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vendredi 23 mars 2012

"Thé? Ciguë?"

Quand je l'ai lu la première fois: En mars 2006
Pourquoi je l'ai lu: Captain Hook. What else? :D

Les terribles aventures du futur Capitaine Crochet, J.V.Hart
Première publication en 2006
Lu en français et en anglais.
J'aime beaucoup la couverture de l'édition Flammarion.

Résumé made in ChoisirunLivre.com: 
A quinze ans, James, le fils illégitime de Lord B, entre à Eton. Dès son arrivée, en s'opposant au très aristocratique Arthur Sherry, le jeune adolescent se fait remarquer par sa redoutable personnalité, son intelligence vive et son caractère indomptable. James, surnommé roi Jas par son fidèle ami Roger, est prêt à relever tous les défis pour se forger un nom : en gagnant le célèbre jeu étonien du mur, en séduisant et en enlevant une jeune sultane turque, en se battant en duel, en navigant sur les mers... 

Je vous ai déjà parlé de mon amour pour Peter Pan dans un article précédent. Cette tendresse pour le roman de J.M.Barrie m'a évidemment conduite à m'intéresser aux préquelles, suites et réécritures qui existent autour de Neverland. L'une de mes préférées est celle-ci. L'auteur y traite l'enfance du Capitaine Crochet, en se basant sur un discours prononcé par J.M.Barrie lors d'un passage à Eton (que vous pouvez consulter en anglais ici). De plus, l'auteur, J.V.Hart, fut également le scénariste de l'excellent film Hook, ou la revanche du Capitaine Crochet.

Deux bonnes raisons donc de plonger dans cette histoire. Et m'y plonger fut un régal. Le personnage de James est un antihéros sombre, inquiétant et pourtant attachant, dont on admire le bon goût comme la cruauté. Son histoire familiale, quelque peu glauque et triste, permet de mieux comprendre ce personnage si ambigu qu'on retrouve à Neverland dans l'œuvre originale. On le suit, adolescent rebelle, entrer dans l'une des écoles privées les plus prestigieuses d'Angleterre et y marquer son passage par l'audace, le sang puis le feu. Il s'y fait un ami, Roger l'Enjoué (Jolly Roger, ça ne vous dit rien?), connaît l'amour passion et finit par vivre de folles aventures. C'est un personnage qui n'est pas très éloigné de Peter Pan, et l'auteur prend le parti de mettre en avant les ressemblances et les différences de ces deux grands ennemis. Les personnages sont finement pensés, donnant à toute cette troupe d'aristocrates un goût authentique et suranné.

D'autant que le roman est très bien écrit. Le style, simple, clair et concis, permet à l'action de ne jamais ralentir. Hart possède un sens aigu de la mise en scène - scénariste oblige - et joue à merveille avec les clairs obscurs, l'inquiétant et le drôle, les rêves de grandeur et la misère de la rue. On a l'impression de se retrouver dans un univers très proche de ceux de Jules Verne et de R.L.Stevenson, entre L'Île au Trésor et 20000 lieues sous les mers. Malgré cela, de temps en temps des passages sont passés trop rapidement, comme si l'auteur avait voulu éviter de donner trop de détails pour pouvoir faire avancer l'action plus vite. Mis à part ça, ce fut un régal.

Un point me chiffonne pourtant : une fin en cliffhanger qui nous laisse frustrés. Une suite était prévue, mais sa publication ne cesse d'être repoussée... Je trépigne d'impatience. Vivement!

jeudi 22 mars 2012

Concours du printemps!

Hey les petits loups, ça fait un mois que j'ai ouvert le blog (presque!), et pour fêter ça, voilà mon premier petit concours! Après mon grand nettoyage de printemps, j'ai sélectionné sept livres de ma bibliothèque que je vous offre! Voilà les bouquins en lice.

1. Favole, de Victoria Frances: Très bel artbook sur l'univers gothique et romantique de Victoria Frances, accompagné de textes poétiques et oniriques. EN ANGLAIS 
2. L'école de la peur, de Gitty Daneshvari: Roman jeunesse où des enfants aux phobies très communes, poussées à l'extrême, tentent de guérir par le biais d'une étrange colonie de vacances. EN FRANCAIS 
3. Safe From Harm, de Rolla Armstrong: Roman graphique sous forme d'album, une déambulation enfantine dans les angoisses de l'enfance et les grands rêves d'infini. EN ANGLAIS 
4. Les désastreuses aventures de orphelins Baudelaire, T1, de Lemony Snicket: La célèbre série des trois orphelins qui tentent désespérément de s'en sortir dans la vie, et qui expérimentent les pires moments de l'humanité. EN FRANCAIS 
5. Tales of Mystery and Imagination, d'Edgar Allan Poe: Les célèbres contes gothiques, macabres et fantastiques du grand écrivain américain. EN ANGLAIS 
6. Eragon,T1, de Christopher Paolini: Le premier tome de la grande saga fantastique du jeune prodige Paolini! EN ANGLAIS 
7. Et si c'était vrai..., de Marc Levy: Le best seller de Marc Levy, un homme hanté par le fantôme d'une femme dans le coma, et dont il finit par tomber amoureux... EN FRANCAIS
Comment participer?
C'est très simple! Il vous faut faire un peu de pub pour Pilalire! Faites un lien sur Facebook, sur Twitter, sur votre blog, votre Tumblr... Puis laissez ici un commentaire avec le lien vers l'endroit où vous avez parlé de Pilalire à la suite de ce billet, ainsi que votre adresse e-mail! Vous serez alors sélectionné pour un tirage au sort!

Qu'est-ce qu'on gagne?
Première place:
La première personne tirée au sort pourra choisir trois livres parmi ceux proposés ci-dessus + un marque-page dessiné par mes soins!

Deuxième place:
La seconde personne tirée au sort pourra choisir deux livres parmi les trois livres restants + un marque-page dessiné par mes soins!

Troisième place:
La troisième personne tirée au sort gagnera les deux derniers livres restants + un marque-page dessiné par mes soins!

Si vous avez un blog ou un site, je ferai également un peu de pub à tous ceux qui auront participé!

Jusque quand peut-on participer?
La deadline est le premier avril!

Si vous avez des questions, c'est à la suite de ce message, ou bien sur pilalire@gmail.com.
Bonne chance!

lundi 19 mars 2012

"Because no retreat from the world can mask what is in your face."

Quand je l'ai lu : Octobre 2009
Pourquoi je l'ai lu : Je vivais alors en Angleterre, et la comédie musicale Wicked faisait un tabac. Cela a titillé ma curiosité.


Wicked: The Life and Times of the Wicked Witch of the West, Gregory Maguire
Première édition en 1995
Lu en anglais, disponible en français.
Trois suites complètent cette saga, dont j'ai lu Son of a Witch et A Lion Among Men.

Quatrième de couverture en français:
Qui est vraiment cette mystérieuse sorcière ? Est-elle donc si méchante ? Comment a-t-elle hérité de cette terrible réputation ?
Et si c’était elle, la véritable héroïne du monde d’Oz ?
Ouvrez ce livre et vous découvrirez enfin la merveilleuse et terrible vérité. Quels que soient vous souvenirs de ce chef-d’œuvre qu’est Le magicien d’Oz, vous serez passionné et touché par le destin incroyable de cette femme au courage exceptionnel.
Entrez dans un monde fantastique si riche et si vivant que vous ne verrez plus jamais les contes de la même manière…

Gregory Maguire est un auteur américain, dont la spécialité est de reprendre des textes traditionnellement destinés aux enfants afin d'en faire des récits pour adultes. Il a notamment repris le conte de Blanche-Neige dans Mirror, mirror, où l'action se passe dans l'Italie des Borgia, et celui de Cendrillon dans Confessions of an Ugly Stepsister, se déroulant dans la Hollande du XVIIIème siècle. Les univers sont revisités de façon très adultes (sexe, addictions, meurtres, politique...), mais toujours avec fraîcheur et un souci de développer un aspect du récit original.

Avec Wicked, il se penche sur le livre à succès de Frank L.Baum, Le Magicien d'Oz. Cette fois, ce n'est pas Dorothée l'héroïne, mais la "Méchante Sorcière de l'Ouest", Elphaba. Au lieu du personnage caricatural de Baum, nous suivons la vie d'une jeune femme que la nature a dotée d'une peau vert émeraude et qui tente de s'épanouir dans une société qui lui pèse. L'univers d'Oz, basé sur les notes de Baum, est développé dans tous ses domaines, faisant du roman un récit fantastique digne de A la Croisée des Mondes ou même Harry Potter. Ses amitiés, ses amours, ses fuites et ses échecs, toute la vie d'Elphaba est racontée jusqu'au moment de sa mort, où nous la retrouvons dans le même état que celui où Dorothée l'a trouvée.

J'ai dévoré ce livre, et pourtant, je ne suis pas certaine de l'aimer ou pas. J'ai également lu les suites (chroniques à venir), que j'ai également dévorées, et il me tarde de me procurer le dernier tome, Out of Oz, qui est sorti cette année. Cependant, le style de l'auteur (en anglais tout au moins, je serais ravie d'avoir les avis de personnes l'ayant lu en français), qui me semble clair quand je suis en train de lire, me pose quelques soucis de compréhension ; peut-être va-t-il parfois trop vite, peut-être emploie-t-il une langue un peu hermétique. Mais cela ne change rien à la profondeur de son récit. Moi qui n'avait absolument pas aimé Le Magicien d'Oz, je me retrouve enracinée dans cette histoire à la fois épique, exotique et terrible du royaume d'Oz et de ses héros. Certaines scènes sont très visuelles et plaisent à mon petit côté "j'aurais-voulu-être-illustratrice".

C'est un de ces livres qui vous hantent encore quelques instants après les avoir fermés pour dormir. Il est très prenant et poignant. Petit bémol, cependant, même s'il n'est pas nécessaire d'avoir lu Le Magicien d'Oz pour l'apprécier, je pense que son succès ne peut fonctionner qu'auprès de gens ayant une connaissance basique d'Oz et de ce qui s'y passe avec Dorothée : donc, pour beaucoup, des gens intéressées par la culture littéraire anglophone.

Numbing the pain for a while will make it worse when you finally feel it.

Aujourd'hui chers amis, je vous raconte ma vie. Vous avez le droit de zapper si vous ne trouvez pas ça passionnant. Quand j'avais huit ans, j'ai lu le premier Harry Potter. J'étais déjà une très grande lectrice pour mon âge, et ce n'est pas ce bouquin qui m'a fait me plonger dans la lecture : en revanche, c'est peut-être le premier ouvrage qui m'a donné le goût d'aller dans les librairies, de dessiner, de parler anglais, d'imaginer des mondes irréels, d'aller sur Internet, de me faire des amis. J'ai suivi les sorties de tous les tomes ; quand j'ai eu 14 ans, en ayant assez d'attendre les traductions françaises, je me suis mise à acheter les livres en anglais. Je me suis mise à faire des fanarts, me permettant ainsi de continuer à dessiner alors que mes jeunes camarades arrêtaient.

Si bien qu'après 15 ans (!) de fanatisme enragé, je me retrouve dans la situation suivante: bilingue et possédant une maîtrise d'anglais, en cours d'études pour bosser dans les métiers du livre, mes meilleur(e)s ami(e)s et mon amoureux rencontrés sur le net et lors de festivals divers, possédant un bon coup de crayon, lectrice assidue de grands classiques comme de romans de gare et présidente d'une association de presse magique. Tout cela grâce à ma lecture de la saga de J.K.Rowling. C'est peut-être un peu tiré par les cheveux mais je n'ai pas le temps de vous expliquer le détail.

Je suis bien consciente des défauts d'Harry Potter, de ses failles et de l'affreux merchandising qui s'est créé autour : je ne prétend pas que c'est le meilleur livre du monde, ce n'est pas mon préféré et je ne le mettrais jamais dans la liste des dix romans les plus essentiels à l'Humanité. Mais mon histoire personnelle en fait une saga que je porte dans mon cœur avec tendresse, et je pense que je ne cesserai jamais de les relire.

En 2007 est sorti le dernier tome - il y a cinq ans, déjà! J'ai essayé de faire un petit deuil, comme j'ai pu, mais la sortie des films et la création de mon association ont servi de transfert émotionnel et je n'ai jamais vraiment considéré qu'Harry Potter, c'était fini. D'autant qu'il y a eu le lancement de Pottermore, et que j'étais toute émoustillée quand j'ai pu faire partie du premier million d'inscrits.

Mais là, J.K.Rowling lance un poignard dans ma jolie illusion toute choupi. Parce qu'elle a annoncé que cette année allait sortir son nouveau livre, qui n'a rien à voir avec Harry Potter.


J'ai d'abord pris la nouvelle avec joie : enfin le plaisir de replonger dans un récit au style clair et intelligent, avec une intrigue rondement menée et un dénouement épique. Chouette! (oh le jeu de mots.)

Et puis plus j'y réfléchis, plus je me met à flipper. La page Harry Potter est définitivement fermée, malgré les placebo qu'on peut mettre en place. Ça encore, ce n'est rien, c'est une page qui se tourne et qui permet à de nouvelles aventures de commencer. Ça me réjouit même si ça me pince un peu le cœur. Je pense que c'est ce qu'on appelle a bittersweet happiness, comme disent les engliches. Mais il y a pire. Et si ce nouveau roman était une belle grosse bouse? Et si c'était naze? Et s'il s'agissait d'un récit à l'intrigue plate, ou qu'on y découvrait que Rowling a un style à faire pleurer un gosse de trois ans?

J'ai la terreur d'être trahie, après toutes ces années de complicité entre l'auteur et moi. J'ai l'horrible angoisse de me retrouver face à un livre où l'on ne peut absolument pas retrouver ce qui a fait le succès des Harry Potter. J'ai enfin affreusement peur de découvrir, malgré tout ce que j'ai lu, relu et adoré, qu'avec mes yeux de grande personne je découvre que Rowling n'est plus à la hauteur.

Vous allez me dire que je me fais des films. Peut-être. Je l'avoue. Mais j'ai une histoire tellement riche avec les Harry Potter que je ne peux pas m'empêcher de craindre le pire. Vous allez peut-être me dire encore que pour une fan comme moi, je fais preuve de très peu de confiance envers ce nouveau bouquin. Au contraire. J'ai tellement confiance dans le talent de Rowling que je me sentirais presque humiliée de voir que son nouveau roman ne vaut pas une Noise.

Quoiqu'il arrive, ce livre va créer une petite révolution médiatique : tout le monde va le lire, le commenter, le huer ou le porter aux nues, il va être très difficile de se faire un avis personnel objectif. Parce qu'il sera signé J.K.Rowling, certains vont d'office le condamner en raillant le système commercial qui entoure son nom, tandis que d'autres vont de toute façon le qualifier de "génial" parce qu'il leur serait impossible de se débarasser du phénomène Harry Potter pour porter un jugement critique efficace.

Donc sachez que je vais le lire, ce bouquin. Je vais en faire une chronique. Et que la peur que je ressens en ce moment me permettra d'être aussi objective que possible, je l'espère.

Je serais très intéressée de lire vos avis sur le sujet. Ce nouveau livre vous intéresse-t-il? Ressentez-vous les mêmes appréhensions que moi? Qu'attendez-vous de cet ouvrage? Que pensez-vous du battage médiatique autour de Rowling?

Affaire à suivre, donc, et à suivre de très près.

Edit: Chronique réalisée! Cliquez sur l'image suivante pour y accéder:

jeudi 15 mars 2012

"Gudule exagère! Des adolescentes aussi naïves, crédules - en un mot, aussi connes! - ça n'existe pas, voyons!"

Quand je l'ai lu : Octobre 2011
Pourquoi je l'ai lu : J'étais dans une frénésie Gudulesque!

La vie en Rose, Soleil Rose, La Rose et l'Olivier, de Gudule
Premières éditions respectivement en 2003, 2004 et 2005. Deux tomes encore à paraître.
J'ai lu l'édition Grasset-jeunesse.

Résumé de La vie en Rose made in Altersexualité:
Bruxelles, Belgique, début des années soixante. Rose et Monique, 15 ans, viennent d’entrer en troisième latine chez les sœurs de la Trinité. Elles ont l’habitude de se moquer d’un quinquagénaire enveloppé qu’elles croisent sur leur chemin. Elles le surnomment « Polochon », le caricaturent et lui donnent les dessins. Un jour, il invite Monique à boire un verre, puis en fait sa maîtresse. Quand elle le quitte, il fait une tentative de suicide. Monique est mise en pension par ses parents, Rose ne la reverra jamais. Un jour avec une copine, elles sont surprises par une sœur, enfermées dans les toilettes. La Mère Supérieure (dont le portrait vaut le déplacement) les suspecte. Elles seront simplement exclues. Ironie du sort, c’est à la faveur de cette exclusion que Rose se rapproche de « Polochon », et celui-ci en fait son amante, bien qu’elle se trouve laide.

Je suis actuellement une formation universitaire dans le but de travailler dans les métiers du livre, spécialité jeunesse. Lors de la rentrée scolaire 2011,  je décidais de me remettre aux auteurs pour la jeunesse francophones - j'avais dévoré la plupart des classiques britanniques, il me fallait acquérir un peu de culture française dans le domaine. Outre d'autres auteurs dont je parlerai plus tard, j'ai redécouvert l'oeuvre de Gudule, dont j'avais lu plusieurs ouvrages étant petite et dont je découvrais la production effrénée. Parmi les livres que je lisais, il en est trois qui m'ont profondément marquée ; ceux qui se veulent une autofiction de Gudule, mettant en scène le personnage de Rose, jeune fille belge des années soixante. D'après ses dires ainsi que son blog, Gudule tente d'écrire ses déboires de jeune femme mal dans sa peau puis d'adulte débrouillarde un peu paumée. Tout cela est sans doute un peu romancé, mais très crédible, criant de véracité.

J'admire l'oeuvre de Gudule pour plusieurs raisons ; c'est une auteur prolifique, débordante d'idées, dont le style clair et frais coule tout seul comme une limonade rafraichissante. Je ne connaissais alors que ses ouvrages destinés à la jeunesse - j'avais tremblé, petite, en lisant La poupée aux yeux vivants et L'école qui n'existait pas - et je fus étonnée de voir des livres destinés aux ados et aux adultes parmi ses ouvrages. La vie en Rose fut dévoré en une journée ; les deux tomes suivants connurent une durée de vie plus courte encore. Ces trois livres rendent compte de la vie des jeunes gens en Belgique et au Liban avant mai 68 ; en plus d'être une oeuvre-témoin, c'est également un récit transgénérationnel, où l'on suit la jeune Rose renfermée et mal dans sa peau s'épanouir en se cognant aux obstacles de la vie. On ne cesse de se demander comment elle fait pour s'en sortir si bien, à la fin. Le style de l'auteur ne tombe jamais dans le misérabilisme, ni dans la victimisation. Les choix, même les mauvais, sont assumés, ainsi que les erreurs et les mauvaises attitudes.

Une oeuvre poignante et obsédante - en ce qui me concerne - à dévorer sans ménagement.

mardi 13 mars 2012

Premier Swap : Pâques!


Avec ma timide arrivée parmi les blogs de lecture, je me suis inscrite sur le forum de Livraddict, et j'ai découvert le principe des swaps. Il s'agit de faire un paquet avec des bouquins et des petits cadeaux à une autre bloggeuse, en échange d'un paquet fait de ses mains.

Outre le côté très "c'est Noël toute l'année" qui me plaît énormément, c'est l'occasion de rencontrer des lecteurs, découvrir des livres et tisser des liens dans la blogosphère. J'ai sauté sur l'occasion et me suis inscrite au swap de Pâques organisé par LeslecturesdeLilou. Ironie du sort, je me retrouve à devoir faire un paquet pour elle!

Voilà ce qu'il faut que je lui trouve : 
- 2 livres se trouvant sur sa wishlist
- 1 livre surprise de mon choix
- 1 ou 2 marque-pages
- 2 ou 3 gourmandises
- 1 ou 2 surprise

J'ai déjà beauuuucoup d'idées, j'ai hâte de me mettre à confectionner tout ça de mes petites mimines! J'espère que cela lui plaira - et j'ai hâte de recevoir mon paquet à moi!

Je vous tiendrai au courant au fur et à mesure :) Et je vous montrerai les jolies choses que je recevrai!


dimanche 11 mars 2012

"On ne dit pas « au revoir » aux clients qui sortent de chez nous. On leur dit « adieu » puisqu'ils ne reviendront jamais."


Quand je l'ai lu: Eté 2009, en vacances dans le Gers.
Pourquoi je l'ai lu: Sur les conseils de mon papa.



Le Magasin des Suicides, Jean Teulé
Première édition en 2007
Lu en dans l'édition Pocket


Résumé made in Babelio:

Vous avez raté votre vie? Avec nous, vous réussirez votre mort! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre...

J'aime beaucoup l'oeuvre de Jean Teulé. Je l'ai découvert avec Le Magasin des Suicides, et ne l'ai plus lâché depuis.

Ce livre prend la forme d'une fable. L'histoire se déroule dans le futur ; une famille de commerçants prospère grâce à leur magasin qui vend tout l'attirail nécessaire aux suicidaires. La vie est devenue tellement banalement triste et fade que ce commerce fleurit et fait la fortune de la petite famille. Du rouge à lèvres empoisonné au parpaing, tout y est pour satisfaire même les plus exigeants. Mais tout change lorsque le troisième enfant de la famille se révèle porteur d'un vice effrayant : celui de la joie de vivre et de l'espoir.

Le Magasin des Suicides est une réflexion sur la vie et la mort. Jean Teulé use d'un humour noir délectable qui rend comique même les situations les plus tragiques. Tout y est fait pour que l'angoisse et la mort deviennent aussi banales qu'acheter du pain ou se brosser les dents. Ce climat malsain est tempéré par un style clair, drôle et précis, qui donne à l'ouvrage le goût d'un bonbon doux-amer. La fin, surprenante, permet un peu d'espoir et de douceur qu'on attendait depuis le début de ce triste ouvrage.

D'aucun compare ce livre à la famille Adams, je pense que l'hommage est clairement voulu par l'auteur. C'est drôle, émouvant et horrible à la fois ; certaines phrases nous donnent l'impression que nous lisons des choses que personne ne devrait dire, créant une atmosphère d'interdit très jouissive. 

Teulé aime jouer avec le politiquement correct, l'horrible et l'idéal. Il aime plonger ses mains dans la boue pour en montrer la beauté. C'est un pari qu'il relève régulièrement, mais c'est dans Le Magasin des Suicides qu'il le fait avec le plus douceur.

Petite bémol, le livre se termine rapidement, laissant au lecteur la sensation d'avoir lu une ébauche de roman, ou une fable très développée. Le dénouement final est arrivé trop vite à mon goût ; j'aurais bien grignoté quelques pages de plus.



mercredi 7 mars 2012

"If all else perished, and he remained, I should still continue to be..."

"...and if all else remained, and he were annihilated, the universe would turn to a mighty stranger: I should not seem a part of it."

Quand je l'ai lu: Eté 2011, alors que j'étais animatrice dans une colo en Bretagne.
Pourquoi je l'ai lu: Car il était dans ma pilalire spécial "classiques britanniques en V.O." Un coup de foudre littéraire.


Wuthering Heights, Emily Brontë
Première édition en 1847
Lu en anglais, disponible en français sous plusieurs titres, le plus répandu étant Les Hauts de Hurlevent.
Je vous conseille l'édition Penguin Classics en anglais, l'édition Livre de Poche en français.


Résumé made in AlaLettre:

Les Hauts de Hurlevent sont des terres situées au sommet d’une colline et balayées par les vents du nord. La famille Earnshaw y vivait, heureuse, jusqu’à ce qu’en 1771, M. Earnshaw adopte un jeune bohémien de 6 ans, Heathcliff. Ce dernier va attirer le malheur sur cette famille. Dès le début, Hindley, le fils de Earnshaw éprouve une profonde haine pour cet intrus. A la mort de son vieux bienfaiteur , Heathcliff doit subir la rancœur de Hindley, devenu maître du domaine.

Humilié par sa condition subalterne, Heathcliff, qui pourtant aime Catherine la sœur de Hindley jure de se venger. Sa fureur est décuplée lorsque Catherine, au tempérament aussi passionné que le sien et dont il est amoureux fou, épouse le riche Edgar Linton. Heathcliff jure de détruire les deux familles qui l'ont fait souffrir.

J'ai en ma possession un petit M1 de littérature anglaise, et cette formation m'a bien évidemment tournée vers les classiques de nos amis d'Outre-Manche. Je lis tous les livres en VO, sauf quand je ne peux pas faire autrement, et je pense avoir une assez bonne connaissance des classiques anglais. Wuthering Heights fut une lecture plaisir que je m'octroyais pendant l'été, après l'avoir acheté en occasion et laissé trainer sur mon étagère trop longtemps à mon goût...

Je dois dire que ce fut un véritable coup de foudre. Je ne m'arrêtais plus. Je me suis plongée à corps perdu dans ce paroxysme de la littérature romantique, gothique et quelque peu fantastique du XIXème siècle anglais. J'étais alors animatrice de colo, et je dois bien avouer que je n'avais pas vraiment la tête à organiser des chasses au trésor ou des sorties alors qu'Heathcliff et Catherine me hantaient sans cesse. Je n'avais qu'une hâte, retrouver l'intimité de ma chambre quelques heures pour savoir ce qu'il allait advenir des habitants des Hauts de Hurlevent.

Emily Brontë semble tout connaître des passions du coeur, de ses tourments et de ses angoisses. Elle manie à la perfection suspense, mise en scène et retournements de situation. La passion qui lie Heathcliff et Catherine par-delà la mort est à la fois destructrice, fascinante et grandiose. On se sent tout petit dans ses souliers quand on lit avec le coeur qui bat les péripéties de ces deux familles torturées. Les personnages ont une psychologie complexe et crédible qui fait de Wuthering Heights un roman profond, tout en puissance et en élégance.

Il est étrange de voir qu'une femme aussi austère qu'Emily Brontë a l'air de tout savoir des méandres du coeur ; ses angoisses, ses tourments transparaissent dans son écriture. Le personnage d'Heathcliff, fascinant, a tout du vampire ou de l'homme-loup sans avoir de pouvoirs surnaturels ; c'est un homme hors du temps, hors de la société qui fascine autant qu'il effraie. On tourne les pages, la gorge serrée, craignant de découvrir quel nouveau malheur il va abattre sur les Hauts de Hurlevent et les familles qui y vivent. Le récit est d'ailleurs très bien construit ; chaque chapitre se termine en cliffhanger pour mieux retomber dans une séquence narrative plus complexe et profonde encore que la précédente.

Le petit plus de ce récit c'est qu'il se termine sur une note pleine d'espoir, douce et gaie, ce qui n'est pas de trop après nous avoir torturés de la sorte pendant le reste du roman!

Un livre que je conseille à tous, surtout à ceux qui trouvent que Twilight est bien écrit :D