mes rédactions. Il m'a beaucoup marquée!

15. Parles-nous de ton premier concert.
Euh et bien c'est à dire que je n'ai jamais été à un concert... MAIS ma super copine de la mort Agatha m'a offert pour Noël une place pour aller voir Pink à Bercy en avril. Elle est géniale je l'aime. En plus elle dessine alors allez la couvrir d'amour sur son blog.


16. Quel est ton endroit préféré au monde ?
Ça commence par un "L" et ça finit par "ondon". J'ai vécu huit mois à une heure de Londres et je regrette encore de ne pas y avoir passé plus de temps! J'adore cette ville, ce sentiment étrange d'être dans une grande métropole et en même temps loin du stress qu'on trouve à Paris. En plus y'a des muffins chocolat blanc/cranberry et une statue de Peter Pan.

17. Un endroit que tu aimerais visiter ?
N'importe quel endroit où il y a des aurores boréales. Et puis ces derniers temps j'ai eu des envies de New York/Canada. Un jour peut-être.


18. Parles-nous de quelque chose qui te rend complètement folle en ce moment.
Je suis en train de lire The Casual Vacancy de J.K.Rowling et ça me fout le stress. Je n'ai lu que cinquante pages mais j'ai du mal à m'y mettre tellement je me stresse en me disant "roh purée c'est la maman d'Harry qui a écrit ça". Mais je me soigne.

19. Si tu pouvais posséder instantanément quelque chose, rien qu’en claquant des doigts, qu’est-ce que ce serait ?
Vous voyez la bibliothèque dans la Belle et la Bête de Disney? Bah pareil. Avec le château qui va avec. Pis le prince, tant qu'à faire. Tant de possibilités!


20. Qui tagues-tu ?
J'ai envie de taguer ma copine Jessy qui tient le blog The witch library! Bisou bisou cocotte!

lundi 7 janvier 2013

"Like stepping into a fairy tale under a curtain of stars."

The Night Circus, par Erin Morgenstern
Lu en anglais, disponible depuis octobre en français sous le titre Le Cirque des Rêves.

Morceau de la quatrième de couverture (en français):

"Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les réverbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors qu’hier il ne l’était pas."
Sous les chapiteaux rayés de noir et de blanc, c’est une expérience unique, une fête pour les sens où chaque visiteur peut se perdre avec délice dans un dédale de nuages, flâner dans un luxuriant jardin de glace, s’émerveiller de la souplesse de la contorsionniste au tatouage et se laisser enivrer par les effluves de caramel et de cannelle qui flottent dans l’air. Bienvenue au Cirque des Rêves.
J'ai entendu parler de The Night Circus il y a plus d'un an, sur le site Buzzfeed, qui avait sélectionné les dix meilleurs romans steampunk de 2011. M'intéressant très peu au steampunk en tant que genre littéraire, la couverture m'avait tapé dans l'oeil, et je me le suis offert cet été lors de mes vacances en Angleterre. Ce n'est que durant ces vacances de Noël que j'ai eu le temps et l'envie de me plonger dans ce roman.

Le récit est composé d'une multitude de chapitres plus ou moins courts, où l'on change quasi-systématiquement de point de vue pour épouser l'ensemble des regards portés par les personnages sur le cirque, ainsi que les uns sur les autres. On suit chacun des personnages dans un ordre chronologique, mais les histoires se mêlent à différentes époques et forment une espèce de puzzle dont le lecteur réunit les morceaux au fur et à mesure de la lecture. Si cette façon de procéder désoriente un peu au début, elle entretient le mystère et le suspense tout au long de la lecture.

Le style est extrêmement visuel, ce qui permet au lecteur de plonger très facilement dans l'univers délicieusement coloré de l'auteur : les tentes rayées de noir et blanc, les robes brodées d'argent, les tentures lourdes, les voiles, les cartes, les horloges, jusqu'aux odeurs de pomme caramélisée ou de barbapapa, tout est décrit de façon légère et complète, faisant du roman non seulement une fiction réussie mais également un spectacle pour quiconque sait mettre en scène ce qu'il lit dans son esprit.

Le décor est planté ; mais ce qui s'y passe? On plonge dans un univers où la magie existe et le commun des mortels n'en sait strictement rien. Deux jeunes gens, Celia et Marco, chacun entraîné par un professeur lunatique, strict et peu loquace, se retrouvent contraints de s'affronter dans une démonstration de leurs pouvoirs respectifs, sans en connaître ni le but, ni l'issue. Ils rivalisent de créativité et de puissance pour être les meilleurs. Le Cirque des Rêves (en français dans le texte!) est leur terrain d'affrontement, tel un échiquier gigantesque où les personnages qui l'habitent se retrouvent impliqués malgré eux. 

On suit pas moins de quinze personnages différents, leurs destinées se mêlant jusqu'à créer une toile gigantesque d'actes et de conséquences, parfois funestes. Certains mystères restent communs aux personnages et au lecteur jusqu'à la fin du récit. La trame, complexe donc, est bâtie de sorte que l'on puisse en admirer toutes les facettes, ne comprenant qu'à la fin que le puzzle était complet dès le départ.

J'ai essayé de vous faire une longue intro objective, analytique et calme. Parce qu'en fait, au fond, j'ai juste envie de vous dire que c'est l'une des expériences de lecture les plus enchanteresses que j'ai pu avoir de ma vie et que tout le monde avec le goût de rêve devrait plonger dedans. Rien que ça.

Alors certes, certains passages (peu, je vous rassure) sont très cucul. Parfois, on est un peu paumés dans les noms et l'ordre dans lequel les évènements ont lieu. Mais ce premier roman d'Erin Morgenstern (très prometteur, vivement d'autres!) est un livre sur l'importance des histoires et du rêve. Elle met en scène un groupe de gens qui décident de monter un cirque pour faire rêver ses visiteurs, qui à leur tour se mettent à rêver d'ailleurs et pourchassent leurs rêves. Une belle métaphore de l'acte d'écriture ; chaque fiction n'est-elle pas un rêve sous forme de pages où l'on peut replonger à loisir? Ce texte, derrière l'histoire qu'il raconte, est donc un magnifique hommage à tous ceux qui rêvent, qui espèrent et qui créent. Ça me parle énormément, et j'espère que ça vous touchera aussi.

Détail qui ne gâche rien, les livres (version brochés) sont superbes : voilà quelques photos chipées sur le blog d'Erin Morgenstern (cet auteur est très branchée Internet, ce qui la rend très accessible!):

La première édition américaine (artwork par Helen Musselwhite)

La première édition britannique

Moi j'ai la version en "paperback" (que j'appelle "couverture molle :D") qui reprend le design du dessus. L'intérieur du livre est également très soigné, avec des étoiles, des rayures, de petits dessins cachés dans les pages... En plus d'être une très belle histoire, c'est un très bel objet! Je ne sais absolument pas ce que vaut la version française, sortie il y a seulement quelques mois, si quelqu'un l'a lu je serais ravie d'avoir son avis.

Alors du coup, vu que ce blog, à la base, je suis censée l'illustrer avec des dessins persos, et que ce bouquin m'a énormément inspirée, je vous ai fait un fanart plus élaboré que d'habitude aux crayons de couleur.


Bon, tout le monde sait que le scanner est un serial killer de couleurs, l'original est beaucoup plus doux, mais c'est déjà ça!

Vous l'aurez donc compris, The Night Circus est une lecture que je recommande à tous ceux d'entre vous qui se considèrent comme des rêveurs.

Une nouvelle pour ceux que ça intéresserait, les droits d'adaptation cinématographique ont été achetés par Summit Entertainment (oui, ils ont fait Twilight, mais ils ont aussi fait Vanilla Sky, Memento, Penelope, Les Frères Grimm, ou encore Le Monde de Charlie.) J'espère qu'ils feront du bon travail è_é

(Et ça, c'est ce qu'on appelle un pavé.)

mercredi 2 janvier 2013

Now it is not the end. It is not even the beginning of the end. But it is, perhaps, the end of the beginning.

Pilalire vous souhaite à tous une excellente année 2013!

C'est la première fois que mon petit blog change d'année! Je suis toute émue! Pour fêter ça j'ai emprunté une pile de livres dans trois bibliothèques différentes afin de cocooner dans mon lit pour le reste de mes vacances (qui dureront presque, veinarde que je suis, jusqu'au 14 janvier. Hourrah!). J'ai déjà avalé plus de pages que je ne le croyais et ça me fait un bien fou!

Des nouvelles du côté de ma bibliothèque? Mais ui! Le Père Noël m'a offert, entre autres moult gâteries trop belles pour moi, deux petits trésors qui garnissent désormais ma pile à lire juste à côté de mon lit:
Crochet, de Loisel!
Peter Pan, mon grand amour! Cette saga-là, je l'ai lue au lycée, et depuis quelques années je grapille un tome par-ci ou par-là au gré des fêtes et de mon porte-feuilles. J'ai eu le tome 5 cette année, que j'ai redécouvert avec un immense plaisir, et je pense avoir la saga complète à mon anniversaire (croisons les doigts jusqu'en mars!)

The Casual Vacancy, de J.K.Rowling
Celui-ci, j'ai tremblé en l'ouvrant. Je vous avais déjà parlé de mon étrange sentiment vis-à-vis de ce bouquin avant qu'il ne sorte, et j'ai évité de lire des critiques ou des chroniques sur d'autres blogs pour pouvoir me faire mon propre avis. Inutile de vous dire que je finis mes oeuvres en cours et que je me plonge dedans. J'ai le trac!

Comme à chaque début d'année, un petit bilan s'impose! Cette année, trente chroniques ont été postées sur Pilalire! C'est pas trop mal pour 10 mois d'existence... Mais ce que vous ignorez, c'est qu'en 2012, j'ai lu 121 bouquins (romans, BD, recueils...). Ce chiffre me paraît... Extraordinaire. Je ne pensais pas en arriver là! Je note les titres de tous les livres que je lis dans un petit carnet (un jour il faudra que je me parle de mon obsession des petits carnets) et j'ignorais complètement que ma longue liste en pattes de mouche m'amènerait à un nombre aussi élevé de pages! Je suis fière! 

Du coup, petit lecteur frustré, tu te demandes bien si tu ne vas pas passer à côté de mes coups de coeur de tarés de l'année 2012 si je n'ai pas chroniqué tous ces petits livres? Rassure-toi, voilà des mini-chroniques en condensé pour te présenter mes chouchous de cette année.

Satin Grenadine et Séraphine de Marie Desplechin
Deux petites chroniques de vie au tournant du vingtième siècle, qui se croisent et se répondent. Lucie et Séraphine nous présentent chacune un aspect de la vie à cette époque : l'une bourgeoise, l'autre orpheline et couturière à Montmartre, ce sont deux gamines déterminées, têtues et qui veulent changer de la vision des femmes que leur impose la société. Ces deux romans se dégustent comme des bonbons, accompagnés d'une tasse de thé à la bergamote. Je recommande!

Pico Bogue, de Dominique Roques et Alexis Dormal
Mon gros coup de coeur BD de 2012. Je ne connaissais absolument pas Pico Bogue, et l'univers de ce petit rouquin malicieux et philosophe m'a littéralement faite fondre de tendresse. Ce sont des recueils de morceaux de vie, peuplés de questions intelligentes et de réflexions pertinentes. C'est de la philosophie drôle et intemporelle, qui fait réfléchir et rire à la fois. J'invite tout le monde à mettre son nez dans l'univers de Pico et de sa famille, vous ne pouvez que craquer.

L'Oeuvre, d'Emile Zola
Ça, c'est bien le genre de coup de coeur auquel on ne s'attend pas. Je n'avais lu de Zola que L'Assommoir au lycée et je pense que je n'étais pas assez mature pour apprécier. J'ai lu l'Oeuvre pour la fac, dans le cadre d'un cour sur l'histoire des expositions, et je m'y suis accrochée jusqu'à la fin. C'est un roman sur l'art, la création artistique sous toutes ses formes, sur les dilemmes auxquels le créateur est confronté, sur la critique, sur le public, sur tout l'univers de l'art qui est inutile est pourtant tellement essentielle à la condition humaine. Ce roman m'a réconciliée avec Zola et je pense tenter de lire tous les Rougon-Macquert... à mon rythme, bien sûr!

L'invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick
Petit bijou qui joue tant avec les mots qu'avec les images, Hugo Cabret est un livre entre le roman, l'album et le story-board. Les illustrations au crayon parlent autant que le texte, et j'ai adoré le jeu entre les différents morceaux du livre. L'histoire, en soi, n'a rien d'extraordinaire, mais elle nous mène dans un univers aux accents steampunk et nous ramène au début du vingtième siècle, aux premiers pas du cinéma, aux automates, aux magiciens de cabaret qui jouent de la technologie pour créer de la magie.

L'enfant, de Jules Vallès
Ce roman autobiographique - encore une fois lu pour mes cours! - m'a également beaucoup plu. Beaucoup lui reproche sa systématique répétition de la misère entourant le héros, j'y ai surtout vu une oeuvre poignante et vraie, un témoignage de vie drôle, tendre et amer à la fois, écrit avec un style très moderne et très agréable. J'ai très envie de me faire la suite de la trilogie en 2013 (oui, car il y en a deux autres!), mais je ne vais rien promettre parce que trop de promesses en début d'année peut tuer, c'est prouvé.

Hunger Games de Suzanne Collins et Uglies de Scott Westerfeld
Je ne présente plus ces grands succès de la littérature pour jeunes adultes de ces dernières années, ce serait vous insulter. J'ai chroniqué Hunger Games en août, et je n'ai toujours pas lu les deux autres tomes ; j'ai cependant lu toute la saga Uglies. Ces dystopies sont très similaires et traitent cependant de sujets très différents. Rondement menés, pleins de suspense et de retournements de situation, ils sont bien écrits et poussent à la réflexion. Je suis cependant déçue de la fin de la saga Uglies, je m'attendais à un grand coup de théâtre pour que tout soit tout rose et puis en fait non. Mon côté bisounours en a pris un coup!

Je pourrais continuer avec d'autres titres, mais ce sont ceux qui ont le plus marqués mon année!

Pour finir, je vous rappelle que je me suis inscrite à trois challenges de lecture sur le forum de Livraddict et je compte bien les mener à terme!

Je ne sais pas trop ce qui va se passer sur le blog en 2013. Vous avez pu remarqué si vous me suivez depuis quelques mois que j'ai tenté d'instaurer des événements périodiques, réguliers, et que j'ai lamentablement échoué... Nous verrons bien ce que j'inventerai encore d'ici quelques semaines. En attendant, dans deux mois nous fêterons le premier anniversaire du blog, et je compte bien organiser un petit concours pour fêter ça. Alors restez connectés!

Je vous remercie du fond du coeur pour chaque commentaire laissé, chaque message posté sur ma page facebook ou chaque signe d'encouragement. Pilalire est devenu l'un de mes refuges préférés du net, et c'est en partie grâce à vous!

A très vite pour de nouvelles aventures littéraires!