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vendredi 15 juin 2012

"Il atterrit sur la boite de Nesquick, les mains en l’air, et nous éclatâmes de rire, mon fils et moi."

Quand je l'ai lu la première fois: Curiosité au rayon jeunesse de la B.U.
Pourquoi je l'ai lu: Envie de découvrir Marie-Aude Murail!


Ma vie a changé, de Marie-Aude Murail
Lu aux éditions Ecole des Loisirs

Quatrième de couverture:
Si votre appartement sent inexplicablement le muguet, et éventuellement la violette, et que cette odeur vous submerge pour disparaître totalement l'instant d'après. Si chez vous des objets changent de place mystérieusement. Si vous ne pouvez en accuser personne. Si vous découvrez sur votre bureau ou dans votre chambre des objets qui ne vous ont jamais appartenu. Si le voisin du dessous vient vous voir et vous explique qu'il a perdu son elfe. Si vous êtes déprimé(e). Si vous pensez que la raison vous quitte. Alors, que vous croyiez ou non aux choses de l'au-delà, vous pouvez être certaine que votre vie va changer.
C'est le premier livre de Marie-Aude Murail que je lis, et j'ai l'impression d'être entrée dans son univers par une petite porte cachée. Ce roman tout doux, tout tendre, n'a rien d'un gros best-seller à gros bras qui écrase ses concurrents. C'est un petit hymne à la vie qui avait sa place dans mon challenge du mois de juin!

Madeleine, documentaliste, est séparée de son mari après que ce dernier l'a trompée. Elle vit seule avec son fils, un collégien un peu bête, un peu turbulent, mais très gentil et perspicace, [Constantin] comme le sont beaucoup d'ados de cet âge. Sa vie lui échappe, elle ne sourit plus, elle avance un pas après l'autre en ayant l'impression que le moindre souffle de vent la fera tomber. Et puis, après la visite d'un voisin un peu spécial, voilà qu'elle hérite d'un nouveau colocataire : un petit elfe aussi séduisant que malicieux du nom de Timothée. Dès lors, sa vie devient plus pimentée, plus parfumée, elle se surprend à sourire et à rire, tout change et reprend des couleurs.

Ce livre est un petit trésor de joie de vivre, que je conseille à tous ceux d'entre vous qui se laissent facilement aller à la mélancolie. Le style de Marie-Aude Murail est coloré, drôle et clair, on oublie presque qu'on est en train de lire tant les images se forment facilement dans notre esprit. Les personnages sont très vite cernés, on se prend de sympathie pour Madeleine et sa petite clique, on a envie de découvrir au petit matin un elfe endormi sur la table de chevet.

Ce que je regrette, c'est que ce roman donne vraiment le sentiment d'être le premier tome d'une série. La narration à la première personne nous fait des promesses (du genre "Je devais apprendre plus tard qu'il ne faut jamais donner de nom à un elfe"...) qui nous laissent entrevoir une Madeleine spécialisée dans le surnaturel et le merveilleux, qu'on rêverait de connaître et de suivre, mais non. Le roman s'achève certes sur une note joyeuse, mais très frustrante pour le lecteur.

"Comme a dit le gendre de ma grand mère en pinçant le nez du requin blanc qui était en train de le bouffer, il vaut mieux une idée bizarre que pas d'idée du tout!"

Quand je l'ai lu la première fois: Juin 2012
Pourquoi je l'ai lu: Mathilde me l'a offert pour mon anniversaire... Il y a de ça 3 mois.


D'un monde à l'autre, la Quête d'Ewilan, T1, de Pierre Bottero
Lu aux éditions Rageot poche.


Résumé made in Amazon:
Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l'empêcha de fermer les yeux et elle n'eut pas le temps de crier... Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d'arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t'avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d'achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable...
Celui-là, j'ai eu du mal à le commencer! Il faut dire que malgré les conseils de mes amis, mes libraires, mes sites web, l'illustration me donnait l'impression de quelque chose de pas entièrement fini qui me gonflerait... J'ai eu tort! Je vous chronique le premier tome de la Quête d'Ewilan avant d'aller dévorer le second - que je viens de m'offrir - pour mon challenge du mois de juin!

Passons outre l'illustration de couverture dont je ne suis pas fan, et plongeons nous un peu dans le roman, voulez-vous? Nous avons affaire - pour une fois! - à un très bon roman d'aventure fantastique écrit par un auteur français. L'héroïne, Camille, et son meilleur ami, Salim, sont deux collégiens presque banals : la première est une surdouée qui a été adoptée par une riche famille qui la considère plus comme un meuble que comme un membre de la famille, et n'a aucun souvenir avant l'âge de sept ans. Salim, lui, fait partie d'une famille de neuf enfants où il passe aussi inaperçu qu'une coccinelle sur une robe à pois. Leurs vies basculent quand Camille découvre qu'elle est une dessinatrice, c'est à dire qu'elle possède un pouvoir très puissant qui lui permet, entre autres, de passer de son monde à un autre, plus coloré, plus merveilleux, plus dangereux [Edwin], où elle et Salim rencontrent des personnages qui semblent issus tout droit de leurs imaginations. Origines révélées, destins hors du commun, caractères hauts en couleurs, Camille et Salim ne sont pas au bout de leurs peines pour découvrir ce nouvel univers qui est beaucoup plus familier que leur petite vie monotone.

VOUALA pour un avant-goût. Au style, la plume de Bottero est simple, sans artifices, avec juste assez de détails pour pouvoir s'imaginer les scènes sans être frustrés par un manque d'informations. Le récit s'écoule de façon fluide et naturelle, et on ferme le livre plus vite que ce que l'on aurait cru. Gwendalavir, l'univers fantastique où sont plongés les héros, est un monde très séduisant dont on a envie de visiter les moindres recoins. Les personnages qui l'habitent semblent tous avoir une personnalité complexe, une histoire riche et des ambitions grandioses... Quant aux deux héros, on trépigne de savoir ce que le destin leur réserve.

GROS bémol... C'est un tome d'introduction, qui laisse sur sa faim et qui frustre par la rapidité avec laquelle il se termine... Ce qui est un bon signe! J'ai d'ores et déjà en ma possession le second tome, que je ne manquerai pas de vous chroniquer sous peu!

“I hate clowns. You can't see what they're thinking.”

Quand je l'ai lu la première fois: mars 2007
Pourquoi je l'ai lu: On me l'a offert pour mes 18 ans. J'ai plongé dedans.


L'habit rouge de Peter Pan, de Geraldine McCaughrean
Lu chez Pocket Jeunesse, disponible aux éditions Oxford University Press en anglais sous le titre Peter Pan in Scarlet

Résumé made in Amazon :
La panique s'est emparée de certaines maisons de Londres. Depuis quelques nuits, de vieux garçons se réveillent affolés : sous leurs draps, ils découvrent un sabre, un carquois ou pire : un crochet ! Ces messieurs très distingués ne sont autres que les Enfants Perdus du Pays Imaginaire, les compagnons de Peter Pan. Et quelque chose s'est déréglé dans le pays de leur enfance. Ils doivent y retourner. C'est le début d'une incroyable aventure au cours de laquelle les Enfants Perdus retrouveront Peter et Clochette... mais aussi un étrange directeur de cirque.
Pour ceux d'entre vous qui suivent depuis le début, vous devez savoir que Peter Pan est mon livre préféré de tous les temps. Quelle n'est pas ma surprise en apprenant que le Great Ormond Street Hospital, à qui James Barrie avait légué les droits sur Peter Pan, organise pour le centenaire de la pièce de théâtre un concours pour choisir qui écrira une suite officielle au grand classique de la jeunesse britannique! C'est Geraldine McCaughrean qui s'y colle, une auteur inconnue de notre côté de la Manche mais qui a fait ses preuves chez nos amis les rosbeefs.

Déjà, je fronce le nez. Peter Pan n'a pas besoin d'une "suite officielle", et de toute façon, les seules suites "officielles" qui auraient pu être écrites auraient dû l'être par Barrie. Mais admettons. Voilà ma chronique, pour suivre mon challenge du mois de juin!

Je me plonge dans ce récit, et je suis ravie de revoir tous les personnages auxquels je m'étais attachée dans la version originale : Wendy et ses frères, les enfants perdus, Peter, et même Clochette! L'idée de base qui traverse tout le roman est celle selon laquelle "l'habit fait le moine" : les adultes que sont devenus Wendy et ses amis redeviennent des enfants en enfilant les vêtements de leurs enfants, Peter redevient un grand chef en enfilant l'ancien manteau du Capitaine Crochet... Plusieurs idées originales et bienvenues pullulent de la même façon le récit. On voit un cirque [Feu-Follet] débarquer à Neverland, et son chef, le mystérieux Mr Effilo, devient un compagnon d'aventures des enfants. Ensemble, ils partent à la recherche du trésor perdu de Crochet, et c'est un long voyage dans les parties inexplorées jusqu'alors du Pays imaginaire qui devient le fil conducteur du récit.

Beeaucoup d'éléments du roman original ont été conservées en forme d'hommage à l'auteur, mais il me semble, à mon avis, que McCaughrean a transformé ce qui était un conte mélancolique sur les horreurs liées à l'âge adulte en une espèce d'apologie de la naïveté enfantine et en une réhabilitation des adultes. Et par là, je trouve, et ce n'est que mon avis, qu'elle trahit la pensée originale de l'auteur.

Quelques rebondissements cependant et d'autres surprises feront plaisir au lecteur, qui ne s’ennuiera pas même si on aurait pu attendre quelque chose de plus profond et de plus fidèle.

Une suite "officielle" sur le papier, mais loin d'être au niveau pour moi!

"I came to believe that good and evil are names for what people do, not for what they are."

Quand je l'ai lu la première fois: Oulah! Je devais être en quatrième ou en troisième.
Pourquoi je l'ai lu : Il me semble qu'on m'a offert la trilogie à Noël... Je n'ai pas pu m'en dépatouiller!



A la croisée des mondes, de Philip Pullman
Lus aux éditions Folio junior, disponible en anglais sous le titre His Dark Materials

Résumé made in Alacroisee-desmondes:
Bienvenue au coeur d'un univers composé d'une infinité de mondes parallèles qui s'ouvrent les uns sur les autres grâce à des fenêtres immatérielles dans les airs. Lyra est une jeune orpheline d'Oxford qui sera très rapidement mêlée à un conflit politico-religieux mettant en cause la "poussière", cet amas de particules qui entoure les enfants et se détache d'eux à l'âge adulte, cette marque du péché originel selon l'Eglise. Dans le monde de Lyra, les gens ont un daemon, matérialisation de l'âme sous forme d'animale avec lequel ils peuvent communiquer et qui les protège. La jeune Lyra, aidée de son daemon Pantalaimon, sera amenée à la croisée des mondes telle la Nouvelle Eve, afin de sauver le monde en compagnie d'un jeune homme tout droit venu de notre monde, Will. Ensemble, ils iront jusqu'au pays des morts pour délivrer le monde de l'emprise de l'Eglise et de ses pratiques inhumaines.
Je m'attaque à un gros morceau de la littérature jeunesse de ces dernières années pour mon challenge du mois de juin. Je l'ai lu il y a longtemps, et si certaines scènes demeurent profondément gravées dans ma mémoire, j'avoue qu'il faudrait sérieusement que je relise cette trilogie. Je me la suis procurée en anglais, je pense la relire très bientôt!

DONC nous avons affaire à une trilogie initiatique et fantastique, où des univers plus ou moins semblables se croisent et se mêlent, sur fond de guerre religieuse et politique. Les thèmes abordés sont tour à tour drôles, profonds, métaphysiques. Ce n'est pas un livre pour les petits enfants, loin de là, mais je pense qu'on peut en apprécier toutes ses subtilités à partir de 12 ou 13 ans. 

Du point de vue du style, c'est un petit bijou de simplicité et de poésie. Certains passages sont truffés de références culturelles riches et variées. Le titre de la saga lui-même, en anglais, est une référence au Paradis Perdu de John Milton, considéré comme l'une des plus belles oeuvres britanniques avec celles de Shakespeare - excusez du peu! Les personnages sont attachants et criant de vérité ; rien n'est manichéen, tout est subtilement réfléchi, que ce soit dans les décors, les mises en scène, les caractères, les dénouements. Les aventures de Lyra, puis de Will et Lyra, sont trépidantes et enrichissantes pour les personnages comme pour les lecteurs. L'inventivité de Pullman [Stelmaria] est à couper le souffle : les univers qu'il crée ne sont pas simplement des mondes vaguement originaux qui font sourire, ce sont réellement des univers crédibles et presque palpables, on aimerait pouvoir tous les explorer de fond en comble... Cette multiplication des univers nous permet également nous, lecteurs, de relativiser énormément de choses et de réfléchir à l'importance que nous accordons aux petits événements du quotidien.

La fin, douce-amère, nous laisse une grosse boule dans la gorge et nous donne presque envie de tout relire en ignorant ce qu'il va se passer.

Une trilogie incontournable, donc, qui fait grandir et mûrir... et à tout âge.

dimanche 3 juin 2012

"Trois jours. Ne pas penser que c'était court. Mais que demain serait le premier. Et que ce serait magnifique. Juste absolument magnifique."

Quand je l'ai lu la première fois: Hiver 2011/2012
Pourquoi je l'ai lu: Mathilde, tu commences à apparaître un peu TROP sur ce blog. Va faire un tour!


Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh
Premier tome, Enid, sorti en 2003
Disponible aux éditions Ecole des Loisirs

Résumé made in Amazon:

Comme Les Trois Mousquetaires étaient quatre, les Quatre Sœurs Verdelaine sont cinq. Il y a les plus jeunes, celles qui, chacune, donnent son titre à une partie de ce livre : Enid, 9 ans, se dévoue à la protection des pensionnaires du grand sycomore du jardin, Blitz l'écureuil et Swift la chauve-souris, et dialogue à l'occasion avec son ami Gnome de la Chasse d'eau. Hortense, 11 ans, passe le plus clair de son temps à lire, à tenir son journal et à se demander ce qu'elle va faire comme métier. Architecte ? Chirurgienne ? Bettina, 14 ans, fait sa bêcheuse dans la salle de bains, se shoote aux 218 épisodes du feuilleton Cooper Lane, copine avec Denise et Béhotéguy, et enquiquine le reste du monde. Geneviève, 16 ans, prend des cours de boxe thaïe essoufflant tandis que les autres la croient occupée à baby-sitter. Mais il y a aussi Charlie, l'aînée, 23 ans, qui s'occupe de tout : bricoler, cuisiner ; travailler dans un labo, aimer Basile, tirer le diable par la queue et tenter d'élever ses cadettes depuis la mort des parents. Tout ce petit monde habite la Vill'Hervé, une grande maison au bout du bout de la lande, au bord du bord de la falaise, pleine de recoins, de mystère, d'hôtes de passage et de pannes de Madame Chaudière. Il essaie de vivre (ça marche), il essaie d'aimer (bof, bof...), il essaie d'affronter les épreuves (tout est toujours à recommencer) et il essaie d'en rire (à tous les coups l'on gagne).
J'avoue, le résumé est un peu long : mais je ne voyais pas comment le raccourcir! Pour mon thème du mois, aujourd'hui, je vous parle d'une série de 4 livres très connue dans le monde de la littérature jeunesse : Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh.

C'est une série de livres qui se dévorent. Chaque fois que je terminais un tome, je n'avais qu'une hâte, retourner à la bibliothèque emprunter le suivant. Il s'agit d'une fresque familiale pleine de tendresse, d'humour et de réalisme. Je suis moi-même l'aînée d'une fratrie de 3 soeurs et je n'ai pu que reconnaître des moments très véridiques : les crises de portes qui claquent, les regards complices, les engueulades pour des conneries et se serrer les coudes face à l'adversité... Tout passe dans cette saga où tout le monde peut se reconnaître.

Bien sûr, c'est plus, à mon sens, un livre de filles qu'un livre de garçons. Les cinq soeurs éprouvent l'émoi des premiers amours, des premiers sursauts d'indépendance, des premières responsabilités, des premières tragédies... Mais c'est aussi un livre qui aide à grandir et à affronter le monde réel. Il n'y a rien de magique, de surnaturel ou d'inexplicable dans Quatre soeurs. Rien n'est épargné, qu'il s'agisse d'un petit tracas ou d'un grand drame. [Swift] Mais les cinq soeurs Verdelaine sont unies et fortes, et se construisent en se soutenant les unes les autres.

C'est plein d'amour et d'espoir.

En plus, on se prend à admirer une grande galerie de personnages attachants, hauts en couleurs et très crédibles. Aucun n'est transparent, ils restent tous en mémoire et laissent chacun une petite trace dans un coin de notre tête. J'ai beaucoup aimé le pauvre Basile et la douce Geneviève...

Petite pincée d'épices en plus, Malika Ferdjoukh a le chic pour donner à ses personnages, des noms désués qu'on n'a plus l'habitude de lire ou d'entendre : Béhotéguy, Enid, Basile...! C'est charmant et original, j'adhère complètement!


Notons pour finir que le premier tome, Enid, a été adapté en bande dessinée chez Delcourt. Cliquez ici pour découvrir une version en image toute en finesse et élégance!

samedi 2 juin 2012

"Moi, je vais aller jeter un petit coup d'oeil au soleil..."

Quand je l'ai lu la première fois: Mai 2012
Pourquoi je l'ai lu: Conseillé par mon amie Mathilde, encore une fois!


Silverwing, de Kenneth Oppel
Première publication en 1997
Lu en français, disponible en anglais.


Résumé made in Babelio:

Depuis toujours, les chauves-souris sont condamnées à l'obscurité. Telle est la loi. Qui oserait regarder le soleil en face serait - dit-on - réduit en cendre. Le petit Ombre, lui, ne croit pas à cette malédiction : Il a un tel désir d'assister au lever du jour ! Il transgresse l'interdit, et sa vie bascule. Rejeté par sa tribu, les Ailes d'Argent, traqué par ses ennemis, il devra aller au bout de son rêve et affronter sa destinée.
On continue le thème du mois : littérature jeunesse avec Silverwing! Le premier tome d'une trilogie qui a pour héros... Des chauves-souris. On se surprend à s'attacher à ces petites bestioles. Les personnages sont touchants et authentiques, autant que des personnages humains. On suit le voyage d'Ombre, un jeune chauve-souriceau maigrichon qui ose enfreindre la loi : regarder le soleil, malgré les menaces qui pèsent sur ses semblables. On se retrouve embarqués dans une aventure épique digne de très bons romans fantastiques, où le monde, du point de vue chauve-souris, semble déformé comme à travers un prisme pour être mieux compris.

Ce premier roman est un voyage initiatique aux allures épiques, où Ombre et son amie Marina traversent de grands dangers pour rejoindre leur lieu d'hibernation. Sans le vouloir, ils se retrouvent empêtrés dans une guerre qui semble inévitable à la fin du livre. [Nocturna] Le lecteur est pris par l'histoire, les péripéties hautes en couleurs et les rebondissements. C'est une excellente aventure qui se dévore grâce à un style clair et concis qui m'a fait penser à J.K.Rowling (rien que ça!)

Petit bémol, c'est un livre surtout fait pour la jeunesse, même si le lecteur adulte peut y trouver son compte. J'ai eu peu de surprises lors de ma lecture, les aventures d'Ombre sont certes palpitantes mais ne sont originales que parce qu'elles sont racontées à travers les yeux (et le sonar!) d'une chauve-souris. J'ai tout de même hâte de lire le second tome, ce qui ne saurait tarder, et je conseille la lecture de Silverwing aux amoureux des bêtes, aux amateurs de bon roman d'aventure qui ne se prend pas la tête, et à ceux qui aiment les bons livres qui se lisent vite!

vendredi 1 juin 2012

“Some people without brains do an awful lot of talking, don't you think?”


Quand je l'ai lu la première fois : Printemps 2009
Pourquoi je l'ai lu : Dans le cadre de mon mémoire de littérature anglaise... [Toto] Il me permettait de m'évader pendant les horribles heures où je surveillais une bande de lycéens futurs pêcheurs pendant qu'ils me prouvaient sans cesse que je n'avais aucune autorité sur eux!

The Wonderful Wizard of Oz, de Lyman Frank Baum
Première édition en 1900
Lu en anglais, disponible en français sous le titre Le Magicien d'Oz.

Résumé made in Amazon:
Emportée par un cyclone avec son petit chien. Dorothée se retrouve dans un étrange pays. Accompagnée d'un épouvantail qui parle, d'un bûcheron de fer-blanc et d'un lion poltron, elle se met en route vers le palais du mystérieux et puissant magicien d'Oz. Lui seul a le pouvoir de l'aider et rentrer chez elle, au Kansas. Mais à quel prix acceptera-t-il de secourir Dorothée et ses amis ? Le chemin est long et périlleux, et bien des épreuves les attendent...

Premier billet dans le cadre de mon petit challenge/bilan de juin. Je commence par ce classique de la littérature jeunesse américaine, que nous connaissons surtout en France pour être un joli film de 1939. Petite, j'ai beaucoup regardé la cassette du Magicien d'Oz avec Judy Garland. J'étais émerveillée par les costumes, les décors, les aventures, et j'étais bien contente de voir la sorcière fondre à la fin! Les musiques sont entraînantes, et je les passais en boucle, même si à l'époque, l'anglais et moi ça faisait trente-six. Petit extrait pour vous remémorer des souvenirs, ou au pire des cas, vous faire découvrir ce film:


Je me suis donc plongée dans The Wonderful Wizard of Oz lors de ma licence d'anglais, époque à laquelle j'ai dévoré à peu près tous les classiques jeunesse de nos amis anglophones. Je suis allée de surprise en surprise, de haussement de sourcil en moue dubitative, d'éclat de rire à soupir fatigué.

Le Magicien d'Oz est un roman initiatique moderne qui faisait, en filigrane, une critique ET un éloge du modèle américain. Dorothy, jeune fermière orpheline élevée par son oncle et sa tante dans la campagne du Kansas, se retrouve mystérieusement héroïne d'un monde, celui d'Oz, qu'elle ne connaît absolument pas, où vivent sorcières, fées, étranges petits êtres, épouvantails, hommes de fer... Le schema rappelle beaucoup celui d'Alice au Pays des Merveilles, l'absurde poétique en moins. Dorothy est une petite fille très raisonnable et terre-à-terre, pour qui la mythique cité d'Emeraude est une terre promise. Elle se fait des amis tout au long du chemin, vit des expériences drôles et effrayantes (elle est réduite en esclavage par la sorcière, traverse une ville de Lilliputiens, démasque le Magicien...) et finit par découvrir qu'elle avait toujours eu les moyens de rentrer chez elle.

Il en est de même pour tous les personnages : ils découvrent à la fin de l'histoire qu'il suffit de le vouloir pour se voir doté des qualités qui nous font défaut. Le modèle du self-made man à l'américaine dans toute sa splendeur. La morale de l'histoire, c'est qu'il suffit de le vouloir pour y arriver, peu importe le but qu'on s'est fixé.

C'est justement ce qui m'a dérangée. Le rêve américain était peut-être très réaliste au début du 20ème siècle, mais il est aujourd'hui complètement dépassé. Le Magicien d'Oz, sans en faire l'apologie, se base sur ce concept pour construire son récit comme une espèce de propagande du modèle américain. Cependant, il critique également l'illusion que tout est possible dans les grandes villes (la cité d'Emeraude est souvent comparée à New York, et sa couleur rappelle celle du dollar), et que l'on peut être gouvernés par des menteurs. Il met également en avant le doute comme nature profonde de l'être humain, l'empêchant d'avancer et de se connaître entièrement. Le lion, l'homme de fer et l'épouvantail sont trois personnages exceptionnels, rongés par le doute et une basse estime d'eux-mêmes, en faisant des personnages certes caricaturaux, mais touchants et représentants trois qualités inaliénables qu'il faut encourager chez l'être humain : l'intelligence, le courage et l'amour.

Une lecture douce-amère, donc, qui me laisse sur un sentiment de frustration. J'attendais beaucoup plus de ce livre, et j'ai été déçue. Mais avoir lu Wicked m'a donné envie de le relire : peut-être découvrirais-je un autre angle d'analyse pour cette histoire fantastique? 

Si cela vous intéresse, sachez que Lyman Frank Baum a écrit treize suites! Malheureusement, elles ne sont pas traduites en français. Vous pouvez trouver par contre des recueils contenant tous les livres sur le monde d'Oz en anglais (par ici par exemple). Peut-être que lire l'intégrale me réconcilierait avec l'oeuvre de Baum?